‹ La question du blé dans les pays danubiensChapitre 10 sur 46 · ANT AU · texte numérisé non relu

ANT AU

lement. Considérant la place prépondérante de Europe dans la consommation du blé, il semble que ce soit plutôt ce dernier chiffre qu’il faille prendre comme base de comparaison entre l'augmentation de la production et le mouvement démographique.

Si donc on tient compte de l’inélasticité de la demande du blé et du ralentissement de l’accroissement de la population, dans les pays consommateurs, on comprend facilement que la crise du blé soit devenue nécessairement catastrophique pour l’agriculture. Selon Brinkmann (1) : « C’est l’agriculture qui devra en premier lieu supporter les conséquences du recul de la population puisqu’elle ne peut participer que dans une mesure fort limitée à un déplacement ou à un éveil de nouveaux besoins. Le besoin en produits agricoles a une limite qui ne peut pas être dépassée : la capacité d’absorption de l'estomac humain multipliée par le nombre de personnes à nourrir. Même un simple ralentissement de la population doit se faire d’autant plus sentir que la consommation par tête, surtout des produits consommés en masse et de peu de valeur était presque saturée dès l’avantguerre, si bien que l’on ne peut pas compter sur une augmentation de la consommation par tête d’habitant aussi forte que celle qui s’est produite surtout pendant les dernières décades de l’avant-guerre ».

Le fait que la consommation du blé ne puisse dépasser, tant que la population reste constante, une limite déterminée, nous explique aussi que les cours du blé soient

() Revue Internationale d'Agriculture, nov. 1933, p. 441.

Pro LES

tombés plus bas que les prix des marchandises fabriquées. En effet, d’après la loi King pour le blé, « le prix varie en progression géométrique lorsque la récolte varie en progression arithmétique, mais en sens inverse ». Par conséquent, lorsque la production du blé a atteint la limite maximum de la possibilité d'absorption pour la population, le surplus, c’est-à-dire les stocks, pèsent bien davantage sur le marché et les prix subissent des conséquences plus défavorables que ceux d’autres marchandises ayant une demande plus souple et dont la consommation dépend du pouvoir d'achat de la population.

Le tableau suivant nous montre cette différence entre les prix du blé et ceux des autres marchandises dans les principaux pays exportateurs :

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