‹ La question du LibanChapitre 18 sur 124 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l'émir béchir le grand.

Les premières années de son gouvernement.

Béchir était né h Gazir,le 6 janvier 1767. Son père Kassim, converti au christianisme par le prêtre Mikhael Fâdel, qui devait plus tard être nommé patriarche, le fit baptiser (1). Son éducation fut négligée. Son père était mort quelques mois après sa naissance, et sa mère s'était remariée. Le maronite Mansûr Chidiâq l'éleva et lui apprit à lire et à écrire.

Dès son enfance, Béchir révéla son goût de l'action et son habileté. A peine âgé de treize ans, il quitta le toit paternel pour aller chercher fortune, avec une chur^e de chameau qui constituait alors tout son patrimoine. Il loua une chaumière à Béil-ed-Dtn, se rapprocha des émirs Chéhab, dont la plupart résidaient à Déirel-Kamar, et fut accueilli avec bienveillance. Il prit part à leurs querelles intestines et ne tarda pas à se distinguer par des qualités éminentes d'homme d'Etat.

On raconte qu'en 1788, l'émir Yousof, affaibli par l'âge et la maladie, ne put se rendre auprès de Djezzâr-Pacha, à Saint- Jean-d Acre, pour y recevoir l'investiture. 11 eut recours alors à une ruse II abdiqua, pour la forme, en faveur de Béchir, son neveu, l'envoya à Saint-Jean-d'Acre, et demanda l'investiture pour lui Eu égard au jeune âge de Béchir, Ternir Yousof espérait gouverner en son nom et même reprendre effectivement le pouvoir. Mais l'émir Béchir révéla alors toute son énergie, sa ruse et son immense ambition II ne voulait pas consentir au rôle de fantoche auquel l'émir Yousof le destinait, mais prétendait gouverner lui-même, sitôt après avoir reçu l'investiture. L'émir Yousof fit appel au pacha, qui profila de celte querelle pour percevoir plusieurs fois la rançon de l'investiture. A la fin, il lit périr l'émir Yousof, sur la dé*

(1) Guys, op. cit., II, p. i'ô'S.

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