‹ La question du jour, resterons-nous français [microforme]Chapitre 13 sur 34 · PA SR · texte numérisé non relu

PA SR

Non.

Nous avons été cédés, et comme Atticius Ca-

‘pitus le disait fièrement à Tibère, nous pouvons,

après 128ans de viecommune avec nos cessionnaires, leur dire :

—“ Tu n'as pas le droit de nous imposer ta langue.”

—* Tu enim civitatem dare potes hominibus, verbis non potes.”

Les anachronismes de cette école de M Goldwin Smith, nous l’avouons, sont inoffensifs, et nous avons peut-être tort de priver ses disciples de la satisfaction platonique qu’ils peuvent y trouver. Cependant, pour en finir avec des débats parfois irritants et chatouilleux pour certain amour propre, il serait bon, croyonsnous, que ce descendant d’Abercrombie, de Bourgoyne, de lord Cornwallis, se rendit bien compte de la situation parmi nous, et qu'il se décidât à distinguer l’idée de cession de celle de conquélte.

Il y a conquête quand une bataille, comme celle de Hastings—simple exemple—met tout un peuple à la merci de 60,000 soldats ; que toutes ses lois, ses traditions s’évanouissent ; qu’elles meurent devant la force victorieuse. Il y a

conquête, répétons-nous, lorsqu'une nation est exilée, expropriée de son propre sol, comme le fut la nation anglaise sous Guillaume le Conquérant et ses successeurs, pendant 400 ans.

Oui, pendant ces quatre siècles, la race anglosaxonne put méditer douloureusement sur le vae victis de Brennus, cet ancêtre des soudards et des aventuriers français qui s’installaient en maîtres dans toutes les baronnies anglaises,

Voilà la conquête telle que le Romain, le Franc, le Normand l'ont pratiquée autrefois ; telle que certains peuples l'ont essayée avec plus ou moins de succès dans l’époque moderne; telle que la rêve et la comprend M. Goldwin Smith et ceux qui sont de l’école de M. Martin du Manitoba et de M. Dalton McCarthy.

Il y a cession quand, à la suite de luttes prodigieuses, de succès douteux ou ehèrement achetés, parfois d’arrangements dynastiques, la souveraineté d’un puys devient l'objet d’une transaction entre deux puissances, et qu'un gouvernement étranger s’y installe suivant certaines clauses et stipulations.

Tel fut le sort du Canada en 1763. La Monongahéla, Fort Bull, Carillon, Sainte-Foye, victoires françaises, atténuèrent les capitulations de

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Québec et de Montréal. Elles en adoucirent les termes et 8 imposèrent à la lettre du traité de Paris, conclu le 10 février 1763, entre les rois de France et de la Grande-Bretagne.

Le treizième article de ce traité dit :

—“ La France cède à l'Angleterre le Canada et ses dépendances, telles que les tles du Cap Breton et de Saint-Jean, et les autres îles et côtes situées dans le golfe et le fleuve Saint- Laurent, avec tous les droits que le Roy Très- Chrétien avait possédés et exercés dans ces

pays.” Voilà pour la Cession.

—“ De l’autre côté, Sa Majesté Britannique confirme et assure aux habitants du Canada, l'usage et le libre exercice du culte catholique.”

Voilà pour la Religion.

En vertu de la 14e George III, les lois françaises sont garanties à la population du Bas- Canada.

Le premier acte législatif passé en 1785, fut l'ordonnance ‘ qui règle les formes de procédure dans les cours civiles de judicature.”

On y lit:

—* Sur l’ordre du juge le demandeur obtiendra du greffier de la Cour un ordre de sommation ou d’assignation dans la langue du défendeur.”

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Quatre-vingt-deux ans plus tard, ceux qui firent la confédération canddienne, stipulèrent dans la nouvelle constitution, article 138 :

—‘" Dans les Chambres du parlement du Canada et lès Chambres de la législature de Québec, l'usage de la langué française où de la langue anglaise, dans les débats, sera facultatif ; mais dans la rédaction des archives, procès-verhaux et journaux respectifs de ces chambres, l'usage de ces deux Jangues sera obligatoire; et dans toute plaidoirie ou pièce de procédure par-devant les tribunaux ou émanant des tribunaux du Canada, qui seront établis sous l'autorité du présent acte, et par devant tous les tribunaux, ou émanant des tribunaux de Québec, il pourra être fait également usage, à faculté, de l’une ou de l’autre de ces langues.”

Moi-mêème rapporteur du bureau auquel la Législature de la province de Québec avait donné mission d'examiner les amendements qui devaient être faits aux règles et procédures de la Chambre, n’ai-je pas fait le rapport suivant, le 9 mai 1885? Il se lit comme suit dans les journaux et procédures de la Chambre.

