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désordres intérieurs ont rendu impossible à la Russie le rétablissement de son agriculture. La distribution des terres aux paysans qui manquaient de capitaux et étaient dépourvus de semences et des instruments d'exploitation les plus indispensables eut pour résultat une réduction sensible de la production. De sorte que les exportations russes jusqu’en 1930 ne furent qu’insignifiantes et, plusieurs fois, la Russie fut même contrainte par suite de mauvaises récoltes, d’importer du blé. Ainsi, pendant l’année commerciale 1924-25, elle a importé 4,7 (4) millions de quintaux de blé.
D'un autre côté, les pays agricoles du bassin danubien qui, avant la guerre, occupaient une place importante dans l’approvisionnement du marché européen, sont encore loin de la reprendre. Pendant la période 1909-13, ces pays ont exporté une moyenne annuelle de 30 (2) millions de quintaux de blé. Après la guerre leurs exportations ont sensiblement fléchi et pendant les quatre années 1924-28, elles n’ont atteint qu’une moyenne de 9,8 millions de quintaux par an. Il est donc facile de comprendre que, dans ces conditions, les pays européens importateurs aient été obligés, par la force des choses, à s'adresser aux pays d’outre-mer.
Les besoins d'importation de l’Europe pendant les années qui ont suivi la guerre sont restés également considérables, étant donné que le rétablissement de la production européenne ne progressait que lentement. Par suite de ces circonstances, les prix du blé sont restés élevés pendant toute la période de l’après- -guerre (jusqu’en 1930, ils étaient de 30- 40 % au-dessus des prix d’avant-
(1) Institut nan Lhericeltute Documentation pour la Conférence de Londres, 1933, p. 294.
(2) Idem, p. 293,