Projet de jonction de la Loire à la Manche
Les Conseils généraux et les Chambres de commerce des départements de rOrne, du Calvados, de Maine-et-Loire, de la Loire-Inférieure, de Tlndre-et-Loire, du Loir-et-Cher, dtt LoiretT du Cher, de la Nièvre, ont presque tous répondu favorablement à la question de savoir si cette jonction serait utile, posée par le Conseil général de la Sarthe en 1918. Deux tracés sont envisagés : par la Sarthe et TOme, ou par la Mayenne et rOme.
105. Amélioration du catial du RhOne au Rhin pàt le Doubs. — Des travaux sont en cours pour rendre cette voie accessible aux chalands de 300 tonnes, provisoifemeiit. Le Sous-Secrétaire d'Etat des Transports fait étudier les travaux nécessaires pour que cette voie devienne accessible aux chalands de 1.200 tonnes^ aQn qu'ils puissent passer sans rupture de charge d* Anvers à Strasbourg et de là au Rhône aménagé.
106. Projet de jonction du RhOhe à la Loire, t^ort de Givors. — En 1919, M. le Ministre des Travaux Publics a nommé une commission présidée par M. lliispecteur général Monet pour l'étude de la jonction de la Loire du Khône. D'après une enquête faite par le Ministre, le trafic pourrait atteindre deux millions de tonnes. Le coût des travaux serait de l'ordre de 250 millions de francs.
Le Conseil général du Rhône a étudié la création à GiVors d'un port raccordé au chemin de fer P. L. M., avec une écluse d'accès au Rhône, de 80 mètres sur 12 mètres, permettant le passage des bateaux pour lesquels est prévti le canal d'Arles à à Marseille.
113. Les Forces hydrauliques et la guerre. — Vold les chifires présentés par M. le commandant Cahen (Rapport général sur Tlndustrie française pour 1919). 11 a été installé ou préparé :
De 1916 à 1918 450.000 HP.
En installation pour 1919 175.000 —
Total 850.000 HP.
Ces installations se placent ainsi :
Alpes 428.000 HP.
Pyrénées 185.000 —
Plateau Central 200.000 —
Jura et Vosges 35.000 —
Ouest 2.000 —
Total.., 850.000 HP.
L'einploi est le suivant :
Transport de force 308.000 HP.
Electro-Chimie 216.000 —
Electro-métallurgie . •.. 326.000 —
Total 850.000 HP.
L^auteur estime à 750.000 H. P. la puissance installée à la date dé 1913 (nombre sensiblement différent de ceux que nous avons cités). Donc, en 1921, le total serait de 1.600.000 H. P. ayant coûté 4.460 millions de francs, dont 865 millions pour le transport de force, 500 millions pour Télectro-chimie et Télectro-métallurgie et 95 millions pour la traction électrique.
Les installations faites pendant la guerre correspondraient, selon l'auteur, à une économie de charbon de 9 millions de tonnes.
Un autre mémoire, que nous n'avons pu nous procurer à temps, rédigé par un Professeur de géographie de la Faculté de Grenoble, donnerait des chiffres assez différents.
126. Bassin de la Durance. Projet Roulland-Dalloyau. Irrigation. Eau potable"". Energie hydraulique. — Nous ne pouvons que citer ce projet, qui ne touche pas directement à notre sujet. Voir les brochures de M. Cordier, de Marseille, qui a repris et modifié les projets (Tequi et Guilloneau éditeurs, Paris). Les grandes lignes sont : dérivation de la Source de Ï'ontaine-Lévêque et adduction de son eau potable à Marseille, Toulon, Aix, etc. Le Verdon recevrait d'autres eaux plus abondantes. Ce cours d'eau et d'autres alimenteraient des dérivations. Des chutes aménagées donneraient 80.000 à 100.000 H. P. Un vaste réseau d'irrigation serait créé dans le Var. Cinq réservoirs permettraient de disposer de 482 millions de m. c. au total. Le débit d'éliage du Verdon inférieur et de la Durance inférieure seraient relevés. Les crues du Verdon seraient suppi'imées et celles àe la Durance diminuées.
La dépense, au prix d'avant-guerre, est prévue de 165 mil- Mons. La recette espérée, en 1910, était de 12.568.000 francs par an, dont 6.750.000 fournis par l'énergie, 2.354.000 par l'irrigation, 3.464.000 par l'eau potable.