—"" M. Fauclier de Saint-Matricé fait rapport que le comité a adopté le projet des règles et règlements sans amendements.

“Ordonné, que le rapport soit reçu maintenant.

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“M. Faucher de Saint-Maurice rapporte en conséquence, les règles et règlements lesquels sont lus.

‘* Etant lus une deuxième fois, il est résolu.

—“Que cette Chambre concoure avec le comité dans les règles et règlements qu'il a adoptés et rapportés et que ces règles et règlements soient à compter de ce jour Ordres Permanents pour la direction des affaires de cette Chambre, et ces règles et règlements ayant été adoptés sur le texte français, en cas de divergence dans les deux textes que le texte français prévale.

Voilà pour La Langue!

Religion, Langue, fierté "du passé, trilogie qui est le secret de la vitalité de cette race canadienne-française, qui en étonnera bien d’autres que ceux qui l’attaquent.

Dernièrement un homme d'Etat anglais, sir Charles Dilkes, parlait ainsi de nous dans son ouvrage ‘ Greater Britain ” :

‘ Lorsque les 60,000 colons français du Canada devinrent, en 1763, définitivement sujets britanniques, les Anglais, malgré le serment de respecter leurs coutumes, comptaient bien les assimiler. Nous eùmes à Québec la même conduite qu'au Cap, et avec le même résultat. Après avoir provoqué l'insurrection,

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nous dûmes renoncer à nos projets et tenir nos engagements. À une époque, nous imposâmes aux Français nos lois, notre language et, jusqu'à un certain point, notre religion. Eux, ils résistèrent paisiblement d’abord, puis les armes à la main, comme les Hollandais du Cap résistèrent en armes au début, ensuite pacifiquement ; et dans les deux cas la résistance l’emporta ; Québec est aujourd'hui aussi français que Stellenbosch est hollandais.

‘ Bien mieux, les Canadiens-français ont absorbé les Highlanders, leurs voisins. Entre le Saguenay et Québec, dans le district de Charlevoix, il y a sur la rive gauche du Saint- Laurent la seigneurie de Murray, qui avait été donnée à l’un des officiers de AT et peuplée par ses soldats ; les noms écossais y abondent, mais ceux qui les portent ne peuvent plus parler ni l'anglais, ni même le gaélique.

‘* La rebellion de Papineau, en 1837, valut au Canada le Home rule et la constitution de 1841, qui, si elle n’accordait en fait que peu de chose aux Français, leur donnait du moins les moyens d'acquérir toutes les libertés qu'ils réclamaient De Tocqueville, lors de son voyage, avait constaté l'extrême animosité des Canadiens-français ; les concessions faites par le Parlement de Londres au Canada suffirent pour pacifier le pays. |

‘* 60,000 au moment de la cession, les Français sont aujourd'hui 1,400,000 au Canada et 700,000 aux Etats-Unis. A l’époque de mon premier voyage sur le continent américain en 1866, il y avait certaines parties des districts

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du Bas-Canada où la population était en majorité de langue anglaise ; aujourd'hui, 8 Français y sont trois contre deux. Les Français croissent en nombre et s'étendent géographiquement ; au delà de la frontière, ils sont assez forts dans le Maine pour avoir réussi à introduire quelques-uns des leurs dans la législature de l'Etat.

‘“ Les Fran-cocanadiens ont conservé certaines attaches avec leur mère-patrie du passé ; mais c’est bien plus un lien de sentiment que de sympathie ; car les habitants de Québec sont catholiques et il y a dans les idées de la France moderne bien des points qui répugnent à la majorité d’entre eux.

‘ Maintenant grâce à la facilité des communications, quelques Canadiens prêtres ou laiques, pas en grand nombre, vont dans les séminaires ou les écoles de France ; les jeunes hommes de la province de Québec ont adopté pour leur drapeau les trois couleurs de la France, et l'on a un autre curieux exemple des sentiments français dans la fréquence du prénom de Napoléon dans quelques parties du pays. Comme conséquence de la communauté du langage, qui conduit à l'étude des lois francaïises, on trouve au Canada une certaine adoption artificielle des institutions publiques de la France À un point de vue, les: Francocanadiens ont conservé une étroite et: admirable ressemblance avec la: classe des paysans français; leur. frugalité: est: remarquable, si bien-qu'à Montréal, où Anglais et Français ne s’adonnent'pas-sans raisun.: à l'admiration mu:

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. tuelle, on entend de tous côtés témoigner des 3 habitudes industrieuses, sages et économes des Français.

