‹ La question du Latin. -- (volume 2)Chapitre 26 sur 55 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

ptés de dix ans le programme d'action du parti républicain. C'est l'honneur de la troisième République d'avoir enfin mis à la base de nos institutions nouvelles tout un système complet d'instruction populaire, édifié sur la triple base de l'obligation, de la gratuité et de la sécularisation de l'enseignement. L'école a été séparée de l'église. Elle est devenue une institution d'État. Cette réforme décrétée par les lois doit maintenant passer dans les mœurs; il y faudra un long temps, et c'est de persévérance que la démocratie républicaine doit rester armée, pour lutter avec succès contre les efforts acharnés de la réaction. Il est de mode aujourd'hui de demander aux républicains ce que leur gouvernement, a fait, depuis qu'il existe : n'eût-il fait que la réforme de l'enseignement populaire, 11 aurait travaillé pour les générations de l'avenir plus utilement que tous les régimes monarchiques qui aiment tant à se vanter de leur prévoyance et de leur sagesse. Quant au présent, la République a maintenu l'ordre au sein de la liberté, et d'une liberté qui dépasse tout ce que les plus exigeants des Français pouvaient attendre, à ce point même qu'elle effraye les plus anciens et les plus fermes libéraux. N'est-ce rien que cela, sans parler de la réparation de nos forces matérielles que l'on sent dès à présent assez complète pour que la France, rendue presque complètement à ellemême, n'ait plus rien à craindre pour son honneur et sa sécurité?

Mais la question de l'éducation n'en demeure pas moins la plus importante de toutes, et plus la République ira, poussant ses plus profondes racines dans notre vieux sol monarchique, plus l'éducation morale et civique des hommes appelés par le suffrage universel à exercer leur souveraineté politique devra croître avec

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