Nous devons ces renseignements à l'obligeance de M. Louis Pillet, ingénieur à Paris.
133. Augmentation de la tranche réglable du lac Léman. — Les délégués suisses de l'Association pour la Navigation du Rhône au Rhin ont repris la question. L'association espère une prochaine conférence internationale entre . la
Suisse et la France. La Suisse serait disposée à en prendre l'initiative.
En Suisse, en riposte au vœu du Congrès de Grenoble (v. § 211 dans le corps de Touvrage) on parle d'exécuter le raccordement du lac Léman au Rhin, sans s'occuper du Rhône. Ce serait déraisonnable. Les deux questions sont connexes, et la Suisse se punirait elle-même.
Dans le Génie Ciçil du 23 août 4919, M. Mâhl fait observer que, si la retenue du lac Léman est portée au maximum, le lac ne pourra plus retenir les crues d'été. Il pourra être nécessaire d'écouler à Genève 3.000 mètres cubes et ce flot pourrait donner à Lyon un débit total de 7.000 mètres cubes alors que la crue de 1856 ne donnait que 5.400 mètres cubes (ce nombre diffère de celui que nous avons donné au § 25 dans le corps de Touvrage). L'auteur estime que les barrages projetés par lui à la Balme- Belley et à Saint- Alban pourraient retenir dans la plaine de Ghautagne, dans le lac du Bourget, dans la vallée du Culoz, dans les marais de Laveurs, et, plus bas, dans la région de Morestel et de Glandieu, un total de 435 millions de mètres cubes, soit 3.000 mètres cubes à la seconde pendant 40 heures, ou 1.500 mètres cubes, soit le débit en surcroît (par rapport à la crue de 1856) pendant trois jours, ce qui serait suflBsant.
(Sur la question technique de l'augmentation de la tranche réglable du lac Léman, voir le rapport de M. llnspecteur général de la Brosse, dans la brochure « Aménagement du Rhône, » publiée en 1919 par le Conseil supérieur des Travaux publics).
134. Jonction du Rhône au lac Léman. Projet Jaggi. Da^ns les Rheinquellen, M. Jaggi, ingénieur à Berne, propose la solution suivante : Gomme on ne peut pas exhausser les ponts de Genève, il est cependant possible de faire passer la navigation par le bras droit du fleuve, complètement séparé du bras gauche par des digues, en abaissant le niveau de ce bras et en Tapproiondissant. Il serait raccordé au lac pan une écluse en amont du pont du Mont-Blanc. Le bras droit cesserait de servir d'exutoire au lac et serait remplacé dans cette fonction par un tunnel de 4.650 mètres allant du jardin botanique aux moulins de Vernier.
138. Modifications au projet MahL — Dans le Génie Ciçil du 23 août 1919, M. Mâhl propose de porter à 72 mètres la hauteur de la chute au lieu de 69 mètres, en relevant le plan d'eau de 3 mètres, de sorte que le remous atteindrait l'aval de l'usine franco-suisse de Pougny-Ghancy.
Il propose, en outre, de porter la chute à 85 mètres en drs^-
guant les alluvions dans les gorges encaissées de Génissiat. Cet approfondissement serait de 18 m. 75 vers Génissiat et finirait à 10 kilomètres plus bas, vers Seyssel, en ménageant la pente nécessaire pour Técoulement des plus hautes crues. Le plan d'eau à l'aval de Génissiat pourrait être abaissé de 15 mètres environ, et les fondations du barrage seraient facilitées par ce fait que les fouilles à faire seraient diminuées d'autant.
Pour n'être pas gêné par les apports, et éviter qu'ensuite ceux-ci ne viennent colmater la retenue de Génissiat, M. Mâhl propose de les dériver par le procédé que voici : une digue submersible, placée à l'amont de la retenue, dirigerait les alluvions vers un tunnel de 5 mètres de diamètre environ, partant du pont Carnot, passant sous le mont du Vuache, et aboutissant à 10 kilomètres au sud, dans la vallée des Usses, avec une dénivellation totale de 45 mètres (de 335 mètres à 290 mètres). Les alluvions seraient ainsi rendues à l'amont de Seyssel à leur écoulement naturel, en évitant le bief de Génissiat.
BlBLIOTSÈqUE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE