‹ La question du gaz à ParisChapitre 58 sur 79 · V--^ -^^^ *' -■ V .^ Ir ^"-^ ^^ît-r-':-é5, de «es Opines · texte numérisé non relu

V--^ -^^^ *' -■ V .^ Ir ^"-^ ^^ît-r-':-é5, de «es Opines

fr- : -: ^i:: m:-rT--~ ie 1^." Hi-ar. :j aï un autre sys- :-:. e T^r^îirrvse, : . -- t-.^ - :-: ./-e .t;# l*f ^az, venak â ? .r^-r T-ri â 1 j, 15 ::: i* ans : ELIe serait obligée : ou âe M-ni'^^:w*r e: i? r-:^-vr Ta- . licaTÎ^n decenou' v«5iu «\ sTc^-e — e: al . rs s. - exi 1 -:an-: li serait le j ire de ty^sirrs c- :.:2' 1^-^^ — ;- -e s- laisser ruiner par îii.

En rêv^i-rr. la jr>^fc^-re s- Ij:lvn ^-li consisterait à faire racheter la c^: ncessl :iî -ie 'à C j^rtpagnie Parî^ tienne pour faire faire rexploi:i\îioa de l'iiidustrie du gaz, s-DÎi par la Ville tlIe-oit*::iie, s^oii par uae Compagnie fermière, est une solii:l--a qui n'est ni pratique, ni avantageuse.

Le Préfet de la Seine Ta trop «lairement démontré dans son rappor; jour qu'il soit nécessaire d'insister darantage.

4« Partie. — COxXCLUSlONS 323

2° Solution. — Réduction du prix du gaz par arrèté préfeetoralj sans compensation pour la Compagnie.

Cette solution serait certainement — de toutes celles proposées — la plus avantageuse pour les consommateurs et pour les contribuables.

Il s'agit donc de savoir si elle est possible, dans quelle mesure elle pourrait s'appliquer, et quelles seraient les conséquences de cette application.

Les partisans de cette solution — qui est d'ailleurs celle proposée par M. Voisin au nom de la 3*" Commission — s'appuyent sur le deuxième paragraphe des articles II du traité de IS")»!, et 48 du traité de 1870, ainsi conçu :

« Dans le oras ou l'emploi de ces nouveaux procè-

cc dés aurait pour résultat un abaissement notable

et dans le prix de revient du gaz^ la Société serait

« obligée de faire profiter l'éclairage public et parti-

cc culier de cet abaissement de prix, dans les propor-^

« tiens déterminées par l'autorité administrative,

a toujours de l'avis du Conseil municipal. »

Les partisans de la réduction par arrêté préfectoral interprètent la stipulation de la clause cidessus de la manière suivante :

« Si l'emploi de nouveaux procédés a eu pour « résultat une économie quelconque dans les dépenses « de la fabrication correspondant directement à « l'emploi de ces procédés, il y a lieu de réduire le « prix du gaz du montant de l'économie réalisée. »

Et pour démontrer qu'il y a lieu d'appliquer ce principe aujourd'hui ils disent :

« En 185G, on ne produisait avec une tonne de

:;iN LA q; Esnox ur (iAZ a paris

a liouillii (|iio *2't') nn'lr's cul»es i\<i gaz. Aujourd'hui « ((*ii 1881), par suite de procédés nouveaux, ou tt de porfeetionnoments quelconques, on peut on proc< diiire 30'2 métrés cubes : il y a eu économie.

« En 1850, les fuites, les pertes résultant de ladisa tribution du gaz étaient de 14 0/0 du volume fabri- « que. Aujourd'hui ces pertes sont réduites à 7 ou 8 « 0/0 : il y a eu économie.

'< En 185C, les se us-produits n'ont donné que « 2.50G.389 fr. 02 de recettes. Aujourd'hui, c^s mêmes « sous-produits — par suite de perfectionnements, de « procédés nouveaux ou d'améliorations apportés à « leur traitement — ont donné une recette totale de ce 22.898.322 francs : il y a économie.

