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HISTORIQUE DE LA QUESTION. {il
‘ Le Bureau est d'opinion que les ingénieurs qui ont été ‘employés à explorer ces routes ont borné leurs visites à ‘une seule rive du fleuve, et la conséquence est qu'aucune ‘comparaison n'a été faite du mérite respectif des deux ri- ‘Uves.
Pour cette raison, le Bureau des Travaux recommanda une nouvelle exploration.
Malgré tous ces rapports et les cartes, plans, devis et estimés qui les accompagnaient, l’ancienne législature du Bas- Canada ne pouvait en arriver à une décision. Le pays était trop tourmenté par des divisions intestines pour s'occuper sérieusemeut d’une grave question d'économie politique. Il fallait l'union législative du Haut et du Bas-Canada pour mener à bonne fin cette grande et nationale entreprise, La construction tu canal de Cornwall commencée en 1834, retardée par la rébellion de 1837, était presque terminée ; et celle d’un canal tendant à relier le Lac St. François et le Lac St. Louis, en était la conséquence indispensable.
80. En 1841, la Chambre d'Assemblée fut mise en possession d’un estimé du coût d’un canal par la route Mills, préparé par M. Samuel Keefer, dans le cas où elle serait adoplée. Le total s'élevait à £255,900. M. Keefer ajoutait qu'une épargne d'à peu près £50,000 serait le résultat du choix de la rive sud.
M. Killaly disait, en 1842, devant le Comité Spécial que cet estimé ne fut soumis qu'avec l'entente expresse que le canal serait fait sur le côté sud, et l’on sait que Lord Sydenham recormmanda alors la rive sud.
90. Toutes ces circonstances et les rapports contradictoires de quelques ingénieurs démontrèrent au Gouvernement la nécessité d’avoir une exploration présidée par une personne désintéressée, Tout naturellement, cette tâche fut confiée à M. Keefer, l'ingénieur en chef du Département, n'ayant d'intérêt ni pour un parti, ni pour l’autre. C’est en janvier, 1842, qu'il reçut instruction d'explorer les deux côtés du fleuve et de faire rapport de la meilleure route, aussitôt que possible. M. Keefer était assisté de M, Cowley.
* Le 17 février, M. Keefer représentait au Département: ‘ La ‘ meilleure route pour unir les eaux des deux lacs a été ‘* l'objet de longues réflexions de ma part. Vous savez que ‘* j'ai accompagné M. Mills dans son exploration des trois rou- ‘tes de la rive nord ;’ par conséquent, je les connais toutes ‘ parfaitement et je n'hésite pas à exprimer l'opinion que la ‘“ route de M. Stevenson, ou une autre rapprochée, est la plus économique et la meilleure, Not only the cheapest but ‘he best in every respect.
100. Ce rapport est encore confirmé par M. Charles Maitland Tate, chargé par le Département d'examiner le chenal sud du fleuve, entre la Grande Ile, St. Timothée et Valleyfield. M. Tate conclut ainsi :—“Je termine par une observatiôn ‘ générale : Si l’on considère la distance entre le niveau ‘ de l’eau des deux lacs, et l'étendue des chüûtes qu'il ‘ faut surmonter, il semblerait que la nature a singulière- ‘ ment compensé ces énormes désavantages par les facilités ‘extraordinaires que la rive offre pour établir, à des frais ‘’ modérés, une navigation artificielle efficace et permanen- Cr te.”
11. Le Président du Bureau des Travaux, M. Killaly, assista en personne à l'exploration que fit M. Keefer de la partie la plus importante de la rive sud, afin de pouvoir juger par luimême de la valeur des objections que les Seigneurs de Sou-
langes et de Vaudreuil et le député du comté, M. Simpson, . sSoulevaient contre elle. C'était sa deuxième visite des lieux,
la première ayant eu lieu en 1849. Ingénieur d'une grande expérience, familier avec la rive nord, étranger au pays et n'ayant aucun préjugé dè localité, son opinion seule était une autorité. Ilse prononça en faveur de la route recommandée par MM. Stevenson et Keefer., ‘T declare” disait-il de- Ù vant le Comité Spécial upon the honour of a gentleman, that RS, ‘my firm belief, after having anxiously reflected upon this | ‘* subject for more than a vear, entirely concurs with the opi- À ‘ nion of those gentlemen. ” Aussi le 13 juin 1842, le Conseil Exécutif adopta la ligne actuelle du Canal de Beauharnoïs,
et le même jour ce choix fut approuvé par le gouverneur général.
