‹ La question du Latin. -- (volume 2)Chapitre 21 sur 55 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

cher pour la répandre. C'est par là que nous n'avons jamais désespéré de l'avenir de notre cause, de l'avenir de cette démocratie républicaine dont nous nous sentions les fils et au service de laquelle nous avions dévoué notre vie.

Unis par la plus tendre et la plus fidèle des amitiés, rapprochés par l'âge, par les études communes, par les travaux quotidiens et le mutuel échange de nos opinions, nous nous trouvions surtout d'accord sur le point essentiel et capital de la politique républicaine : je veux parler de la nécessité impérieuse de rattacher à la cause de la République les foules innombrables de Français que la révolution de 1789 a fait citoyens et propriétaires du sol, que la révolution de 1848 a fait électeurs participant, par l'exercice de leur souveraineté, au gouvernement de leur pays, et qui, maintenant que les institutions politiques sont fondées et que la démocratie a pris la haute responsabilité des destinées de la patrie, doivent mettre au-dessus de tout l'accomplissement de leurs devoirs envers la France. Quand nous sommes entrés dans la carrière, la République venait d'être assassinée ; le silence et la consternation régnaient partout; les meilleurs citoyens étaient proscrits, déportés; les hommes indépendants étaient traqués, poursuivis, réduits à se cacher et à se taire; le despotisme régnait sans contrôle; il semblait que tout fût terminé à jamais pour notre cause. Une seule institution nous restait, le suffrage universel. Mais le suffrage universel lui-même semblait se prononcer en faveur de cette dictature militaire et administrative qui s'était établie sur les ruines des institutions républicaines. Même dans ces temps mauvais, il y eut en France des hommes — nous en étions avec toute l'ardeur d'une foi qui ne s'est jamais démentie — qui ne désespéré-

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