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LE RHIN. IMPORTANCE ÉCONOMIQUE. LIENS AVEC LE RHONE

raient être livrées à la Suisse à des prix rendant difficile la concurrence.

Il semble donc bien que rAUemagne ait dû une grande partie de sa prospérité industrielle et commerciale à ses canaux et voies navigables. C'était l'avis exprimé par M. Teugel de Vos, directeur des services économiques de la Chambre de commerce de Bruxelles, dans un rapport présenté en 1913 au Congrès de la navigation intérieure de Gand.

L*Ëtat allemand, pressé par la nécessité budgétaire a cependant, au risque de porter atteinte à cette prospérité, établi des péages sur les voies fluviales; toutefois, le tarif des transports sur les voies navigables allemandes est inférieur de i , 6 centime par tonne kilométrique au tarif des chemins de fer.

La prospérité des villes situées le long du Rhin, comme celle de leurs habitants, s*est accrue en même temps que le trafic fluvial; citons l'exemple de Mannheim : son trafic par le Rhin, était, en 1860, de 240.000 tonnes; en 1890, il devint de 2.680.000 tonnes, et en 1900, de 3.900.000 tonnes. Or, en 4896, le fisc avait reçu la déclaration de 39 revenus de plus de 100.000 marks et 3 de plus de 500.000 marks. En 4901. il fut déclaré 68 révenus de plus de 400.000 marks, et il de plus de 500.000. « La fortune avait suivi exactement la progression du trafic fluvial* ». De même, les impôts perçus à Francfort ont suivi une progression parallèle à celle du trafic par le Main, depuis que cette rivière a été canalisée.

Les Allemands savaient à quel point la prospérité de leur industrie était liée à celle de la navigation fluviale. En pleine guerre, un ouvrage intitulé « le Rhin libre », annonçait leur projet de s'emparer du marché de Genève en faisant aboutir au Léman, par le canal de Neuchâlel, des chalands de 4000 tonnes. Nous reviendrons sur cette question.

Outre les projets de réunir les grands fleuves d'Allemagne et d'Autriche par un système complet de voies navigables, l'Allemagne, par une surprenante contradiction, avait formé le dessin d'établir, entre Bâle et Strasbourg, une série d'usines et de barrages coupant le courant du fleuve, et interceptant la voie navigable entre la Suisse et la mer, ce qui parait absolument contraire aux droits internationaux de la Suisse. Et, le 8 mai 4948, le secrétaire d'état von Stein, parlant au Reichstag allemand, osait dire ceci : a La Suisse ne peut se prévaloir d'aucun droit sur la base des actes de navigation sur le Rhin ». Cette parole a été vigoureusement relevée par M. Paul Balmer, avocat à Genève. La Société suisse pour la navigation sur le Haut-Rhin organisa une grande réunion

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