‹ La question du divorceChapitre 4 sur 14 · II · texte numérisé non relu

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» — Moi je hd renvoie ses malédictions et ses » excommunications ; il le mérite, ne fût-ce » que pour sa bêtise. »

Si j'ai quelquefois empiété sur votre domaine en faisant delà théologie, monsieur l'ubbé, laissez-moi vous dire que vous m'en donnez l'exemple et m'en fournissez l'excuse en empiétant sur le mien, en faisant de la comédie. Le fait que vous racontez là rentre même dans le vaudeville. La scène se passe dans un pays perdu, sur la frontière du Caucase, entre un soldat déserteur, un pope ivrogne probablement et une femme comme il y en a b^-aucoup, même parmi celles qui ont été baptisées, qui ont fait leur première communion et qui sont inscrites comme catholiques. Vous tirez de ce fait la conclusion que tout le clergé russe agit de même que ce prêtre arménien, que les mariages se font en Russie sans bans ni publications, et qu'un jour, une heure suffit quelquefois pour le contrat, les épousailles et la noce.

Tout le monde sait qu'il n'en est pas ainsi, et, si le divorce existe en Russie, il existe dans des conditi)ns très difficiles et clans des cas très

LA QUKSTION DU DIVORCE. 1 i 7

rares. Ainsi, par exemple, celui des deux époux qui a eu les torts ne peut jamais se remarier. Quant au mariage, il exige des papiers fort en règle, des témoins, des parents, des contrats, et il est même suivi de cérémonies quelque peu sauvages dont l'origine remonte à la Bible; ce qui prouve une fois de plus qu'il ne faut pas toujours prendre à lu lettre les livres sacrés. Il n'y a donc pas lieu non plus de prendre au sérieux riiistorietle du supérieur actuel des Lazaristes. 11 a eu connaissance, pendant un voyage, d'un fait original et amusant dont Boccace eût tout aussi bien pu faire un conte, du temps que les prêtres catholiques faisaient des simonies du même genre. Nos prêtres n'auraient pas marié leur propre femme, du moins à partir du V® ou du vi^ siècle, où ils cessèrent de se marier et oii, si l'on en croit aussi les conteurs, quelques-uns se contentèrent des femmes des autres, ce qui les garantissait contre la mésaven- ;ure du prêtre arménien. Ou raconte,, en effet, qu'au x'' siècle, en Espagne, tout prêtre ou moine avait le droit d'entrer chez une femme, et, en laissant ses sandales à la porte, il inter-

t/lS LA QUESTION DU DIVORCE.

disait l'accès de Vapparlement au mari mêmCy qui ne devait pasfranchir cette barrière. Un tel usage avait presque force dt loi ; si quelques maris résistaient, la plupart s y soumettaient. Il est vrai d'ajouter cependant que quelques-uns ^ ayant surpris les prêtres ou moines occupés avec leurs femmes à tout autre chose que des exercices pitux, leur administrèrent , malgré leur caractère sacré, de vigoureuses remontrances y et leur enseignèrent ainsi le danger matériel et immédiat qu'il pouvait y avoir pour eux à manquer à leur vœu de contine?2C€ * .

Des faits isolés, des récits de voyageurs diplomates, même quand ces voyagem's sont devenus Lazaristes, ne prouvent pas plus contre rËglisc grecque que les histoires deContrafatto, deLacolonge, du frère Léotade, et, il y a quelques jours encore, du frère Alexandre, ne prouvent contre \ù reste du clergé catholique. Un Russe qui aurait traversé Paris dernièrement, et qui, ayant assisté au procès de l'abhé Maret, — ce qui eût été difficile, car il a été jugé à huis clos, et je n'ai pu

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