‹ La Question du grec et la réforme de l'enseignement moyen, quelques pièces du procès, recueillies et mises en ordreChapitre 6 sur 9 · HO · texte numérisé non relu

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doute plue de peine à apprendre les dix premières que les soixante autres.

Plus l’intelligence a mûri, plus grande est son aptitude au travail, plus rapides sont les résultats obtenus. L’enfant qui ne commencerait l’étude des langues classiques qu’à l’ige de quinze ans, alors qu’il posséderait déjà le français comme type des langues néolatines; l’allemand comme type des langues germaniques, apprendrait le latin et le grec plus rapidement qu’il ne le fait aujourd’hui, et le temps consacré à l'étude des langues mortes devrait être moins considérable, que celui qui se trouve aujourd’hui éparpillé sur les sept, huit ou neuf années du cours classique. Les professeur* n’ayant affaire qu’à des jeunes gens capables d’apprendre les langue* mortes, désireux de les savoir, et résolus à les savoir, marcheraient d’un pas plus alègre et arriveraient plus sûrement au but. Et la réforme, bien loin d'affaiblir les études classiques, tendrait plus tard à les fortifier.

Un homme de 25 ans, arrivé à la pleine croissance intellectuelle et formé aux travaux de l’esprit, peut, sans difficulté, apprendre le latin en deux ans, s’il consacre à cette étude trois heures par jour, soit à raison de 40 semaines par an — année scolaire — 1,440 heures, en tout, et l'on peut affirmer qu’il le saura aussi bien, mieux même, que ne le savent les élèves qui sortent actuellement de la classe de philosophie et qui ont consacré (1) :

Heures de classe. Heures d’étude. Heures effectives.

L’étude du latin oommencée à quinze ans et poursuivie pendant cinq sns, jusqu’à l’âge de vingt ans, à raison de 10 heures de classe par semaine, soit 400 par an

Heures de classe. Heures d’études. Heures effectives.

(I) Nous supposons 5 heures d’études pour 4 heures^le clisse. Dans les W“ français la proportion est de 7 heures d’études pour 5 heures de classe. Le repos intellectuel est complet le dimanche cl le jeudi. Nous Axons l'année scolaire h 40 semaines par an. •

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donnerait, eroyona-nous, pour certains esprits, des résultats meilleure que le système actuel.

La véritable période de la formation de l'esprit est celle qui s'écoule de la quintième à la vingt-cinquième année. Âvant l’&ge de 15 ans, l’enfant qui s’assimile facilement les connaissances usuelles, n’est guère apte aux travaux sérieux de l’intelligence. C’est pour cela, dit-on, qn’il faut lui inculper, en quelque sorte mécaniquement, les règles et les mots dont il se servira plus tard. Quelque grande que soit notre inexpérience en cette matière, nous ne saurions croire que ce système toit bon. L’enseignement manque à sa mission s'il ne donne à l’élève le goût de l’étude. Si tous nos élèves avaient emporté ce goût de l’école, nous aurions en Belgique un mouvement littéraire et scientifique plus développé. Nous ne croyons pas que ce soit un moyen de faire naître chez l’enfant le désir du travail intellectuel, que de ne le lui faire connaître, dès l’origine, que par le côté rebutant. Bt, nous l’avouons, nous ne connaissons rien au monde de rebutant pour l’esprit, comme l’étude de la grammaire, lorsque la grammaire sert à apprendre la langue, au lieu d’ètre l’exégèse scientifique d'une langue qu’on sait déjà plus ou moins. Nous sommes sur ce point de l’avis de Babelais, de Molière et de François Arago (1).

Ce système a sur les deux autres, celui des humanités modernes, et celui des humanités grecques , l’avantage d’un corps enseignant formé. L’État est ici complètement désintéressé, puisque le système peut parfaitemeut fonctionner sans qu’il ait à modifier ses programmes d’examen (2). Bien n'empèche l’initiative privée de faire l’expérience de l’idée. Les élèves ne manqueront pas, car il en est beaucoup qui, n’ayant pas commencé le latin à dix ans, désireront l’étudier plus tard.

(1) Chacun envisage cette question au point de vue des lois du développement de son propre esprit. F. Arago a donc pu affirmer que l'étude des mathématiques était beaucoup plus facile que celle de la grammaire. Nous exprimons donc sur ce point notre Opinion sous toutes réserves et nous croyons qu'il faut tenir grand compte de l’opinion de ceux qui ont manié l'esprit des enfants, c'est à dire de ceux qui ont enseigné.

(2) Voir plus haut l'opinion de M. Duruy.

L’établissement qui accepterait ce programme, ferait bien toutefois, en vue d’éviter les mécomptes et l’insuccès possible d’un premier essai, de reporter le programme, au moins sur une période de cinq ans,

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