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général de France au Canada, M. Fréderic Gautier. Une assemblée fut resolu ce soir là— nous étions au 10 août—pour le 18 du même mois ; mais malgré qu'elle eut été annoncée dans les journaux, elle ne fut pas généralement connue. Il n’y eut que 500 Canadiens qui se rendirent à la porte du consulat. Des discours patriotiques fûrent prononcés par l'honorable M. Cauchon, le juge Henri Taschereau, M.
Amyot M. P. et autres. | —La Marseillaise ! cria quelqu'un.
Une triple clameur s’éleva dans l'air et la masse s’ébranla aux premières notes
Allons enfants de la patrie !
Laissons la parole aux journaux du temps.
—La procession qui se grossissait toujours de personnes de tout rang et de tout âge, vieillards, jeunes gens, tous Français, traversa quatre de front la place Frontenac. Elle prit la rue Buade, descendit la rue de la Fabrique, suivit la rue Saint-Jean jusqu'à la rue Saint-Augustin dans la côte d'Abraham, parcourut cette rue, la rue de la Couronne, la rue Saint-Joseph, la rue du Pont, fit halte, puis continua sa route en suivant les rues du Pont et de Saint-Valier jusqu'à la Basse-ville, où elle se dispersa en en-
tonnant le dernier couplet de la Marseillaise et aux cris de Vive la France ! Vive l’armée !
—Et l’on dira ajoute /’ Evénement, à qui j'emprunte ces détails, que le patriotisme est endormi chez nous et que nous sommes moins français que le premier de nos aïeux quand il mit le pied sur les rives du Saint-Laurent ? ?
Le 18 août une assemblée était convoquée chez M. Gautier, consul général de France Sur proposition de M. le docteur Pourtier, président depuis longtemps de la Société de bienfaisance française de Québec, et de l'honorable M. Cauchon, mort depuis gouverneur au Manitoba, on procéda à la formation d’un comité de souscription nationale. Soixante-dix-sept des principaux citoyens de Québec en firent partie. Au besoin ils avaient le pouvoir de s’adjoindre d'autres personnes (1).
(1). Ce comité fut composé dès le début, de l’honorable M. Cauchon; de M. le Dr. Pourtier ; de l’honorable I. Thibaudeau, ancien ministre ; de l’honorable Henri Tascherenu, ancien député et juge ; de MM. Eugene Chinie, T. Ledroit, J, B. Paillon, de l’honcrable Chaussegros de Léry, sénateur et conseiller législatit, de l'honorable M. Garneau, conseiller législatif, ancien mministre, de MM. A. Dessane, Paul Cousin, Michel Alméras, William Venner, de l'honorable M, Joly, plus tard premier ministre, de MM. Ignace Fortier, L. Paradis,
Le but de l’organisation était ‘ de faire parvenir aux blessés de l’armée française de terre et de mer, comme aux veuves et aux orphelins des militaires qui succomberaient du côté de la France dans la guerre actuelle, une preuve de patriotisme de la part des Français et de cordiale sympathie de la part des habitants du Canada quelque fut leur origine.” M. Alexandre Lévy-
Jolivet, G. Amyot, plus tard député, J. B. Renaud, Norbert Germain, Jean Lord, Kérouac, Léon Arel, M. Tuardivel, J. A. Taj'n, J. G. Barthe, F. X. Roy, Louis Amyot, W. Muir, greffier de l’Assemblée, P. Fournier, George Duval, greffier de la Cour Suprême, de l’honorable M. McGreevy, conseiller législatif, de l'honorable John Heurn, député, de MM. Mathew Hearn, J. Connolly, John Roach, Alfred Venner, Jacques Blais, Dr. Rinfret, député, de l'honorable J. E. Gingras, conseiller législatif, de MM. N. C. Faucher de Saint-Maurice, Jules Faucher de Saint-Maurice, Lafrance, Dr. Lemieux, F. Peachy, Dr. Brousseau, Donohue, Félix Fortin, J. B. R. Dufresne, Louis Lamontagne, du Journal de Québec, M. Beaudet, John Sharples, J. D. Broussenu, Léger Brousseau, du Courrier du Canada, P. Vallée, Isaac Dorion, Augustin Côté, du Journal de Quebec, H. Fabre, de l'Ævénement, l'honorable M. Evanturel, ancien minist-e, de MM. Cary,du Mercury, John Foote, du Quebec Chronicle, Louis Bourget, Xavier Julien, Jacques Auger, M. Mc- Avoy, Z. Dubeau, Arthur Dion, J. Leclaire, J. F, Belleau, W. Blumbhart, Henri de Lagrave, M. Fuchs, Guillet-Tourangeau, ancien maire de Québec, ancien député, Nazaire Turcotte, Napoléon Legendre, Jules Taché, N, Le Vasseur.