La nouvelle de cette décision suivie du commencement immédiat des travaux, dans le but de retenir dans la Province les centaines d'émigrés qui y arrivaient, tomba sur les habitants de la rive nord comme un coup de foudre. La lutte entre les habitants de la rive nord et ceux de la rive sud, toujours vive jusqu'alors. devint une guerre acharnée.
De tout temps, les comtés de Soulanges et de Vaudreuil, tout en protestant de leur désintéressement, firent une opposition obstinée à la Seigneriede Beauharnois. A commencer de 1834 jusqu'à 1842, l'on voit Paul Timothée Masson et G. Beaudet, Ecrs., membres pour le comté et les Seigneurs de Beaujeu et Harwood., mettre tout en œuvre pour atteindre leur but. |
Le lecteur peut S'imaginer lFindignation de tous ces intéressés en apprenant Ja décision du gouvernement, L'agita tion était à son comble, encouragée comme elle l'était par les familles les plus influentes du district, les Harwood, les de Beaujeu, les Beaudet, les Masson.
On fait signer des requêtes en masse, dans lesquelles on ne craint pas d'aflirmer ® qu'un système de favoritisme a élf “ mis en usage, au détriment de Pintérêt public, et de de ‘“ mander qu'une exploration sur terre et sur eau soit faite ‘ des deux rives du fleuve par des personnes désintéressées et ‘compétentes n'ayant aucun rapport avec le Bureau des Travau.r dans lequel les requérants déclareat qu'is n'ont aucune confance. ”
M. Simpson envoie, en même temps, au gouvernement un protêt solennel.
Enfin, pour mieux faire face au Président Killaly, à l'ouverture de la Chambre, M. Harwood et lui retiennent les services de M. W.R. Casey, ingénieur de New-York, employé pendant plusieurs années à diverses explorations dans les deux Canadas. M, Casey parcourt à la hâte la rive nord ; il ne prend pas mème le temps de faire ses calculs, En fidèle
serviteur, comprenant les vues de ses maîtres, il leur fait réponse que le gouvernement est dans l'erreur.
Le protêt de Mr. Simpson fut communiqué à M. Killaly qui, le 1er. Août, répondait entr'autres choses : —{ Tou- ‘tes ces différentes lignes, tirées depuis l’année 1833 jus- #“ qu'aujourd'hui et coupant la localité dans toutes les ‘“ directions, l'information reçue de l'ingénieur du Bu- “ reau, qui est familier avec les lieux, particulièrement “]a rive nord— ayant été l'assistant de M. Mills dans ‘“ ses explorations,—le rapport si satisfaisant de M. Steven- “ son en faveur d'un canal sur la rive sud, soutenu de MM. ‘ Baird, Keefer et Tate, et ma propre expérience m'ont entiè- ‘ rement convaincu que la rive sud est le site propice où ‘ doit être construit le canal. ”
120. La résolution du gouvernement canadien ayant été transmise au gouvernement impérial le 19 juillet, y fut approuvée le 26 août. Lord Stanley, secrétaire des colonies, disait dans sa dépèche : “ Je dois confesser que ce n’est pas ‘ sans regret que je consens à faire le sacrifice des avantages ‘* militaires que présente la rive nord ; mais je dois admet- ‘tre que pour les raisons que vous m'avez données, l’incon- ‘ vénient sera de beaucoup moindre qu’il paraissait d’abord.”
130. Il faut observer ici que le choix du gouvernement regut l'approbation du commerce de Montréal, de Québec et de toute la presse du pays, à l'exception de la vieille Quebec Gaxette. La Chambre de Commerce de Montréal se fit mème un devoir de se rendre auprès du Gouverneur et de lui de; mander l'exécution immédiate des travaux.
140. Un mot de l’exploratior de M. Casey, ce chercheur de places négligé par le département des Travaux Publics. Il faut dire d’abord que M. Casey n'a pas fait la visite des diverses routes qui furent recommandées ; ilne prit même pas la peine de faire un estimé du côut probable d’un canal sur la rive nord ; il ne fit aucune exploratiou de la rive sud qu’il connaissait à peine ; son but principal et pour ainsi dire 1 unique était de critiquer le rapport du président Killaly et
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