‹ La question du Latin. -- (volume 2)Chapitre 50 sur 55 · VISITE AL LYCÉE DE JEUNES FILLES A GRENOBLE · texte numérisé non relu

VISITE AL LYCÉE DE JEUNES FILLES A GRENOBLE

(7 octobre)

MiilSDAMKS,

C'est une agréable surprise pour moi que de vous trouver ici réunies en aussi grand n mbre.

Avant-hier, passant dans votre ville, pour me rendre à Digne, j'ai reçu M. le maire et M. le recteur, et ces messieurs m'ont demandé de venir visiter votre lycée. Ils sont, l'un et Tautre, si dévoués à l'enseignement public, que la pensée leur est venue de me mettre en présence de tout le personnel, qui distribue l'instruction aux enfants de Grenoble. Je les remercie beaucoup d'avoir eu cette gracieuse attention. Je suis en effet très heureux de me rencontrer avec tant de personnes qui ont consacré leur vie à la grande œuvre nationale à la tête de laquelle je me trouve aujourd'hui placé.

Messieurs du conseil municipal, vous devez être bien fiers de pouvoir présenter à un ministre de l'instruction publique un personnel de la valeur et du mérite de celui qui a été réuni tant au nouveau lycée que dans cette maison. Le nombre et l'importance de ce. personnel, le savoir et la distinction de ses membres, parlent hautement pour vous et témoignent de votre

zèle éclairé, de votre administration aussi sage que dévouée. Acceptez à ce titre l'expression cordiale et sincère de la reconnaissance du gouvernement de la République, que je représente en ce moment.

Quant à vous, mesdames, si vous pouviez garder de cette courte visite le souvenir que j'en emporterai moimême, et permettez-moi de le dire, si vous pouviez vous rendre compte de ce qu'il y a de profondément encourageant pour ceux qui travaillent sans relâche et de toutes leurs forces à l'éducation populaire, à être mis en face de résultats comme ceux que nous venons de constater, il me semble que votre zèle déjà si grand et si louable en serait encore plus excité.

Nous sommes ici quelques-uns, mes deux amis Edouard et Aristide Rey en particulier, celui qui est à la tête de votre administration municipale comme celui qui représente votre département, qui sommes de très vieux amis de l'instruction populaire. Tous les trois, nous appartenons à ce groupe d'hommes qui, dans le parti républicain, ont voulu de tout temps que la République devînt non seulement le gouvernement politique du pays, mais l'agent d'une grande transformation sociale, et nous avons toujours pensé que c'est par la réforme profonde, complète, définitive de l'enseignement populaire que cette transformation devrait être poursuivie et serait finalement atteinte. Au premier rang de nos préocccupations, de nos désirs et de nos ambitions, nous avons placé de tout temps l'enseignement des femmes.

L'enseignement des femmes! C'est à peine s'il en a été question à partir de 1833, car c'est la loi de 1833, la loi de M. Guizot, qui en a parlé la première dans notre pays. Aussi la troisième République n'eût-elle fait que jeter les bases de cet enseignement et que poser des pierres d'assises, qu'à ce titre seul elle se distinguerait de tous les gouvernements qui l'ont précédée;

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