« En raison de ces trois faits il y a lieu d'abaisser € le prix du gaz quels que soient les résultats gènéc< raux de rexjdoitation.

c< Nous n'avons pas à nous occuper de l'élévation « des chnr:<(»s mu!iioij)ales, des frais d'eni[)runts et « d'amortissement, du piix de la main-d œuvre: En «f un mot l'exploitation n'est pas notre affaire : Mais « du moment que, conformément à l'article 11 du « traité de 1855, et à l'article 43 du traité de 1870, il « est résulté de l'emploi de procédés nouveaux, ou « d'améliorations quelconques, une économie de fa- « brication correspondant directement à remj)loi de « ces procédés ou améliorations, il y a lieu d'abaisser a le prix du gaz de la différence, quelles que soient « les autres conditions de l'exploitation. »

Adoptons cette théorie et voyons qu'elle est l'économie qui résulte des trois faits invoqués :

4e Partie. -^ CONCLUSIONS 325

D'après M. Huet (1), qui suit dans son rapport la nièiïie méthode de calcul que M. Cojhin, récouomie réalisée du chef de la distillation du charbon et du chauffage des cornues re;)résente en 1881 : Ofr. 0218 par mètre cube consommé.

L'économie réalisée sur la réduction des fuites donae à son tour : . . fr. 0122 par mètre cube.

Economie en faveur de 1881 Ofr. 0310 par mètre cube.

Donc, par les améliorations de la fabrication et de la distribution il y a eu de 1856 à 1881 une économie de fr. 0310 par mètre cube.

Nous passons maintenant aux sous-produits :

En 1856 les sous-produits ont donné 2,536,389 fr. 02 pour 43,693,503 m.c. fabriqués soit: ^^'^f^'Zi = fr. 0573 par mètre cube.

En 1881 les sous-produits ont donné 22,898,322 f. 49 pour 260,926,769 m. c. fabriqués. Soit : ^^'^^iZ, = fr. 0877 par mètre cube.

Ce qui donne une augmentation de recettes de : fr. 0304 par mètre cube.

Mais ici la théorie invoquée par les partisans de la réduction sans compensation n'est plus applicable :

En effet pour améliorer, pour transformer et développer le traitement des sous-produits, pour utiliser le.s résidij«, les eaux ammoniacales, pour condenser, pour épurer les goudrons, les huiles grasses etc.,

(I) \' lir le rapjiorl de M. Iluol pn;,'..' 2ôo.

il a fallu, (lo|>uisJ8r)r> niodifior, transformer, coiistriiirc dos usines, créer dos appareils, dresser et einjdoyer de nouilireux ouvriers.

Or si on veut faire entrer Taugnientation du rendement des s()us-|»ro(luits er» diminution du prix de revient il faul néeessairemenl tenir eompte de la dilTérenee des dê|u*nses aiférentes au traitement de ces Kous-produits.

Kn 185') les sous-produits n'oat donné que 2,500. 389 f. de recettes, mais les dépenses ndatives à leur traitement étaient au moins — pour ne pas dire plus — proportionnelles à celles de 18vSl (jui ont donné ::>:>,8î)8,:V?e fr.

Les re:*ettes des sous-produits ne sont pas des bénéfices nets: il faudrait, |)oiir appliquer Taui^nnentation de leur iendeme>it à la diminution du prix de revient en déduire l(^î/déj»ens(;s cpie le traitement, la fafaihricatiiai, ramortiss«Mnent des usines et du matériel ad //oc, l<'s charges nnniieipalcî' i^\c...^ ont entraînées.

Mais cela rentre» dan^ le domnine de rexploitatimi et si on vcMit passer outn^ on se met alors en opposition absolue ave;î la méthode du point de départ; car si on fait des comparaisons d'exploitation pour les sous-pr(Hluits il n'y a [)as de raison pour ne pas en faire jiour la faln i «al ion du gaz elle même.

KnelTetla (^t):n,»agnie opposerait alors Targumentation suivante à la méthode invoipae :

« 11 y a um» économie de Ofr.OlU )dans le rendement « dugaz,cV<t vrai î Mais pour fabriquer le gaz et [mur « le vendre, nul pendammeni du charhon enqdoyê, a il m'a lalhi di NeKqquM* ma canalisation, eiaistriiire « de nouvollos usines» augmenior mou perso. mol en

4« Partie. — CONCLUSIONS 327

« proportion. Car à quoi me servirai de distiller du « charbon si je n'en vendais pas le produit à quelce qu'un ? Or, depuis 1856 le prix de la main-d'œuvre »c a doublé, les terrains nécessaires à l'édification de « mes nouvelies usines coûtent dix fois plus cher a qu'à l'origine, et j'ai des charges municipales qui « iTi'ont augmenté mon prix de revient de Ofr. 05 cent. « par mètre cube de gaz. Enfin pour réaliser les per- « fectionneinents dans la fabrication et dans la dis- « tribution, j'ai engagé de nouveaux capitaux dont « l'intérêt et l'amortissement sont compris dans l'exc< ploitation générale. »

Par conséquent, si on veut appliquer à l'abaissement du prix du gaz l'augmentation des recettes due aux améliorations* apportées depuis 1856 au traitement des sous-produits, il est impossible de ne pas examiner le prix de reci-nt par ra[»port à l'ensemble d(^ l'exploitation.

