‹ La question du logement à LausanneChapitre 5 sur 15 · L’ENQUÊTE DE · texte numérisé non relu

L’ENQUÊTE DE

Le 24 avril 1893, le Conseil communal chargeait la Municipalité de procéder à une enquête sur les conditions du logement à Lausanne,

M. André Schnetzler, avocat, dirigea cette enquête qui se fit en 1894. Il en consigna les résultats dans un rapport remarquable et qui restera un modèle du genre.

Cette enquête, qui porta sur 6,990 logements, a démontré la pénurie des habitations à bon marché et l'insalubrité d’un certain nombre de logements.

A ce sujet, nous extrayons du rapport de M. Schnetzler les constatations suivantes, qui datent donc de près de vingt ans.

En 1894, le logement absorbait le quart du salaire de l’ouvrier. C’était exorbitant pour être mal logé. Un père de famille, après avoir prélevé une part aussi considérable sur son gain ne pouvait nourrir et vêtir convenablement les siens.

Le système de sous-location était poussé à l’extrême,

au détriment de la santé et de la moralité publiques.

Le 7,6 pour cent des appartements étaient humides, aussi, la mortalité était-elle considérable dans les quartiers pauvres. Les chiffres suivants sont caractéristiques :

La mortalité de 10 pour mille dans les quartiers riches s’élevait à 36 pour mille dans les quartiers pauvres. A Lausanne, on meurt donc près de quatre fois plus chez les pauvres que chez les riches.

Les logements ouvriers sont les plus chers. Voici, en effet, ce que révèle l’enquête :

Dans les dix plus grands logements, le prix moyen annuel du mètre carré est de fr. 8,42.

Dans les dix plus petits logements, le prix moyen annuel du mètre carré est de fr. 11.95,

Dans les dix plus grands logements, le prix moyen annuel du mètre cube est de fr. 2,96.

Dans les dix plus petits logements, le prix moyen annuel du mètre cube est de fr. 5,34,

Ce qui permet au rapporteur de dire : « les plus petits logements, dans lesquels les conditions hygiéniques sont les plus mauvaises, sont les plus chers ».

Le mètre cube d’air vicié coûte au pauvre deux fois plus cher que ne coûte au riche le mètre cube d’air pur. Il paie ainsi prix double pour avoir environ quatre fois plus de chances d’être tué par la maladie. Qui donc oserait après* cela prétendre que l’air et le soleil sont à tout le monde,.

Enfin*, dans un autre ordre d’idées, M. Schnetzler estimait que les tribunaux ne protègent pas suffisamment les locataires, et que la procédure en matière de baux à loyer est lente, compliquée et coûteuse.

Page 1