LA PHILANTHROPIE
Soit, nous dira-t-on, les affaires sont les affaires, et il n’est pas raisonnable d’espérer de ceux qui ont la possibilité d’acheter des immeubles et de les louer ou de les revendre avec de gros bénéfices, qu’ils renoncent à leurs profits. Mais il existe un certain nombre de personnes fortunées, des philanthropes, qui sont prêts à faire des sacrifices pour la question des habitations salubres et à bon marché, comme ils en font pour d’autres causes.
Sans doute. Ces sacrifices sont louables, et il ne faut point décourager ceux qui les font. C’est toujours autant. A Lausanne, nous avons vu qu’une centaine de mille francs ont été ainsi recueillis par la société « La Maison Ouvrière », au cours d'une dizaine d’années. C’est beau comme désintéressement, mais c’est à peu près nul comme effet sur la solution du problème, car c’est des millions qu’il faudrait. Or, si le désintéressement des classes riches ne va pas jusque-là, il n’existe pas de moyen de les obliger à être plus généreuses, et si ce moyen existait, on ne pourrait plus parler de philanthropie dès qu’il y aurait contrainte.