‹ La question du Latin. -- (volume 2)Chapitre 19 sur 55 · AVANT-PROPOS VU · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS VU

Quoique je ne fusse alors qu'un écolier sur les bancs de cette Université si cruellement persécutée, en ces temps sombres et louches, pour son attachement à la société issue de la Révolution et pour sa fidélité aux idées libérales, j'eus la notion très nette de ce qu'il y a de vraiment rénovateur dans cette conception de l'esprit qui ramène toute la démocratie à l'éducation du peuple. Plus tard, des études approfondies et renouvelées à diverses reprises m'ont appris que telle est bien au fond la doctrine fondamentale de la Révolution, qui a prétendu instituer une France nouvelle, en formant des citoyens avec des hommes parvenus par l'éducation à leur plein et complet développement; et enfin, depuis vingt ans que nous sommes en pleine démocratie — car nous étions déjà maîtres de l'opinion dans les dernières années du second empire, — tout ce qui est arrivé en France comme en Europe, tout ce que nous avons fait chez nous, tout ce que nous avons pu observer chez les autres, nos revers, nos fautes, nos succès, nos erreurs, tout démontre que la démocratie dans tous les pays est dans la plus étroite dépendance de sa propre éducation, qu'elle avance ou qu'elle rétrograde suivant que ses lumières s'accroissent ou diminuent, et qu'elle n'a de chances sérieuses d'asseoir définitivement son règne qu'en apprenant à s'éclairer, c'est-à-dire à se modérer et à se régler.

Il est donc bien vrai de dire que démocratie c'est démopédie, éducation du peuple.

Et comme P.-J. Proudhon parlait de cette éducation à entreprendre comme de la tâche toute spéciale qui incomberait un jour à ceux des Français qui auraient à cœur de relever leur pays de la chute profonde qu'il venait de faire par ignorance encore plus que par timidité, il s'est trouvé que, du premier coup et dès que

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