TRAVAUX. PUBLICS
à Maamelteïn. La continuation au Nord jusqu'à Tripoli, par Djébaïl-Batroun offre de plus grandes difficultés ; il a fallu d'abord construire une bonne route carrossable. Il en a été de môme pour le tronçon de Sayda à Beyrouth (environ quarantecinq kilomètres).Mais, grâce à l'appui de capitalistes étrangers et d'ingénieurs français, les principales difficultés ont pu être vaincues, et bientôt cette importante ligne locale, presque complètement libanaise, sera livrée à la circulation, sur tout son parcours.
Cependant, la construction de nouvelles voies ferrées est nécessaire pour développer la prospérité économique du Liban II faudrait établir une ligne de Djounieh et de Ghazir à travers le Kesrouan et la prolonger par dessus la chaîne jusqu'au nord de la Békaâ où elle rejoindrait la grande voie longitudinale de Hama-Homs-Baâlbek-Rayak. Une autre ligne, dans le sud, partirait de Reyrouth pour rejoindre par Djezzin, Merdj-Ayoun et Safed le réseau du « Syrian Ottoman railway ». Ainsi, le réseau des chemins de fer syriens deviendrait complet et serait relié à la grande voie de Konieh-Bagdad.
Une ligne s'impose également le long de la côte, reliant tous les ports de Jaffa à Alexandrette.
Les chemins de fer locaux et les tramways doivent être développés également dans le Liban II faudrait que chaque route carrossable ait son tramway. Les frais d'établissement et d'entretien peuvent être réduits par l'emploi de la houille blanche et de la traction électrique, qui s'impose d'autant plus que la fumée noire du charbon employé dans la traction à vapeur endommagerait les mûriers, la grande richesse du pays. Des tramways partiraient de Djébaïleide Batroun vers l'intérieur, passeraient à Toula* Douma, Edhen, Amioiin, Tannourîn, Becharry, Lahfed et à Akoura, et relieraient tous ces points de l'intérieur à la côte.
Le petit port de Djounieh profilerait considérablement du mouvement ainsi créé. Même la création d'une ligne de tramways serait très utile, s'appuyant à Baabda sur la grande voie de Beyrouth Damas, et longeant ensuite la crête à flanc de coteau du sud au nord, jusqu'à Zgarla et ses environs, avec des embranchements sur Ghazir et Djounieh.
Enfin, il faudrait établir un tramway de Béit ed-Din à Beyrouth par Déïr-el'Kamar, et un autre s'appuyant sur la grande
voie Terrée à Baabda et allant vers le sud à D&r-el-Kamar, Baaklin, et Djezzin.
Dix ans suffiraient pour tous ces travaux. Certes, pour certaines de ces voies, les frais seraient élevés, notamment pour la ligne qui, de Ghazir, traverserait la crête du Liban pour desservir le nord de la Békaft. Mais les chemins de Ter amèneraient une telle augmentation du trafic et une telle prospérité dans les régions desservies que les capitaux engagés dans leur construction donneraient de beaux bénéfices. A une condition seulement, que le régime politique et économique désastreux qui pèse actuellement sur la Syrie et sur son arrière-pays fût profondément réformé, ainsi que nous le verrons aux chapitres suivants.