‹ La question du Latin. -- (volume 2)Chapitre 25 sur 55 · AVANT-PROPOS XIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XIII

entendu que lorsqu'en France un citoyen est né, il est né un soldat, et que quiconque se dérobe à ce double devoir d'instruction civile et militaire soit impitoyablement privé de ses droits de citoyen et d'électeur. Faisons entrer dans l'âme des générations actuelles et de celles qui vont naître, la pensée que (juiconque, dans une société démocratique, n'est pas apte à prendre sa part de ses douleurs et de ses épreuves, n'est pas digne de prendre part à son gouvernement.

(( Faisons appel aux savants; qu'ils prennent l'initiative : c'est eux qui doivent hâter le plus puissamment notre restauration nationale. Mais si nous voulons que cette augmentation soit rapide, il ne faut plus se défier des intelligences à peine éveillées; il ne faut pas craindre de distribuer dans les collèges et les écoles la vérité tout entière. Ce sont les vérités supérieures de la science et de la raison qui saisissent le mieux les jeunes intelligences

(( Ces opinions ne m'appartiennent point en propre. Elles sont familières à tous les penseurs, à tous les patriotes. Le propre de la politique est de s'emparer de ces idées essentiellement justes et de les fixer dans les lois. Oh! les politiques qui inventeraient, qui auraient la prétention de faire des choses inopinées, imprévues, ne seraient pas des politiques ! Qu'il y a d'années que l'ignorance est combattue, et qu'elle est encore épaisse et terrible! Nous offrons au monde ce spectacle d'avoir été le peuple qui a le premier revendiqué les droits de la raison, et nous en sommes réduits à ne la point enseigner, à ne la point pratiquer pour notre compte. »

Ces grandes et fortes paroles, empreintes de tant d'esprit politique, et d'une si haute portée sociale, ont été entendues. Le discours de Bordeaux a été pendant

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