‹ La question du divorceChapitre 2 sur 14 · I.A OLKSTlit.N DU I,)IVORt'.E. 2 o · texte numérisé non relu

I.A OLKSTlit.N DU I,)IVORt'.E. 2 o

>\)\u<, rationnelles el pins éqnilables. Mais, leinons-noiis-en encore, — pnisqne, soumis aux Jeçons que vous avez reçues, et convaincu par les explications que l'on vous a données, Yous attribuez à la Genèse nne origine divine et que son témoignage est pour vous incontestable, — tenons-nous-en à votre conviction, et Toyons si l'autorité que vous invoquez ne va pas proclamer le divorce bien plus laigement que nous ne le demandons ; si plus tard l'Église ne Je consacrera pas à son tour, et si enfin aujourd'hui vos tribunaux ecclésiastiques ne le consacrent pas tantôt sous un faux nom, tantôt sous ison nom véritable. Toute la question entre nous •deux est là.

Dieu envoie le déluge sur la terre ; les honnnes disparaissent, sauf Noé; et ses fds, Sem, Cham et Japhet, vont peupler l'Asie, l'Europe et l'Afri- -que. Il n'est pas question de l'Amérique, dont Dieu devait cependant avoir connaissance puis- ^[u■il venait de la faire avec le reste. 11 est vrai que les Mormons, qui habitent les bords du lac Salé et ne sont, en effet, comme religion, que '«-les Israélites se rattachant à Abraham en pra-

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liquaiil la polygamie et à Jésus en l'acceplant comme Messie, il est vrai que les Mormons |)rctendent êlre les descendants du pieux patriarche Léhi qui a quitté Jérusalem avec quelques Israélites, sous le règne de Sédécias. Cette tradition mormonne, tout aussi acceptable qu'une autre, comble un peu tard, mais enfin comble cette lacune de la Bible. Seulement, comme il y a toujours un peu d'obscurité dans une tradition, celle-ci ne dit pas quel cbemni les Mormons ont bien pu prendre, il y a deux mille cinq cents ans, pour passer de Judée en Amérique. Joé Smith, le chef de la rehgion actuelle, leur fait tout bonnement prendre le chemin que Christophe Colomb a pris; c'est bien simple, et il n'y avait pas, en effet, à chercher mieux.

Revenons à notre sujet. Dieu fait alliance avec Abraham et vous dites (page 140 de votre livre) :

}' eut-il jamais des imiotis plus heureuses que celles de ces vénérables patriarches dont la Bible nous a conservé le poétique tableau, mais y en eut-il aussi où la pensée de Dieu fut plus particulièrement présente?

Mes lecteurs vont dire qu'ils cunnaissent ces

textes ; mais j'en suis bien désolé, si anciens que ces textes soient, si connus qu'on les dise, sur mille de mes lecteurs, il y en a au moins neui cent quatre-vingt-dix qui ne les ont jamais lus et dix qui ne se les rappellent que vaguement. Cherchons donc ce qu'étaient ces familles de patriarches où la pensée de Dieu était particuièrement présente et dont les unions étaient plus heureuses qu'elles ne l'ont jamais été nulle part.

Mais, la famine étant survenue dans le pays, Abraham descendit en Egypte pour y demeurer quelque temps, car la famine était grande au pays. *

Et il arriva, comme il était près d'entrer en Egypte^ qu'il dit à Sarah sa femme: « Voici, je sais que tu es une belle femme.

» Et il arrivera que^ lorsque les Egyptiens t'auront vue, ils diront : « Cest la femme de » cet homme-là, » et ils me tueront ; mais ils te laisseront vivre.

» Dis donc, je te prie, que tu es tna sœur, afin que je sois bien traité à cause de toi et qu'Us me sauvent la vie à ta considération. »

«8 LA OUESTION DU blYORCE.

// arriva donc, sitôt qu Abraham fut venu en Efjtjpte^ que les Egyptiens virent que cette femme était fort belle.

Les principaux de la cour de Pharaon la virent aussi et la louèrent devant le roi^ et elle fut enlevée pour être menée dans la maison de Pharaon .

Lequel fit dit bien à A brahatn à cause d'elle^ de sorte qu'il en eut des brebis j des bœufs^ des ânes, des serviteurs, des servantes^ des ànesses et des chameaux.

Mais r Éternel frappa de grandes plaies Pharaon et sa maison, à cause de Sarah femme <r Abraham.

