‹ La question du jour, resterons-nous français [microforme]Chapitre 10 sur 34 · PAS |. PIN · texte numérisé non relu

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portent dans des proportions énormes sur les Canadiens d’origine anglo-saxonne, et il n’y a pas de danger qu'ils soient jamais éclipsés par eux.”

Au sénat américain, au cours d’un débat très intéressant sur le bill du tarif, M. Blair, sénateur du New-Hampshire, disait en parlant des nôtres :

‘ Les Canadiens-français forment un des éléments les plus sains et les plus actifs de notre population. Ils sont appelés à rendre de grands services à la république américaine ; toutes leurs tendances et leurs aspirations sont vers nous ; le fait qu’ils sont catholiques ne nuit en rien à leur utilité comme citoyens. Au contraire ils s’assimilent facilement nos institutions et nos coutumes, tout en restant fidèles aux principes de leur foi.”

De pareils témoignages sont précieux, surtout quand ils viennent se poser comme antithèse à ceux de M. Goldwin Smith Cet ancien professeur d'histoire à l’Université de Toronto, disait à son tour des choses qui not:s frappaient en pleine poitrine. Cette diatribe, il n’a cessé de la répéter contre nous depuis qu’il est l'hôte du Canada Mais ce qui nous faisait le plus de peine, c'était le dédain, mêlé d’antipathie, que l’auteur manifestait pour la race latine en général, et pour la race française

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en particulier : principalement pour ses tenaces rejetons sur la terre d'Amérique. Dans ces lignes si hautaines, toujours si doctorales, il semblait que nous formions disparates ; que le regard britannique de l’auteur éprouvait une sensation désagréable en constatant notre présence ; que nous dérangions à ses yeux l’harmonie offerte par la population anglo-saxonne.

Cette monomanie, très peu éclectique, date déjà de loin. En 1862, lors de l'affaire du Trent, au moment où toute la population canadienne-française s’armait pour défendre la souveraineté de l'empire anglais menacé, M.

Goldwin Smith choisissait cette heure pour écrire les lignes suivantes :

—Au Canada, la présence de l'Angleterre conserve une vie artificielle à l'élément Canadien-français, cette relique antédiluvienne de l’ancien régime, qui en a retenu toute l’inertie, toute la bigoterie, sans être littéralement d’aucune valeur pour le but que se propose la civilisation moderne.”

Ces paroles provoquèrent une protestation dans la presse anglaise. En les commentant, le Times de Londres, que personne n’accusera de partialité à notre égard, disait :

‘ Voilà de quelles manières on veut récompenser l'attachement sincère que cette partie

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