“Le langage des habitans, comme s'écrit souvent le mot avec l'orthographe du passé ou bien de l'avenir, s'est mélangé quelque peu de locutions britanniques. Le cardinal Taschereau a le parler majestueux du grand siècle, et - malgré l’archaisme du style, sa conversation 4 doit être un régal pour un puriste de vieille e roché. Mais aujourd'hui les tendances sont à Ù l’épuration ; peu à pen la partie instruite de la a population remplace les idiotismes purement t locaux par les tournures plus scientifiques du français moderne.

Le TT!

- “ La constitution [British North America Act] ie stipule l’usage de l’une ou l’autre des langues C pour les débats dans les Chambres fédérales,

8 l’ernploi des deux pour les publications et pour é les lois tant du Parlement du Dominion que de a la Lécislature de Québec. La même liberté a 8 également existé jusqu’à ce jour dans les Chambres du Manitoba et du Nord-Ouest. On s’agite n toutefois pour bannir le français officiel de ces é provinces du Dominion. Nous sommes loin du

= temps où, les deux Canadas s'étant unis sous - un même Parlement, on avaït proscrit le frane çais ; on travaillait alors à dénationaliser les

| Franco-canädiens:; mais, en 1848, cette inter- - diction fut levée, et la politique de contrainte C) est depuis cette époque tombée dans lPoubli. i Aôtuellement, les Français ne conquièrent pas seulement l'élément britannique peu irportant du Bàs-Canada ; ils émigrent dans l'On-

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tario ainsi qu'aux Etats-Unis, et il y a nn courant de Français qui, en dépit de leur amour pour la prorince natale, se dirigent vers l'ouest le long de la grande ligne du Canadian Pacific Railway. Québec souffre un peu de cette émigration ; mais Ontario y gagne.

‘* La racilleure preuve de l’aflux des Français dans l'Ontario nous est fournie par l’établissement des écoles françaises nouvelles ; on en compte 60 dans deux comtés entre Montréal et Ottawa, dont les premiers colons furent des loyalistes chassés de la Nouvelle-Angleterre et de New-York par la guerre de la révolution.

L’immigration française commença dans cette région, 11 y a environ quarante ans ; les nouveaux venus prirent d'abord les terres basses inoccupées ; ils repoussent aujourd’hui de plus en plus les fermiers anglais des terres hautes, parmi lesquels beaucoup ont déjà vendu leurs biens pour aller au Manitoba. Mais dans l’Ontario, les Français s'anglicisent beaucoup plus par le contact de nombreux Anglais. On n'aurait jamais obtenu ce changement avec un système autre que celui qui a prévalu ; car on leur enlève une partie de leur force de résistance, parce que le patriotisme de race n’entre dès lors pas en action.

‘ De même, dans la Nouvelle-Angleterre, les

“diens-français remplacent les citoyens des

3 Unis qui quittent, le pays pour aller au -sntana ou dans le Dakota Dans les Etats de cette région, 350,000 .Canadiens-français, la moitié de tous ceux de la république, occupent une situation remarquée au milieu d’une popu-

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lation absolument différente par la race, la

religion, le langage et la manière de vivre. Ils

gagnent leur existence comme fermiers, charpentiers, ouvriers dans les filatures de laine ou de coton ; ils vivent beaucoup entre eux, se solidarisent rarement avec d’autres dans les grèves et conservent leurs qualités de soumission, de frugalité et de facile instruction dans l'usage des machines et des procédés manufacturiers ; ils ne manifestent aucune disposition à s’américaniser ; jusqu'à ces derniers temps ils ne cherchaient pas à apprendre la langue du pays, ni même à la comprendre. Il y a des manufactures de la Nouvelle-Angleterre où travaillent depuis quinze à vingt ans des Canadiens qui ne panteitl pas un mot d'anglais. Ce n’est que depuis peu que les lois scolaires américaines ont entrepris de vaincre cette résistance ; elles ont à conquérir une vie de famille française moins complète que celle qui existait dans le Bas-Canada, où nous n'avons pas pu fusivnner les races lorsque la tentative en à été faite. Quoi qu'il soit, à l’heure présente, les Canadiens-français forment encore dans la

Nouvelle - Angleterre une cominunauté très.

distincte ; on peut voir par le contenu de leurs.

journaux dans cette région que les lecteurs ne

portent guère leur attention sur ce qui n’est pas canadien ets’intéressent bien plus à tout ce qui touche la France ou l'Eglise qu'à ce qui regarde les Etats-Unis. |

‘* Ce désir des Bas-Canadiens de conserver la nationalité française, qui les a conservés de notre côté durant les guerres américaines,

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maintiendra toujours la provincé de Québec beauccup plus britannique que yankée dans ses symipathies. Les Canadiens véulent bién aller faire fortune aux Etats-Unis, mais à la condition depouvoir,un jour,révenirau Canada ; ils sont persuadés que, s'ils vénaient à être absorbés par le grand voisin, ils ne pourraient plus jour des mêmes garanties pour léur caractère national, qui leur sont données par l’acte constitutionnel de 1867 ”

Voulez-vous une autre opinion ?