Donc il faut se résoudre, ou à abandonner en entier la méthode sur laquelle on s'appuie, ou à n'ai)plique cette méthode qu'à l'économie résultant de la distillation et de la distribution du gaz.

Comme nous venons de le voir il y aurait ainsi depuis 1856, u.ie économie de fr. 0340 par mètre cube.

C'est évidemment d'après ce chiffre que la réduction sans compensation devrait s'effectuer. Mais ici se présente encore une objection : Le 2® paragraphe de l'article 48 après avoir dit que :

(( Dans le cas où l'emploi de ces nouveaux procé- « dés aurait pour résultat un abaissement notable « dans le prix de revient du gaz, la Société serait

LA QrESTIOX Dr 5AZ A TARIS

m oKI:irèe(le faire profiter Téclairage public et parti- « cuUer de cet abaissement de prix. »

A]<>utc : « dans les proportions déterminées par « tantorit^ administratioe, toujours de l'acis du m VomsfH riinnieipal. »

11 y a donc sur cette économie de fr. 03K) une j^àr; a attribuer à la Compagnie.

Kn eTe: >i la Ville avait du tout prendre pour elle .\ O.nujKtirnie n'aurait eu au 'une raison, aucun inté- :o: a Taire de* économies; et d'un autre côté Tarticle l> A I Kou de -*iip lU^r <|r.e lu réduction se ferait dans le> :■-."/>•*'.'.»* 5 dvterniinces pir l'autorité adminis- ••-.î'-r^ aurait ^inii'lernent dit :

• nan< K» o KO i i\Mn;>loi de ces nouveaux procédés

• au.\ui p »ar r.wuîîa: un abaissement notable dans « !o pr.\ dv* revit^'il d«i gaz» la So^*ir^tô serait obligée

• vu^ luîre ptoîitor l'e.'lairago publie et particulier de

• wl al^issv'îïion: de prix. »

iKx^io il tant laissera la Couipagnie une part de co;;e evVîunn.o !

iJ^uoUo sera la pn^portion du partage : la logique et IWpùte semblent in liguer que ce partage devra se faii"^ d\U5i la même proportion que le partage des béu^tioe'4 do IVxpîo taîion» entre la Ville et les Compagnies,

Ka Ville a dit i\ la Compagnie : tant que les bénétieos de l'exploitât ion n'auront pas dépassé 12,40 V^^^ IV», représentant l'intérêt de votre capitala *iiois, vous |K>unoz tout garder pour vos actionnaires : au-dessus de ce cbilfre nous partagerons.

Ce précédent peut s'appliquer à Téconomie réalisée

4e PARTfE. — CONCLUSIONS 329

par l'emploi de nouveaux procédés, économie fp:i devient naturellement un bénéfice.

L'économie résultant des améliorations apportées à la distillation et à la distribution du gaz devrait donc faire abaisser le prix do vente :-^^yi2-= Q fp, 0170 par niétre cube.

I^e gaz particulier ne coûterait plus que fr. 2830 et le gaz public ; fr. 1330.

1^' économie sur la totalité de la consommation en 1881 aurait été de : 203,920,639 X fr. 0170 = 4,435,755 fr. Ce qui aurait diminué la part des actionnaires de la Compagnie de .: ■ ^^■'''■''•^'"'' z=. 2,217,877 fr.

Mais pour arriver à ce résultat final sait-on sur conabien de points il faudrait avoir raison ?

l®*" Point .* Il faudrait d'abord que le mode d'interprétation sur lequel roule la discussion présente fût admis ; c'est-à-dire qu'on n'eût qu'à considérer l'économie réalisée par l'emploi des procédés nouveaux, sans se préoccuper de l'exploitation générale.

