‹ La question du Latin. -- (volume 2)Chapitre 31 sur 55 · XX • AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XX • AVANT-PROPOS

des conférences populaires où je m'étais appliqué à exposer mes idées sur l'enseignement du peuple, peutêtre me sera-t-il permis de dire que je ne suis pas entré au ministère de l'instruction publique comme un étranger qui pénètre pour la première fois dans un atelier où l'on travaille à quelque ouvrage qui lui est inconnu.

Je ne dissimulerai pas les sentiments de fierté que j'ai éprouvés à me voir appelé à ce poste supérieur, qui est à mes yeux la plus éminente des fonctions poli" tiques dans une démocratie. Mais, en arrivant rue de Grenelle, je n'ai pas pensé qu'il fût de mon devoir de renoncer à mes opinions antérieures, non plus qu'aux moyens que j'avais employés jusqu'alors pour les faire connaître à mes concitoyens. J'ai cru au contraire qu'il m'était prescrit par ces opinions mêmes de faire servir à leur propagande la magistrature même dont j'étais revêtu. Le ministre de l'instruction publique est très souvent appelé, par les fonctions spéciales qu'il exerce, à prononcer des discours en dehors de l'enceinte des Chambres. Il ma paru que je devais profiter des occasions qui s'offraient à moi de parler sur l'éducation de la démocratie avec toute l'autorité qui s'attache aux paroles d'un membre du gouvernement. Les discours que j'ai prononcés et qui sont rassemblés dans ce recueil roulent tous, même ceux qui ont un caractère plus spécialement politique, sur cet important sujet de l'éducation, et c'est sans doute pour cette raison que la librairie Hachette a entrepris la publication de ce volume, qui fait suite à mes deux premières séries de Conférences populaires et qui s'adresse à tous les amis sincères de féducation du peuple.

J'ai toujours eu du ministère de l'instruction pubHque la plus haute idée. Un des hommes qui l'ont exercé le

Page 1