Celle-ci nous est donnée par un écrivain louisianuais des plus distingués, M. François Tujaque. Lui, nous met en termes clairs, précis en garde contre l’annexion, contre l’élement

envahisseur.

Ecoutez le: réfléchissez.

‘“ C’est toujours d’une plume alerte, et souvent avec éloquernce, que les journalistes frañco-canadiens traitent de leur avenir ; intéressant sujet que les circonstances, de temps à autre, rämènent à l’ordre du jour de la presse; et rious tous, modestes soldats de la cause qu'il défendent si bieti, nous ne trouvons, pour répondre à léurs excellents plaidoyers, que des applaudissehents: Mais l'enthousiasme se défend mal dès illusions ; ét ceux d’entre nous qu'uné amère expérience a rendus sceptiqués né partaÿent pas toujours, à un degré absolu, les prévisions, lés espérances dë nos frères du Canada.

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‘ La langue française est-elle distinée à se. perpétuer sur le sol canadien, et plus particulièrement dans la province de Québec ? Voilà la question, toujours brûlante, qu'il s’agit, non de résoudre—la solution en échappe à notre compétence—mais d'étudier, en s’appuyant.sur des faits connus, qui revêtent le caractère de sérieux arguments. Or, si nous tenons compte des leçons du passé, il semble évident que notre langue ne pourra se maintenir dans le Canada français, comme idiome usuel, au’à une condition : c’est que ce pays évite l'annexion à l’Union américaine.

‘ Cette opinion, souvent exprimée dans ces mêmes colonnes, manqne sans douted’actualité. Peut-être, en y revenant, s'expuse- -t-on à des redites. Malgré cet inconvénient, néanmoins, en présence de certaines éventualités que déjà l’on voit poindre à l'horizon, il doit nous être permis, à nous, Français des bords du Mississipi, de remonter sur la brèche et de crier de nouveau, à nos congénères des rives du Saint- Laurent : Sentinelles, veillez !

“Ilest bien vrai, qu'avec leurs deux millions d’âmes, les Franco-Canadiens opposeraient à l'influence anglo-saxonne une résistance plus

longue, sinon plus heureuse, que les créoles de

la Louisiane, qui ne sont guère plus de deux à trois cent mille. La partie, évidemment, n’est pas égale. Mais se figurer, qu'avec son vaillant petit peuple, si énergique u'il soit, le Canada français résisterait éternellement à soixante-

uatre millions d’adversaires qu'il trouvera

ans l'annexion, et qui deviendront, par.la

Le

suite, soixante-quinze ou cent millions—admettre cette hypothèse, dis-je—serait nourrir une

illusion qui aurait Les plus déplorables consé-

quences.

‘ Non que les Américains déteste la langue française. Dans leurs sphères supérieures, elle compte, peut-être, plus d’admirateurs que parmi nos descendants de la génération qui grandit actuellement aux Etats-Unis.

“ Mais si bon nombre d’Américains à haute culture intellectuelle aiment à lire dans le silence et l’intime de leur cabinet nos livres les plus populaires, tous n’en bannissent pas moins notre idiome parlé du commerce, de la politique, de to’tes leurs relations extérieures, en un mot. ‘4t non-seulement, ils n’en font aucun usage, mais ils exigent des étrangers, ayant avec eux des rapports, qu'ils suivent leur exemple, c'est-à-dire qu'ils se servent de la langue officielle du pays. À tous ils demandent (chose assez naturelle, d'ailleurs) qu'en retour d’une large hospitalité, ils s’identifient avec les populations, aussi bien par le langage que pa les intérêts.

‘“ Le Canada-français annexé, et par ce fait, devenu une simple unité dans la pléiade des grands Etats de l’Union américaine, conserverait-il son autonomie morale? Pourrait-il vivre en marge de la vie nationale, rester cantonné dans ses mœurs traditionnelles, se soustraire, en un mot, au mouvemen. général ? Qui oserait l’espérer ?

“ Ni nos voix amies pouvaient se faire entendre, nous dirions à nos chers Canadiens : Ou

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