Or, cette interprétation — qui n'est ni celle de l'Administration de la Ville (1), ni celle de la Compagnie Parisienne — est en contradiction avec la logique, si on considère que le prix de recient du gaz ne se compose pas seulement des dépenses concernant la distillation du charbon, mais bien de toutes les dépenses de l'exploitation.

Cela est tellement vrai ^ que le Comité du conten-

(1) Voir le discours de M. Alpliand page 183 4» §. Voir le rap[)ort de M. Floquet, page 24.S. Voir le rapport de M. lluet page 20.S.

tieux de la Ville, dans Ron avis au Préfet de la Seine d», a donné la définition suivante des stipulations des articles 11 du traité de IS^o et 48 du traité i\ù 1870 :

« Corisidérant r|ue la clause insérée sous Tartiele 11 « du traité de lSr)r> et de Tartiele 48 du traité de 1870, « a en pour but essentiel de maintenir an juste équi- « libre entre le phw Dr. Hr.viENT rt le prix de consoni- « nuit ion du tjaz pendant toute la durée de la cou- (( erssioUy ete. »

Oi', eonnne I" ^^A^/eT de rerient se coni|iose de toutes les dépenser de l'exploitation sans exception, il s'en suit (\\w riuterprétation du Comité du contentieux de la Ville est en opposition absolue à celle sur laquelle on s*ap[)uierait pour imposer une réduction du chef de l'écoiioiniti réilisé;^ sur l.i distillation et la distribution du ju:az.

'> PoiNr : Il faudrait encore, si cette int(M'prétaticm était aduiise — c«». rpii (^st peu |»rol)ah!e — se UHMtro eu contradiction avec les conclusions de la Commission scientifif|ue, prévue p.ir les 4" et 5" paragraphes d)S articles déjà cités, ainsi conçus :

c< Ces stipulations ne seront applicables que |)ar « périodes (bî cinq ans et après leruitport de la Corn- « mission, dont il sera [lai'lé au para^rajïbe suivant.

« Dans les derniers mois de ebaipie période, tous <i les procédés étrangers au système actiuîl de fabri- « cation qui seraient jugés de nature à constituer un « progrés seront examinés |»ar une Commission qui « ^cra désignée par le Ministre de l'Intérieur et qui,

(J) Voii' pngc 28:i,

4* Partie. — CONCLUSIONS ,131

« après avoir entendu les délégués de la Compairnio, « indiquera ceux des p»?rroctioniiements ou celles des « inventions qui lui paraîtront pouvoir recevoir une « application industrielle et manufacturière. »

Or, cette Commission scientili jue a fonctionné en 18S), surla demande du Conseil municipal lui-mén»e, et voici sa conclusirui finale :

« D'uù la Commission, tout en reconnaissant com- « bien il serait désirable de voir le prix du gaz livré « à la poi^ulation parisienne subir une diminution a sérieuse, se trouve amenée à cette conclusion : « que VappUcation de rarikle 18 du traite intcrvomt c< en 1870 entre la Ville de Paris et la Compagnie « Parisienne n'offre ancnn élément sur lequel cette a diminution jtffis'ic rtrr hasée^ puisque dnns le sysa tème suivi en LSSO piir la Compagnie Parisienne c( pour la fal)ri(tati<»n du gnz on ne voit figurer aucun ce procédé nouveau ou étrnnger au systénic suivi par « elle en 1S7 ), qui soit de n;itiire à déterminer un a abaissement notnl)le dans le prix de r(»vieiit d(> Ce a produit. »

— Mais, disent les partisans de la réduction sans compensation, nous n'acce})tons pas cette conclusion : parciî (jue la Commission scientifi(iue aurait dû faire remonter ses rticliei'clies juscpruu T'" jaiivii'i* liSÔlî, date de la mise en vigueur du traité originaire !

Mais alors il faudrait se; mettre eu contradiction avec le vote du Conseil municipal qui a provoqué la réunion de cette Commission et (|ui lui a tracé les limites de ses investigations.

