TABLEAU GÉOGRAPHIQUE DE LA SYRIE ET DU LIBAN XIX
ville d'Antioche, l'Antaqieh des Turcs La percée des chaînes côtières est difficile ; le Iravail d'érosion n'a pas encore équilibré le lit du fleuve, barré d'écueils, de rochers. Le Nahr-el- Assy descend en cascades vers le littoral, après avoir été grossi par des affluents qui lui viennent du nord, de la Petite- Arménie. C'est une rivière importante, la grande artère de la Oœlésyrie septentrionale ; elle recueille de nombreuses sources et des ruisseaux qui coulent des flancs du Liban et de l' Anti-Liban vers la plaine centrale. Elle n'est guère utilisée pour la navigation fluviale, bien que son débit soit suffisant. De grands travaux de correction seraient nécessaires pour en faire une bonne voie navigable. Mais elle est le grand réservoir d'eau pour l'irrigation de la vallée ; c'est à elle et au Nahr-el-Litani que la Cœlésyrie, la Bekaa doit sa grande fertilité. Ce sont les véritables sources de la vie de cette région privilégiée.
Le Nahr-el-Litani % le Léontès des anciens est, comme l'Oronte, un assez grand fleuve venant également du seuil de Baalbek. Sa source principale jaillit dans une gorge de l' An ti- Liban, à 25 kilomètres environ au sud de Baalbek. Gonflé par mille ruisseaux qui lui viennent du Liban et de l'Anti-Liban, il a bientôt un débit moyen de 142 mètres cubes à la minute. Après avoir coulé, dans son cours supérieur, dans la direction du sud, sud-ouest, drainant toute la partie méridionale de la Békaà, il se jette brusquement à l'oues et s'engage dans une faille transversale pour traverser le Liban. Son cours, dans cette partie, est des plus pittoresque. Le fleuve coule dans un canyon dont les précipices ont souvent plus de 300 mètres de hauteur. De nombreuses écluses resserrent et entravent son lit ; les sommets des rochers sont parfois couronnés de châteaux forts, venant du moyen-âge, comme celui de Beaufort.
A la sortie du Liban, le Nahr-el-Litani prend le nom de Nahr-el-Kasimiyeh, ou t fleuve de la séparation ». Il se jette dans la Méditerranée à sept kilomètres environ au nord de la ville de Tyr.
Pas plus que le Nahr-el-Assy, le Nahr-el-Litani ne peut être utilisé pour une navigation fluviale importante, è moins de travaux considérables ; mais, comme lui, par un débit qui ne tarit pas pendant la saison sèche et qui, pendant la plus grande partie de Tannée, est important, il alimente les puits,