L’INFLUENCE DU LOGEMENT SUR LE Dɬ VELOPPEMENT INTELLECTUEL ET MORAL
Involontairement, nous subissons les effets du milieu dans lequel nous vivons. Les choses et les circonstances nous pétrissent et nous forment sans que nous en ayons toujours conscience. Pour agir sur nous-mêmes, notre volonté doit agir sur les circonstances dont nous dépendons. L’habitation joue à ce point de vue un rôle important.
Lorsque le logement n’offre aucun confort, ou seulement un confort extrêmement réduit, il ne représente que l’aDri plus ou moins primitif pour dormir et manger.
La vie de famille ne peut alors se développer. Le foyer n’existe pas. Or, le foyer est dans la société le milieu le plus propice à l’élaboration des forces vives de l’homme.
Enfant il y reçoit, ineffaçables, les premières impressions et y contracte les premières habitudes. C'est là que la misère frappe sur lui sa plus terrible empreinte, ou que
le bien-être et les chaudes affections permettent à ses forces jeunes de s’épanouir.
Le foyer, quand il existe, est encore pour l’adolescent le refuge, lors des premières luttes, et pour l'adulte, le lieu où il peut se créer des plaisirs élevés ou se livrer au recueillement après les tempêtes de l’existence.
Quand le foyer n’est qu’un réduit malsain, chacun le fuit, les enfants pour la rue, le père pour le cabaret, ce salon du pauvre ; et si la femme y reste presque forcément attachée, à cause de ses travaux, c’est comme le forçat à sa chaîne.
Lire, écrire, faire de la musique, se livrer à de petits travaux d’agrément ou aux plaisirs de la conversation et de la discussion, recevoir des amis, sont choses impossibles dans un mauvais logis. Il ne faudrait point cependant se méprendre,, sur le sens de nos paroles. Nous ne prétendons pas qu’il suffise à l’homme de jouir d’un certain confort pour qu'il se développe harmonieusement en tous points. Il y a trop d’exemple du contraire. Mais, ce que nous affirmons, c'est que sans ce confort, il lui est difficile si ce n’est impossible de s’améliorer.
Cela nous paraît élémentaire et cependant on est loin d'en être généralement persuadé. Combien de personnes pour élever leurs semblables, se bornent à leur prêcher d'agir sur eux-mêmes. Certes, leurs efforts ne sont pas toujours vains ; mais ils seraient autrement féconds, si elles les invitaient aussi à agir sur les circonstances qui les entourent et qui réagissent puissamment sur l’être intérieur A