‹ La question du LibanChapitre 120 sur 124 · S 5. — TRAVAUX PUBLICS · texte numérisé non relu

S 5. — TRAVAUX PUBLICS

l'adjudicataire, le service des prestations. Les travaux sont exécutés sous la surveillance du service des ponts et chaussées ; les routes et les ponts ne sont livrés au public et l'adjudicataire n'est délié de ses engagements et payé, qu'après de nombreux et méticuleux essais faits par les ingénieurs pour constater la solidité et la bonne exécution des constructions. L'adjudicataire est responsable pécuniairement de toutes les fautes commises dans 1 exécution des travaux. Le môme système est employé pour l'entretien, les réparations, les rechargements généraux des roules, des ponts et desponceaux.

Les routes, 1res bonnes et bien entretenues sont des chaussées macadamisées. Les matériaux de construction sont pris sur place, à l'exception du ciment et de la chaux hydraulique importés de l'étranger (1). Grâce à ces vigilenls et derniers gouverneurs, le Liban, aujourd'hui, malgré les grandes difficultés topographiques qu'il y avait à vaincre, possède un des meilleurs réseaux de roules de toute la Syrie.

En outre, Naoum-Pacha commença dans le Liban l'établissement d'un réseau de voies ferrées. Une entente fut conclue entre lui, les valisde Beyrouth et de Damas et la Porte, pour la construction d'une voie ferrée entre Beyrouth et Damas, la grande ville commerciale et industrielle du centre syrien. La province du Liban prenait à sa charge la construction de la voie dans l'intérieur de ses frontières et recevait un subside pour l'exécution des grands travaux d'art nécessaires pour la traversée de la chaîne. Les travaux furent donnés en adjudication à une Compagnie française, la Société de chemin de fer ottoman économique de Beyrouth-Damas-Haourân.

Cette société absorba par un contrat la Compagnie de la route de Beyrouth à Damas qui se déclara dissoute, le 2 juillet 1892, et faisait remonter cette résolution pour tous ses effets au 41 octobre 1891 inclus. — La construction de la ligne fut confiée à la Société des Batignoltest de Paris. Les travaux furent commencés le 8 décembre 1892, pour le tronçon Beyrouth-Damas, et achevés en moins de deux ans, malgré les

(1) Les pierres, les cailloux, la terre, la chaux grasse proviennent de la région même où Ton construit. Les murs de soutènement, les piliers, les voûtes sont bâtis en grès durs, en pierres calcaires, en meulières, extraites des carrières de la montagne. Les routes sont empierrées avec du silex et du quartz.

difficultés considérables qu'il fallait vaincre dans la haule Montagne. La ligne passe, en effet, à travers une des contrées les plus arides et les plus stériles du Liban. De grands travaux d'art ont été nécessaires, des viaducs et des ponts, à travers les torrents, les crevasses et les vallons ; il a fallu protéger la voie contre les éboulements, creuser les tunnels, faire d'immenses travaux de soutènement. La science des ingénieurs français sut vaincre toutes les difficultés et élever quelques-uns des travaux d'art qui font le plus honneur è l'homme.

L'inauguration de cette ligne eut Heu- en grande pompe, le Ier mars 1894, et son exploitation commença aussitôt. La ligne de Damas à M'zérib fut inaugurée le 22 juiilet 1894. Elle sera prolongée jusqu'à La Mecque, pour le transport des pèlerins. En 1899,1e « Syrian Ottoman railway ««allant de Haïflfa et de Saint-Jean d'Acre au lac de Tibériade, construit par les soins d'une Société anglaise, a été livré à la circulation. La prolongation de cette ligne sur Damas est en voie de construction. Enfin, en 1902, a été inaugurée la grande voie qui quitte à Rayak la ligne de Beyrouth à Damas, traverse la Békaft du sud au nord, en passant par Baâlbeck, Homs et Hamah, jusqu'à Alep (1).

Naoum-Pacha et son successeur, Muszaffer-Pacha ont compris aussi la nécessité d'un chemin de fer local et régional et de tramways. On songea tout d'abord à réunir par un chemin de fer sur route, par une ligne de tramways, les principaux points du littoral où aboutissent les grandes routes, les principales artères qui sillonnent la Montagne. En 1891, cette ligne de tramways, devant aller de Sayda à Tripoli, avec un parcours de cent-quinze kilomètres, a été concédée à un indigène, M. Khadra. On a achevé d'abord le tronçon de Beyrouth

(1) V. Cuinet, op. cit., p. 43, 360, 605 et s. — Cette voie sera prolongée jusqu'à Biredjik sur YEuphrate, où elle rejoindra la ligne de Konie h- Bagdad. De plus, le raccordement des chemins de fer de la Syrie centrale à ceux de la province de Jérusalem et principalement à la ligne de Jafîa-Jérusalem va être également réalisé. Une autre -grande voie semble nécessaire, allant de Sayda à Damât par Djezzin, Hnsbeya et Racheya, avec un embranchement à Racheya vers le lac de Tibériade, par le Ghôr, et un deuxième embranchement vers la ligne de ATzerib, par Kataa. Quelques tronçons de ces lignes existent déjà aujourd'hui.

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