En effet, voici la délibération rpie le Conseil, sur la pi*oposition de M. Cernosson; rapporteur de la 3"

ileux de la Ville, clans son avis au Préfet de la Seine (1), a donné la définition suivante des stipulations des articles 11 du traité de 1855 et 48 du traité dfi 1870 :

« Considérant que la clause insérée sous l'article 11 « du traité de 1855 et de l'article 48 du traité de 1870, « a eu pour but essentiel de maintenir un juste èquiff libre entre le piux dl: ukvient et le prix de consom- « mution du rjaz pendant toute la durée de la con- « ers s ion y ete. »

Or, conuntd 1(* prix de revient se compose de toutes les dépense:? de l'exploitation sans exception, il s'en suit rjue l'interprétation du Comité du contentieux de la Ville est en opposition absolue à celle sur laquelle on s'appuierait pour imposer une réduction du chef do l'éroiiomie rénliséi^ sur l.i distillation et la distri- Ijution du i»iiz.

•> Point : Il faudrait (Micorc, si aoMa interprétaticm était aduH>^e — ce qui est peu probable — se innttre en contradiction avec les conclusions de la Commission scientifique, prévue i):ir les 4" et 5" paragraphes dv3S articles déjà cités, ainsi conçus :

c( Ces stipulations ne seront applicables que par « périod(*s de cincj ans et après le rapport de la Com- « mission y dont il sera parlé au paraL'rapbe suivant.

« Dans les derniers mois de chaque jfériode, tous (i les procédés étrangers au système actuel de fabri- « cation qui seraient jugés de nature à constituer un « progrés seront examinés par une Commission qui « {?er a désignée par le Ministre de l'Intérieur et qui,

(1) Voii- page 28:2,

4c Partie. — CON€LUSIONS 331

« après avoir entendu les délégués de la Compa/i^nie, « indiquera ceux des perfectionnements ou celles des a inventions qui lui paraîtront pouvoir recevoir une « application industrielle et manufacturière. »

Or, cette Commission scientifique a fonctionné en 1889, surla demande du Conseil municipal lui-même, et voici sa conclusion finale :

« D'où la Commission, tout en reconnaissant com- « bien il serait désirable de voir le i)i'ix. du gaz livré . « à la pO[>ulation parisienne subir une diminution « sérieuse, se trouve amenée à cette conclusion :, ce que l'application de l'article 48 du traité intervenu i<i en 1870 entre la Ville de Paris et la Compagnie « Parisienne n'offre aneun élément sur lequel cette « diminution puisse cire hasée^ puisque dans le sys- « tème suivi en l<S8f) par la Compagni(i Parisienne « pcHir la fabrication du gnz on ne voit figurer aucun « procédé nouveau ou éti'onger au système suivi par « elle en 1S7«), qui soit de nature à déterminer un « abaissement notable dans le ]>rix d.' revient de ce « produit. ))

— Mais, disent les partisans de la réduction sans compensation, nous n'acceptons pas cette conclusion : parce (pie la Commission scientifi(jue aurait du faire remonter ses riicluM'clies jus(pi'au 1"" janvier 1850, date de la nnsi* en vigU(Hn' du traité originaire !

Mais alors il faudrait se mettre vu contradiction avec le vote du Conseil municipal qui a provoqué la réunion de cette Commission et qui lui a tracé les limit<».> de ses investigations.

En elîet, voici la délibération (jue \v. Conseil, sur la proposition de M. Cerncsson; rapporteur de la 3®

Commission, a votée à la presque unanimité le 24 décembre 1879 :

« Considérant, que depuis la mise en vigueur du « Traité passé le 7 février 1870 entre la Ville de (( Paris et la Compagnie Parisienne du Gaz, le mode « de fabrication, actuellement en ut âge, a eu pour « résultat principal de propurer à diverses industries « les moyens d'étendre, dans une très large mesure, « les apjdications industrielles des produits auxili- « aires ou résidus autres que le gaz provenant de la « fabrication de la Compagnie ;

« Considérant que la mise en vente de ces produits c< auxiliaires a incontestablement apporté une réduc- « tion notable dans les frais de la fabrication et dans « le prix de revient du gaz, tel qu'il est fabriqué aua jourd'hui ;

« Considérant encore que les signataires des péti- . tions soumises à l'examen du (Conseil prétendent « que la Compagnie Parisienne de l'éclairage au «* Gaz a pris l'initiative de l'application de procédés a (perfectionnements ou inventions) qui, par leur a nature, constituent an progrès dont l'emploi a pour « résultat l'abaissement du prix de fabrication et par « suite du prix de revient du gaz ;

Délibère :

« Il y a lieu de provoquer la désignation, par M. le « Ministre de l'Intérieur de la Commission prévue à (( l'article 48 du Jraité passé le 7 février 1870 eiUre

le Partik — roNri.rsioxs :i:!;i

a la Ville (lo Paris et la C()i\i[)a*i;ni(» ParisloriiK^ du

« (jll/.. w

Si la précision du l"" considérant de cette délihéralion pouvait être mise en doute il sutHrait de prendre connaissance de l'incident tout particulier qui s'est produit à la séance du 24 décembre sur ce point spécial (l) pour être définitivement fixé.