Alors Pharaon appela Abraham et lui dit:

« Qu'est-ce que tu m'as fait ? Que ne ni astu averti quelle était ta femme?

» Pourquoi as-tu dit: a C'est ma sœur?)) Et Je l'avais prise pour être ma femme; mais maintenant voici ta femme, prends-la et t'en vas. »

Et il donna charge à ses gens d'aller reconduire Abraham, sa femme et tout ce qui lui appartenait.

Que pensez- vous, monsieur l'abbé, entre nous,

(le ce patriarche en qui l'esprit de Dieu est toujours présent, avec qui Dieu a fait alliance parce qu'il est un homme vertueux et qu'il a contracté conséquemment le mariage un et indissoluble établi par Dieu lui-même dans l'union d'Adam avec Eve, que pensez-vous de cet époux selon Dieu qui, prévoyant ce qui va arriver, recommande à sa fem?ne de dire qu'elle n'est que sa sœur, qui la laisse partager la couche du roi pour n'être pas mis à mort, qui finalement tire de la situation des brebis, des chameaux et des ânes, et qui ne le reprend que quand Pharaon la lui rend en lui faisant des reproches très mérités sur sa conduite, et qui prouvent que le roi d'Egypte avait sur la morale des notions plus exactes qu'Abraham en alliance avec Dieu? Ce qui n'empêchera pas Abraham, quelques années plus tard, de recommencer avec Sichem ce qui vient de faire avec Pharaon, sans que Dieu trouve jamais rien à redire à la chose, puisque, quelques versets plus loin, lorsque Abraham se sera séparé de son neveu Loth, un autre patriarche qui aura une manière à lui d'élever ses filles et de perpétuer sa race, Dieu ap-

30 LA OL'liSTlUN DU DIVORCE.

paraîtra de nouveau à Abraham el, sans lui faire le moindre reproche de sa conduite avec sa femme, sans y faire même la moindre allusion, il confirmera de nouveau son alliance et lui dira :

« Je te donnerai, et à ta postérité, pour jamais tout le pays que tu vois.

» Et je ferai que ta postérité sera comme la poussière de la terre; que si quelqu'un peut compter la poussière de la terre, il comptera aussi ta postérité. »

Mais, pour qu'Abraham ait une postérité, il faut que sa femme Sarah lui donne au moins un enfant, ce que, même avec Taide de Pharaon, il na pu obtenir. Sarah, malgré toute son obéissance et sa bonne volonté, est stérile ; mais c'est aussi une personne juste à qui sans doute certains souvenirs qu'elle rapporte de son séjour en Egypte disent qu'en bonne conscience elle doit une compensation à Abraham. C'est alors qu'elle fait ce que tout le monde sait, mais qu'il faut bien répéter ici, puisque l'Église et vous, monsieur l'abbé, non seulement ne paraissez pas vous en étonner, mais que vous y voyez au contraire la preuve de la sainteté^ de l'unité et de

l'indissolubilité du mariage (Genèse, cliap. xvi).

Or Sarah, femme d'Abraham^ ne hii avait pas encore donné d'enfant^ mais elle avait une servante égyptienne nommée Agar.

Et elle dit à Abraham : » Voici, maintenant VElernel nia rendue stérile, viens, je te prie, vers ma servante; peut-être aurai-je des enfants par elle. »

Abraham obéit à la parole de Sarah.

Alors Sarah, FEMME d Abraham, prit Agar, sa servante égyptienne, et la donna poiirYYMMY, à son mari.

Agar enfante Ismaël et méprise sa maîtresse à cause de cela : Sarah se plaint, Abraham chasse Agar et Ismaël. Dieu n'entend pas cela. Il envoie son ange à Agar pour lui dire de rentrer avec son fils dans la maison d'Abraham et que de ce fils naîtra une grande postérité. Dieu exige seulement qu'Agar soit un peu plus soumise à Sarah, Sarah un peu plus clémente pour Agar (Genèse, chap. xvu, v. 18), et Abraham dit à Dieu : « Je te prie qxCIsmaël vive devant toi. »

19. Et Dieu dit : « Certainement. Sarah ta femme t'enfantera un fils et tu f appelleras Isaac

3 2 r.A OL'K.STIO.N Kl' lUVORC. !".

<t j'établirai mon alliance avec lui pour cire une

alliance perpétuelle pour sa postérité après lui.

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