OBSÈQUES DE M. DE RONCHAED
(2 août)
Messieurs,
Je n'élève pas la voix devant le cercueil de M. de Ronchaud, à cette heure cruelle de la séparation définitive, uniquement pour accomplir un des devoirs de ma charge et pour dire adieu en votre nom à l'un des chefs les plus éminents de l'administration des beauxarts.
Ayant eu l'honneur et le bonheur de connaître cet homme supérieur à tant de titres, je voudrais, avant de le quitter pour toujours, essayer de dire ce que fut M. de Ronchaud pour tous ceux qui ont pu jeter un regard dans l'intimité de cette vie toute consacrée au culte des plus nobles sentiments comme des plus grandes idées, à la recherche de la vérité dans la poésie comme dans l'art, à l'adoration de la beauté.
Né dans le Jura et sur les hauteurs, c'est l'air pur des montagnes qui a dilaté son cœur, et c'est à la contemplation des sommets qui se confondent avec les cieux qu'il devait l'élévation de son âme.
Il était d'origine royaliste, mais une partie de son éducation se fit à Genève, en sorte qu'il commença de