AVANT-PROPOS XXV
besoins d'une société nouvelle. Tout récemment elle a été honorée dans la personne de l'un de ses principaux maîtres, M. Gréard, vice-recteur de l'académie de Paris, qui, tout aussitôt, dans son discours de réception, lui a rapporté l'honneur, dans des paroles de louange aussi justes que délicates, auxquelles ont applaudi tous les lettrés, tous les bons citoyens, tous les pères de famille sensés et prévoyants.
« Issue, au commencement du siècle, de la reconstitution de la société civile, a dit M. Gréard à l'Académie française, l'Université en satisfait, comme elle en exprime, les besoins, la sage et ferme tolérance. Forte du bon sens public, elle ne s'incline ni devant ceux qui prétendirent un jour proscrire des écoles Homère et Virgile, ni devant ceux qui voudraient expurger les Fables de Lafontaine ou les Oraisons de Bossuet. Aux adversaires qui incriminent son esprit, elle répond comme elle a répondu de tout temps : par l'exemple de ses maîtres, qui, sous les yeux des familles, pratiquent le culte désintéressé de la science, la fidélité au devoir, la dignité de la vie; par sa discipline, qui, s'adressant à la raison, prépare dans l'enfant l'homme de son temps et de son pays ; par son enseignement enfin, qui, puisé aux sources les plus hautes, nourri des doctrines de Platon et d'Aristote, de Descartes et de Leibnitz, maintient les franchises de l'intelligence humaine, mais respecte les consciences et n'a jamais admis que la liberté de croire ne fît pas partie de la liberté de penser. »
Il n'y a qu'à souscrire à des éloges si vrais et si mérités, et c'est assez dans la vie d'un homme public que d'avoir figuré un instant à la tête d'une telle association d'hommes dont la vie est tout entière consacrée aux plus nobles comme aux plus ingrats labeurs. Mais