Par conséquent si Ton voulait exiger un abaissement de fr. 0170 par mètre cuba de gaz en application des articles 11 et 48 précités, on se mettr^ut en opposition :

1° Avec l'expertise officielle prévue par les mêmes articles.

2° Avec le vote municipal qui a demandé cette expertise.

Si Ton portait la question devant les tribunaux la Compagnie Parisienne n'aurait pas même besoin de se défendre : Il lui suffirait de se retrancher derrière ces d^ux arguments pour être mise hors de cause.

Si néanmoins, on-gagnait ces deux premières parties du procès engagé, il faudrait encore, pour obtenir la réduction sans compensation de fr. 0170 par mètre cube, avoir raison sur une masse d'autres points :

1° Il faudrait prouver que les améliorations appor-

(l) Vo'r 1p compta iviidu ilo la P.'nii'c di 24 dJ<'ombpj 1^79, page 75,

334 LA QUESTION DU GAZ A l'A RIS

tèes dans la fabrication du gaz constituent bien des procédés nouveaux, tels que l'entend l'article 48.

Or, la Compagnie du gaz conteste trés-vivement cette appréciation (1) et nous avons vu que l'administration et la Commission scientifique lui ont donné raison .

2° Il faudrait prouver, si le point précédent était admifi, que ces procédés nouveaux ont apporté un abaissement notable dans le prix de revient !

Or, qui fournira cette preuve devant le tribunal ? Est-co le Conseil municipal ? Il n'a pas mission dd dét^.rminer Xoprij; de revient ! l'^st-co l'Administration ? Non [jIus ! l']st-ce la Commission scientifique prévue par l'article 48 1 Elle ne peut fonctionner que tous le« cinq ans !

Légalement cette preuve aurait dû être fournie pa^ la Commission scientifique de 1800. . .. mais l'Administration nmnicipale de cette époque n'a pas jugé à propos de provoquer la réwnion de la Commission cette année-là. (2)

La responsabilité de cet oubli doit-elle retomber sur la Compagnie ? Non puisque la nomination de la Com» mission scientifique n'est pas son affaire ! Sur la Ville? Non puisqu'il s'agit du traité de 1855 et qu'à l'heure actuelle les deux parties sont sous le régime d'un traité postérieur à 18G0.

Tels sont les points sur lesquels il faudrait avoir

(l) Voir la lettre de la Compagnie Parisienne mi Minisire de rinlcrieur, page 9G.

{È) Voir l'explicalion donnée à ce sujet par M. Alphand, page 190, 3« ligne.

h Partie. — CONCLUSIONS ^Z^

raison pour pouvoir abaisser, sans compensation pour la Compagnie Parisienne, le prix du gaz deOfr. 0170 par mètre cube.

Mais toutes ces difficultés entraîneraient forcément de longs délais.

Supposons que pour donner immédiatement satisfaction à Topinion publique qui réclame un abaissement du prix de vente du gaz, le Conteil municipal, se ralliant, à la proposition de M. Voisin, oblige le Préfet de la Seine à prendre un arrêté de réductio», sans compensation, fixant le gaz àO fr. 25 cent powr les particuliers.

Quelles seraient, pour les finances de la Ville, les conséquences de cette mesure "/

Le procès que cette solution entrainei;rait durerait au moins six ans, et ce n'est pas trop présumer puisque celui qui e^t survenu, entre la Ville et le Crédit foncier^ relativement au remboursement d'une somme de 15 millions que cet établissement financier avait perçue au détriment de la Ville, a duré huit ans et ne s'est terminé que par une transaction malheureuse pour les finances de la Ville.

D'un autre côté l'abaissement du prix du gaz déterminerait une augmentation annuelle de la consommation, augmentation que M. Voisin, d'après, les évaluations des ingénieurs de la Ville, estime dans son rapport à îîO millions de mètres cubes, dont 25 millions pour les partiduliers .

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