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{ af | Reccio fut nommé secrétaire de cette organi- | | sation.
| | Les montants perçus étaient remis au Conpi | sulat général de France. Il les déposait à la |: | Banque Nationale, pour être plus tard centraf lisés et remis à M. Gautier, consul général de | France au Canada. Ce dernier devait les faire | parvenir à destination avec les noins des dona- | : teurs.
u Deux Français M. le Dr Pourtier et M. Paillon
firent voter des remerciements aux Canadiens- Français pour le chaleureux concours qu'ils accordaient à la France, dans la circonstance actuelle.
Le 28 août, une assemblée publique fut con- | voquée à la salle Jacques-Cartier à Saint-Roch de Québec : 2,000 personnes furent présentes. | Elles chuisirent comme président M. Pruneau, ll mort depuis maitre de poste de Québec, et comme sécrétaire, M. Guillaume Amyot, député aujourd’hui aux Communes du Canada. MM.
Dessane, Amyot, N. Duquet, Arthur Buies, le 15 docteur Charles de Guise prirent successive-
ment la parole. Il fut unanimement resolu.
LH ‘au milieu de bruyants applaudissements—” 11 c'est ainsi que s'expriment les journaux de | l’'époque—
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—Que cette assemblée exprime ses plus sincères sympathies pour la France, dans la glorieuse lutte qu’elle soutient contre la Prusse ; qu'elle fait des vœux ardents pour son complet succès et que c’est un devoir pour tous de contribuer à la souscription en faveur des blessés français.”
On avait donné à la souscription le nom de LA SOUSCRIPTION NATIONALE.
En tête de liste venaient le Consul général de France et les honorables MM. Chinic et Thibaudeau. Ils avaient souscrit chacun $100. La première journée la Souscription Nationale atteignit $1,260; la moindre somme prçue était de 10 cents. Une pauvre famille du nom de Fortier avait donné à elle seule $18. Ces do): aieut ainsi reparties : le père $5; la mère er chaque enfant $1; et $2 pour mademoiselle Joséphine Fortier ‘comme étant la plus jeune.”
Les souscriptions se faisaient un peu partout ; surtout à l’'Hôtel-de-Ville,
Le 14 septembre 1870, le consul général de France faisait un premier envoi de fonds. Il consistait en £650 sterlings, soit $3,185.96 fournies par une traite sur la Banque Nationale de
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Québec. Cette remise était adressée à MM. N.
Rostchild et fils de Londres avec prière d’en opérer le recouvrement et de le tenir à la disposition du Ministère des affaires étrangères à Paris. Celui-ci devait à son tour faire parvenir ces fonds à la Commission centrale du secours aux blessés.
Le cons1 général de France terminait sa lettre d'envoi, en disant :
—" C’est grâce aux sympathies que rencontre partout dans la Puissance du Canada, mais surtout chez les Canadiens d’origine française, cette œuvre patriotique et d'humanité chrétienne qu'est dû ce résultat d'autant plus bean que le pays vient d’être éprouvé par de terribles incendies. J’ose en témoigner ici, an nom des héroïques défenseurs de la patrie des Jacques Cartier, des Champlain, des Montcalm, ma vive et profonde reconnaissance.
(Signé) FRED. GAUTIER.
M. Gautier avait crû, à juste titre, qu'il était de son devoir de télégraphier au Ministère des affaires étrangères de France, l’empressement que les Canadiens-français mettaient à souscrire.
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Le ministre ému de cette action lui écrivit le 13 septembre 1870 :
“J'ai reçu votre dépêche du 26 août rendant compte des souscriptions qui ont été ouvertes dans plusieurs villes du Canada pour venir en aide aux blessés de notre armée, à leurs veuves, à leurs orphelins. Les témoignages de sympathie que vous me faites connaître m'ont vivement touché. Je vous prie de vouloir bien remercier cordialement les citoyens canadiens qui donnent à nos héroïques soldats ces marques d’une générosité fraternelle. Dites-leur que si le souvenir de leur ancienne mère-patrie est resté vivant dans leurs cœurs, la France elle aussi n’a pas perdu leur souvenir. Elle est toujours fidèle à sa vieille amitié pour les habitants de cette terre autrefois française.
(Signé) JULES FAVR&.”
La deuxième liste fournie par Québec à la Souscription Nationale était de $519.98. Parmi les principaux souscripteurs la maison John Sharples s'était inscrite pour $100, l'archevêque de Québec pour $20, le Séminaire pour $50, M. Fry pour $50. Sur ces entrefaites arriva au
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de Montréal ; elle était envoyée par le Dr.
Picault,vice-consul, et elle renfermait $1.500.12. Puis se succédèrent pendant la même semaine celle du vice-consul de France à Halifax, montant $297.374 dont $200 données par le viceconsul Cunard et $50 par l'archevêque ; celle de l'agence consulaire de France à Saint-Jean du Nouveau-Brunswick, montant $295 : celle de l'agence consulaire de Toronto, montant $200. A son tour M. G. C. Dessaulles, président du comité de souscription de la ville de Saint-Hyacinthe versait $279.46. Une troisième liste de Québec renfermait la somme de $597.75. Ce fut au moment où elle arrivait au consulat que M. Gauthier me proposa de rédiger la circulaire suivante adressée au clergé de la Province :