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CAIS BLESSÉS

Québec, septembre 1870.

Monsieur l’Abbé,

Les populations Canadienne-Française et Irlandaise des grandes villes du Canada ont voulu présenter un témoignage de leurs sympathies envers les soldats Français de terre et

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de mer, qui ont été blessés, ainsi qu'aux veuves et orphelins de ceux qui succombent, mainte-

nant, dans la guerre entre la France et la:

Prusse. Des comités se sont formés, des listes:

de souscription sont ouvertes. Bientôt j'aurai, je l'espère, la satisfaction de pouvoir expédier à Paris, un premier envoi d'argent au comité principal, chargé de distribuer les secours.

Ces preuves de bon souvenir et d’inaltérable dévouement que conservent les Canadiens- Français pour la patrie de leur origine, sont véritablement touchantes ; elles auront du

retentissement au fond de tout cœur français, et la terre de souvenance se les rappellera long-

temps.

Malgré les souffrances, les incendies, le manque de travail qui pèsent sur le Canada, je croi-

rais manquer une magnifique occasion d'hono--

rer cés sentiments et d'affirmer l’ardent patriotisme de vos paroissiens, si je ne venais vous prier, avec l’assentiment de l’Archevêché, de les associer à la grande et belle œuvre qui s’accomplit maintenant, partout où pense et prie une âme française.

Veuillez donc, Monsieur le Curé, au nom des:

blessés glorieux, au nom des veuves et des.

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orphelins que laissent derrière eux les morts héroïques de la patrie, faire dans votre paroisse une tournée à domicile. Les gros sous du pauvre figureront tout aussi noblement que les dollars du riche à ce rendez-vous de l'humanité et de la charité chrétienne.

Joignez-y vos prières, monsieur le Curé, et puisse Dieu protéger la France.

J'ai l'honneur d’être, Monsieur l'Abbé,

Votre très-obéissant serviteur (Signé) FRED. GAUTIER.

Consul général de France, Président du Comité de

Souscription en faveur des soldats Français blessés.

À Monsieur le Curé—

P. S.—Quand vous m'adresserez le produit de votre quête, joignez-y, je vous prie, les noms des personnes qui auront donné.

Cette circulaire ne tarda pas à produire son effet. Bientôt l’'obole du pauvre, du colon, du travailleur des champs, du bucheron, s’achemina vers le Consulat générai. Parmi mes notes de l’époque je relève ces souscriptions. Quelques-unes sont minimes : tout de même, elles

si: GE dé:

prouve le bon sentiment des pauvres qui don-

. naient : c'était un sou quelque fois, mais ils le ve donnaient de tout cœur.

u es Paroisse de Charlesbourg ............... $ 29 00 té — Saint Jean d’Eschaillons..... 25 00 — Frampton ................. 8 25 — Ste Catherine de Fossambault. 3 00 et — Ancienne Jorette........... 80 00 — Sainte Marguerite.......... 40 20 — Lambhton...........,....... 3 60 — Saint Anselme............. 15 00 -— Chicoutimi................. 18 00 — Saint Félix du Cap Rouge.... 17 60 — Saint Patrice du Cap Breton.. 45 00 2. — Saint Augustin ............. 58 28 le Cette dernière paroisse venait de perdre lexsés. soixante maisons brûlées dans un incendie ! Ces petites sommes représentaient bien des i sueurs.

it de [| Chez nous la terre est rude à l’homme. Pour 4 oms : NAS é * s | souscrire ainsi, il faut faire faire bien des tours à sa charrue ; il faut donner bien des coups de l — hache dans la forêt, Qu’importaient ces heures * u du de pénible travail à nos paysans, à nos habi- Î re tants ? Elles n'étaient pas perdues. Il s’agis- | Lee sait de la France, et ils mettaient ce que leur À

honorable pauvreté leur permettait de donner. À

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