Marius Richard « L antre Revanche
-90 l'aménagement du rhone
de protestation qui se tint à Bàle le 6 juillet i9i8. Des représentants de TAIlemagne, de la Hollande et de l'Italie furent invités. La réunion vota un ordre du jour demandant au gouvernement fédéral suisse d'intervenir diplomatiquement pour obtenir la régularisation du Rhin entre Bâle et Strasbourg. Le coût de la régularisation est évalué à 28 ou 30 millions, tandis que la canalisation de ce tronçon de 127 kilomètre coûterait 225 millions. La Suisse pourrait, en outre, d'après le rapport présenté par M. Gelpke, organiser la navigation entre Bâle et le lac de Constance, où la création de barrages munis d'écluses permettrait la navigation, en équipant, en outre, 455.000 chevaux-vapeur.
Quelques jours après cette réunion, le 12 juillet^ 1918, la Gazette de Francfort recevait de Stuttgard la nouvelle que des négociations étaient imminentes avec la Suisse au sujet de la correction du Haut-Rhin, et que les pourparlers avec les Etats confédérés seraient bientôt terminés. Que deviendront ces projets, avec la situation intérieure de l'Allemagne?
Cet exposé montre combien la question du Rhin présente de rapports avec celle du Rhône. Les difficultés techniques elles-mêmes sont analogues : entre Bâle et Constance, ces difficultés sont de la même nature qu'entre Lyon et Genève ; entre Strasbourg et Bâle, comme entre Lyon et Arles, les ingénieurs hésitent entre la construction d'un canal latéral et l'aménagement du fleuve lui-même.
Depuis l'occupation de la rive gauche du Rhin et des têtes de pont, à la suite de l'armistice du il novembre 1918, la liberté de la navigation du Rhin a été restreinte. Une commission spéciale interalliée^ surveille cette navigation qui, en principe n'est autorisée que le long de chaque rive, mais non d'une rive à l'autre*.
Le traité de paix préparé à Versailles prévoit pour la France le droit de prélever l'eau du Rhin pour ses canaux et irrigations, et le privilège exclusif d'utiliser l'énergie hydraulique dans la section du fleuve formant frontière^
1. En avril 1919, le Conseil supérieur a examiné les projets suivants : canalisation de la Moselle entre Metz et Thionville; aménagement du Rhin entre Bâle et Strasbourg; modernisation des canaux du Rhône au Rhin; canal de Huningue; agrandissement du port de Strasbourg, etc. Pour le Rhin, signalons le projet du barrage de Kembs (v. brochure de M. Mieg : « Le Rhin, ses énergies au service de la France »).