‹ La question du logement à LausanneChapitre 3 sur 15 · L’INFLUENCE DU LOGEMENT SUR LA SANTÉ ET SUR LA DURÉE DE LA VIE · texte numérisé non relu

L’INFLUENCE DU LOGEMENT SUR LA SANTÉ ET SUR LA DURÉE DE LA VIE

Grâce à la propagation générale des principes de l'hygiène, chacun sait maintenant quelle influence énorme le soleil et l’air exercent sur la santé.

Un logement qui manque de l'un et de l’autre et qui, par dessus le marché, est mal construit ou mal entretenu, expose inévitablement ses habitants à contracter les maladies les plus graves. Habiter un logement malsain équivaut pour quantités de gens, dont l’organisme n’est pas très résistant, à une condamnation à mort dans un délai rapproché.^

Le développement de l’industrie et du commerce, qui voue un nombre toujours plus considérable de personnes à un travail absolument sédentaire, et trop souvent malsain, augmente encore ce danger.

Ceux qui passent neuf heures, dix heures ou même davantage dans l’air vicié des bureaux, dans l’atmosphère plus viciée encore des ateliers et des usines, dans la poussière des chantiers, ou qui doivent rester exposés à toutes les intempéries, ceux surtout qui manipulent des subtances nocives et qui, leur journée finie, vont chercher le repos dans un logis qui n'offre pas le moindre confort, qui suinte parfois l’humidité et où manquent l'air pur et la lumière, ceux-là sont fatalement destinés à devenir la proie facile de tous les germes morbides. Et si une chose peut surprendre dans l’organisation actuelle de la société, c'est que des maladies comme la tuberculose par exemple ne fassent pas plus de victimes,

T^s statistiques démontrent que la mortalité est quatre, cinq et même six fois plus élevée dans les logements petits et défectueux que dans les logements vastes, bien éclairés et bien entretenus.

Cela ne tient évidemment pas uniquement à l’état des logements, mais aussi au genre de vie de ceux qui les habitent. Ce sont les personnes aisées et riches qui occupent les logements sains, et les personnes de situation très modeste ou pauvres qui occupent les logements malsains. Or, chacun sait que ces dernières personnes ont en général dans

la société les besognes les plus pénibles et les plus dangereuses. Elles sont donc déjà affaiblies de ce fait. Elles le sont ensuite du fait de la nourriture et du vêtement insuffisants ou défectueux, et enfin les conditions déplorables de l’habitation, venant s'ajouter à ces causes destructives de la vie, expliquent pourquoi l'on meurt quatre ou cinq fois plus chez les pauvres que chez les riches*

Cette immunité relative des riches à l’égard des maladies les porte à se désintéresser de la question du logement chez les classes moyennes et la classe pauvre. Ils ont tort, car c’est une injustice et c’est aussi une imprudence. Si loin que les riches se trouvent des pauvres, il existe cependant entre eux une certaine solidarité. La contagion suit des voies capricieuses et tel citoyen fortuné, qui ne se préoccupe pas de la façon dont vit son concitoyen pauvre, pourra parfaitement être atteint, ou l’un de ses proches, par le rayonnement d’un foyer d’infection qu’il ignore.

'Quant à la classe ouvrière, qu’elle n'agisse pas en faveur de l’amélioration du logement, c'est pure incurie de sa part.

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