‹ La question du Latin. -- (volume 2)Chapitre 30 sur 55 · AVANT-PROPOS XIX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XIX

tinu et rétléchi des prétentions individuelles qu'un grand peuple peut arriver à la prospérité, à la grandeur, à la liberté qui est la force, à l'égalité qui est la gloire des démocraties.

Tous les problèmes politiques et sociaux convergent ainsi pour aboutir au problème supérieur de l'éducation du peuple, et P.-J. Proudhon avait raison d'écrire que démocratie c'est démopédie.

C'est pénétré de ces idées que j'ai été appelé, à la fin de mai 1887, après une longue crise ministérielle, à prendre part au gouvernement général du pays, en qualité de ministre de l'instruction publique, dans le cabinet présidé par M. Rouvier. Antérieurement à cette date, dans mes onze années de vie parlementaire, j'avais pris une part active à l'élaboration et à la discussion des lois d'enseignement. Rapporteur de la loi sur la collation des grades, j'avais contribué à restituer à l'État une prérogative dont il n'aurait jamais dû se dépouiller. Rapporteur de la loi sur la liberté de l'enseignement supérieur, j'avais essayé, dans un travail approfondi, de démontrer la prééminence nécessaire des droits de l'État, qui personnifie la société laïque et qui peut seul présider à la diffusion de la science pure et désintéressée, enseignée en dehors et au-dessus de toutes les confessions religieuses. Dans l'ordre de l'enseignement primaire, j'avais fait partie de toutes les commissions qui ont aidé MM. Jules Ferry, Paul Bert et René Goblet dans la préparation des lois scolaires, tant attaquées par les ennemis de la République et qui demeurent, selon moi, ses meilleurs titres à l'affection fidèle et reconnaissante de la démocratie française. Après avoir énuméré tous ces titres, après avoir rappelé que, depuis dix ans, j'avais porté la parole de ville en ville, répondant à l'appel de mes concitoyens, dans

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