XVI|I INTRODUCTION
ne reparaître que sur le versant occidental (1) ; son lit est presque à sec vers la fin de Tété ; mais, à la suite de la fonte des neiges, les eaux abondent et forment à sa source un lac intermittent, le lac Yamounah (2).
Les sources qui reparaissent ainsi sur le versant occidental, après un parcours souterrain, forment le plus souvent des cirques grandioses et des cascades merveilleuses ; la plus fameuse et la plus abondante, la Magarah ou Caverne d Apheca, se développe dans la haute vallée d'Afka. C'est la fontaine Vaucluse du Liban, un des sites les plus grandioses de la Syrie. Elle est entourée d'un vaste amphithéâtre de rochers de 600 à 700 mètres de hauteur; leur muraille blanche est ceinte jusqu'au sommet d'hémicycles de verdure. D'une caverne large et haute de 6 mètres s'échappe l'eau cristalline et descend en cascades brillantes très régulières.
Le Nahr-el-Kelb%ou « Fleuve du Chien »,le Lycus ou« Fleuve du Loup » des anciens, se jette dans la mer au nord de la ville de Beyrouth, qu'il alimente de ses eaux. Beyrouth même est traversée parla rivière de Beyrouth, le Nahr- Beyrouth.
Les fleuves les plus importants cependant sont le Nalw-el- A 88 y, le Nahr-el-Litani, le Jourdain et le Barada. Us forment ensemble une croix ; le Nahr-el-Àssy et le Jourdain en sont le tronc, le Nahr el-Litani et le Barada les branches.
Le Nahr-el-Assy « (fleuve rebelle) », l'Oronte des anciens, naît sur les flancs occidentaux de l'Anti-Liban, un peu au nord de Baalbeck, dans la contrée où se trouvent également les sources du Nahr-el-Litani. 11 coule d'abord dans une vallée encaissée, puis pénètre dans la Cœlésyrie où il devient marécageux. En arrivant à Homs, il forme un lac assez vaste, de plus de 50 kilomètres carrés, le lac d'Homs (Bahr-el-Kalini)i entouré d'une plaine basse, souvent recouverte d'eau. Plus au nord, de nombreux marécages riverains marquent les traces d un deuxième lac, aujourd'hui disparu. Le fleuve tourne ensuite les contreforts du mont Cassim et des monts Ansarieh, traverse la célèbre et pittoresque
(i) Il se teint de rouge encore au printemps, à l'époque où Ton pleurait jadis la mort du symbolique favori de Vénus (V. £1. Reclus, L'homme et la terre, t. II, p. 47).
(2) Dans les eaux souterraines de cette région, vit un poisson mi* nuscule, le phocninollus Libani.