CHAPITRE PREMIER
Historique de la création du lotissement de Porchefontaine
Situé au sud-est de Versailles, et bien que compris sur le territerritoire de cette ville, Porchefontaine s’est créé en quelque sorte à l'extérieur de Versailles, dont, originairement, il était séparé par un mur d'octroi qui ne s'ouvrait qu'aux différentes portes de la ville.
Nous avons recueilli, de M. Lamome, président du Syndicat de Porchefontaine, un des premiers habitants de ce lotissement, où, pendant près de quarante années, il a dépensé sans compter les efforts les plus louables pour parvenir à réaliser les améliorations les plus indispensables, quelques renseignements sur les origines de Porchefontaine. Nous les indiquons ci-après :
Porchefontaine aurait été, au xIv° siècle, un vaste domaine comprenant bois, terres, étangs et château, appartenant à un certain Etienne Porcher. L'existence d’une fontaine ferrugineuse très connue au moyen âge, et le nom du propriétaire du domaine, sont l’ori-
gine de l'appellation du domaine : Porcher-Fontaine.
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Il passa ensuite aux mains de l’évêque de Beauvais, Jean de Dormans, puis de Pierre de Craon, futur meurtrier du connétable de Clisson.
A cette époque, et à titre de représailles, le château fut confisqué et démoli, les bois et les terres étant donnés par Charles VII au duc d'Orléans.
Par la suite, le domaine passa aux mains des Célestins de Paris, qui ne s’en dessaisirent plus jusqu’à la fin de l’ancien régime.
Couvert de bois et de landes plus ou moins marécageuses, Porchefontaine recevait souvent la visite di menu peuple de Versailles, qui, l'hiver, cherchait à s’y fournir en büches et en bois de chauffage, et au printemps, venait en fraude y faire pâturer ses troupeaux.
Nombreuses étaient d’ailleurs les condamnations frappant les délinquants; des représailles sanglantes auraient même eu lieu à la suite d’émeutes qui se seraient produites dans les conditions suivantes : |
Au cours de l’hiver très rigoureux de 1740, le bruit courut un jour que le roi fermerait les yeux, en raison du froid terrible qui faisait cruellement souffrir la population, sur les enlèvements de bois qui
pourraient se faire à Porchefontaine.
Aussitôt, la population de Montreuil et le menu peuple de Versailles s’abattent sur le domaine, coupant et brülant tout. Le désordre s’aggravant, les délinquants enhardis par plusieurs incursions restées
impunies, commencent, à leur retour, à piller quelques boulangeries. La cour étant à Marly, le gouverneur n’osait agir.
Enfin, l’ordre de réprimer l’émeute arrive, après neuf jours d’attente. Deux régiments de gardes-françaises et de gardes-suisses cernèrent Porchefontaine, les uns logeant à la ferme, les autres campant dans les bois, et la répression eut lieu, sans pitié pour ces malheureux
que le froid et la misère avaient fait sortir de leurs demeures.
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C’est à peu près le seul incident notable de l’histoire de Porchefontaine.
Le château disparut, ainsi qu'une grande partie de la forêt. Les étangs furent partiellement asséchés et transformés en prairies : et, de ces « lieux aquatiques » dont parle la chronique des Célestins, il ne demeura que la fontaine des Nouettes, la fontaine ferrugineuse qui, depuis, a été captée.
Vers 1860, Porchefontaine devint un champ de courses. La rue des Tribunes actuelle indique l’emplacement qu’elles occupaient, en bordure du mur de l'octroi. Son existence ne fut pas de longue durée,
et le lotissement dont nous nous occupons lui fit suite.
D'une superficie de 48 à 49 hectares environ, le lotissement couvre la plus grande partie de l’ancien champ de courses de Porchefontaine, et d’une ferme qui fut le noyau autour duquel se construisirent les premières maisons (1875).
Cette ferme fut acquise, vers 1880, par M. d’Orvoisin, ancien maire de Versailles, en association avec M. Sommier, qui tous deux eurent l’idée de lotir ces terrains pour les céder à meilleur prix.
Ils firent diviser l’espace occupé actuellement par le lotissement en ilots séparés par des chemins de terre très rudimentaires, chacun de ces ilots étant lui-même morcelé en parcelles plus petites destinées aux acquéreurs.
La partie la plus haute du lotissement, située aux environs de la ferme, et qui touche aux bois de Viroflay, fut assez rapidement ven-
due, les terrains y étant assez salubres (1).
(1) Vers 1803, le prix de vente oscillait aux environs de 2 fr, le mètre carre.