‹ La question du Latin. -- (volume 2)Chapitre 35 sur 55 · XXVI AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXVI AYANT-PROPOS

je n'ai pas voulu me contenter d'y figurer comme ministre : j'ai pris ma fonction au sens propre du mot; j'ai tenu à être le premier instituteur de la nation, et je me suis adressé à mon parti, à cette démocratie républicaine, faisant appel, moi aussi, à sa raison, au sentiment de sa dignité, à cette grande idée du devoir qu'il est temps de rappeler à cette démocratie exposée à tant de flatteries et de bassesses et qui ne se relèvera que par l'amour du pays et de la vérité.

Ce livre est donc bien un livre d'éducation, et je puis l'ofl'rir à tous ceux de mes coreligionnaires politiques qui n'ont cessé, depuis mon entrée dans le journalisme militant et dans la vie parlementaire, de me soutenir de leur estime et de m'honorer de leur affection. C'est la suite de la même œuvre, l'éducation , de la démocratie. Je n'ai pas pensé que ce fût abaisser la fonction de ministre que de la faire tourner à l'avantage intellectuel et moral du parti dans lequel je suis né et pour lequel je travaille depuis trente ans. Je me suis souvenu d'ailleurs de ces paroles de l'Américain Horace Mann, un des hommes du Nouveau-Monde qui ont le mieux compris les bienfaits de l'éducation générale dans une société républicaine :

« Le premier devoir de nos magistrats, dit Horace Mann, et des chefs de notre République, c'est de tout subordonner à cet intérêt suprême. Dans nos pays et de nos jours, nul n'est digne du titre honoré d'homme d'État, si l'éducation pratique du peuple n'a la première place dans son programme. Un homme peut être éloquent, connaître à fond l'histoire, la diplomatie, la jurisprudence, cela suffit ailleurs pour prétendre au rang élevé d'homme d'État; mais si ses paroles, ses projets, ses efforts ne sont pas toujours et partout consacrés à l'éducation du peuple, il n'est

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