XX INTRODUCTION
les canaux et les conduites d'irrigations auxquelles la Békaà doit sa grande fertilité.
Le Jourdain n'intéresse la région libanaise que dans son cours supérieur, dans le mont Hermon, où d'abondantes fontaines assurent à ses sources un débit permanent. Près de Hasbeya, par une puissante fontaine, une d'elles, le Nahr-el-Hasbani9 s'échappe versle sud. La source orientale, la plus fameuse, mais non la plus abondante, naît dans la gorge de Banias. Le Jourdain longe la pente occidentale du Mont Hermon, arrosant la partie la plus méridionale de la Békaà, parallèlement au Nahr-el-Liiani% puis se dirige en ligne droite vers le sud pour s'enfoncer dans la Palestine et dans le Ghôr et aboutir à la mer Morte.
Les rivières et torrents qui descendent de l'Anti-Liban et du mont Hermon vers Test et le sud -est, se perdent dans le désert ; leurs eaux s'évaporent ; ils cessent de couler, ou bien ils se jettent dans des marais et des lacs du désert .
Parmi les ouadis, un seul a une grande importance : c'est le Barada, la « rivière de Damas », l'ancien Chrysorrhoas ou « coulée d'or » des Grecs ; ses deux sources prennent naissance, l'une à l'est, l'autre à l'ouest du Djebcl-cl-Zeddani,h*ul sommet de l'Anti-Liban. Le Barada coule d'abord dans un canyon très profond, dont les parois cachent souvent ses eaux. Sitôt entré en plaine, il se divise en de nombreux canaux d'irrigation qui « versent des richesses dans la campagne, assiégée au loin par le désert » (1). A l'est, le fleuve, de nouveau réuni, se perd dans des marais.
En somme, les cours d'eau ne manquent pas dans le Liban ; ils pourraient donner à la terre fertile, mais desséchée, l'humidité et la vie. Si, pendant l'été, ils sont souvent taris, cela tient au déboisement de la montagne, Mais, pendant l'hiver, il y a des réserves d'eau suffisantes pour répandre, par une savante irrigation, la fraîcheur et la richesse à travers toute la région.
Flore et faune. — La flore du Liban et de la Syrie est déterminée par le climat. Le caractère de transition de la région s'y marque également. On passe de la végétation méditerranéenne à celle des pays désertiques et des régions fores-
(1) Elisée Reclus, op. cit., II, p. 38.