‹ La Question des Lotissements défectueux (Loi du 15 Mars 1928) Son application dans une partie de la région parisienneChapitre 5 sur 41 · PARAGRAPHE, II · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE, II

Etat de la question en 1928.

Nous ne rappellerons pas l’état lamentable de ces agglomérations qui malheureusement sont encore trop nombreuses à l'heure actuelle.

Résultats désastreux d’opérations bien souvent abusives qui ne furent rendues possibles à cette époque que par suite de l'absence de toute législation répressive,

(1) Souvent même la construction était entreprise par le propriétaire du terrain; on imagine aisément dans quelles conditions d'hygiène. D’autres fois, et cet exemple n'est pas rare, on transformait la primitive cabane en planches,

destinée à abriter les ustensiles de jardinage, en un abri un peu plus vaste, que l’on habitait parfois l'été, durant les beaux jours. Et puis, consolidant tant bien

HET. nee

Au fur et à mesure que le mal se précisait, l'Etat se devait de légiférer en cette matière si importante, quitte à restreindre les droits de certains, au profit de l’ensemble.

Nous indiquerons brièvement qu'après s'être théoriquement efforcé de résoudre la question en 1919 (Loi du 14 mars 1919), le législateur attendit jusqu'en 1924 pour se préoccuper à nouveau et plus sérieusement, de cette situation qui menaçait de compromettre le développement normal et rationnel des grandes agglomérations, et soulevait des difficultés chaque jour plus nombreuses et plus angoissantes,.

Mais si la loi du 19 juillet 1924 vint réglementer la question pour l'avenir, et mettre un terme à des abus qui depuis longtemps auraient dû être réprimés, il n'en restait pas moins une difficulté à résoudre, celle des lotissements défectueux existants et provenant d'opérations antérieures à la loi. Des mesures avaient été prises pour enrayer toute avance du mal; celui-ci n’en subsistait pas moins.

La plaie était à, plaie sociale hideuse, bouillon de culture propice au développement ce tous les ferments de haine et de révolte.

La situation était extrêémement pénible et délicate. Pour nous en tenir à la seule région parisienne, on évaluait à près d’un millier les lotissements défectueux existant au moment de la loi de 1924. Sur ce total 8 à 900 se trouvaient sur le territoire du département de Seineet-Oice.

Le preblèrne était donc d’une telle ampleur qu'il méritait d'attirer l'attention des pouvoirs publes. Ce n'était pas seulement un bel exemple à donner de solidarité sociale; ce devait être également une sauvegarde sérieuse pour la communauté, en raison des graves dangers

courus.

Qui n’a pas visité quelques-uns de ces lotissements, ne peut se faire

que mal cette habitation de fortune, on se décidait à y habiter d’une façon suivie, au mépris des principes les plus élémentaires de propreté et d'hygiène, sans se préoccuper de savoir si une vie continue était possible dans de telles conditions.

2 Dee Fé

uné idée de l'état lamentable dans lequel se déroulait l'existence des malheureux lotis qui y vivaient. La mortalité infantile y dépassait de beaucoup la moyenne de celle des autres agglomérations de la région parisienne. l'hygiène y était embryonnaire; l’adduction d’eau potable et l'écoulement des eaux usées étant pratiquement inexistants faisaient de ces centres, des foyers propices à la propagation de toutes les maladies épidémiques. Cloaques et fondrières en hiver se transformaient avec les beaux jours en bourbiers infects, réceptacles de toutes sortes de maladies. À travers ces difficultés on s’imagine aisément la vie des malheureux contraints de se rendre matin et soir à leur travail.

Il en trésultait, au point de vue mentalité de la population, un état de mécontentement, risquant d’avoir de très graves répercussions d'ordre politique dans Ja région parisienne. Cette situation était en effet exploitée par les partis extrémistes et maintenait dans un état de fermentation continue la masse importante des mal lotis de la banlieuc de Paris.

C'est sous cet aspect d'ailleurs que la question toucha l’opinion publique.

À l'instar des journaux d'extrême gauche, la grande presse, à partir de 1927, commença à s'occuper du problème.

Nombreux furent les quotidiens qui, périodiquement, publièrent une rubrique des lotissements défectueux, rubrique dans laquelle, passant tour à tour en revue les points les plus caractéristiques ils exposaient à leurs lecteurs les revendications justifiées des mal-lotis de la banlieue. L'opinion était mise au courant de la question et il importait qu'il en fût ainsi, un problème d’une telle ampleur ne pouvant être résolu que par l'effort généreux du pays tout entier.

Quelles étaient donc les raisons, qui, au début de 1928, faisaient considérer comme indispensable et désormais possible la solution du problème des lotissements défectueux. Nous allons les exposer suc-

cessivement :

Page 1