‹ La Question du Rhône: Projet d'aménagement du fleuve, navigation, énergieChapitre 65 sur 124 · EFFORTS FRANCO-SUISSES EN VUE PE L AMÉNAGEMENT DU RHONE · texte numérisé non relu

EFFORTS FRANCO-SUISSES EN VUE PE L AMÉNAGEMENT DU RHONE

cependant y aecéder et faire venir ses marchandises par diverses voies. Nons avons remarqué, précisément, qu'elle perdrait en grande partie cette liberté, et serait jetée dans la zone économique allemande si nous n'avions pas la prudence de créer la voie navigable de la Méditerranée jusqu'à elle. Mais nous pouvons encore lui offrir des avantages qui attireront des avantages réciproques, te 3 mars 1917, à Lyon, dans la séance du Comité Franco-Suisse du Haut-Rhône, il a été question de la création, dans Tétang de Berre ou dans celui de Caronte, d'un grand port commei'cial réservé au commerce suisse. En échange de ces facilités, la Suisse nous devra des facilités réciproques pour nos exportations chez elle ou à travers son territoire, pour nos importations et pour notre transit. Nous croyons savoir que d'autres pourparlers sont en cours au sujet de l'accès de la Suisse à la Méditerranée.

87. Pourparlers actuels. — Déjà, les relations se précisent. Nous avons vu que, dès 1910, la ville de Genève avait engagé des pourparlers avec le gouvernement français pour l'établissement d'une usine à Ghancy, où l'axe du Rhône fonme la frontière. D'autres négociations seront certainement enga* gées, et menées à bonne fin, pour faire concorder, dans les deux pays, les travaux d'aménagement du Haut-Rhône, et pour fixer les conditions économiques de la navigation, du transit et régler toutes les questions douanièi'es.

88. Questions douanières. — Ges questions douanières sont de la première importance. Nous n'avons pas ici à prendre parti dans la querelle entre protectionnistes et libre-échangistes. Nous rappelons seulement qu'il faut tout bien peser, et qu'en matière douanière, il faut être pratique. Si l'Angleterre n'a pas souffert du libre-échangisme, c'est, par contre, au protectionnisme conseillé par les deux Garey aux Etats-Unis, et par Frédéric List en Allemagne, que ces pays doivent, pour une bonne part, leur développement industriel.

Il est naturellement impossible, actuellement, de savoir quel sera le régime douanier des diverses nations après la guerre. Cependant les gouvernements et les chambres de commerce s'en sont préoccupés. Les Chambres de commerce anglaises se réunissent toutes, au mais de janvier de chaque année, pour examiner dans quel sens l'Angleterre doit réviser ses tarifs. Elles ont saisi de la question les Chambres de commerce françaises. Celle de Lyon, le 17 janvier 1916, a été d'avis que les nations alliées devaient jouir, les unes par rapport aux autres, d'un traitement de faveur, mais qu'il n'y avait pas lieu, pour le moment, de prévoir l'attitude à prendre à l'égard des neutres.

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En juin 19(6, â Paris, j^ous la présidence de M. ClémenteU ministre français du commerce, fut tenue une Conférence économique des pays alliés, résumée dans le Journal Officiel du 2.4 juin 19i6. 11 fut entendu que, pendant la période de reconstitution économique qui devait suivre la cessation des hostilités, la liberté d'aucun des Alliés ne serait gênée par la prétention que pourraient émettre les puissances ennemies pendant un nombre d*années à déterminer ultérieurement. Les alliés se sont engagés à s'assurer mutuellement, pendant 'un nombre d'années à déterminer, et dans toute la mesure possible, des débouchés compensateurs, pour le cas où des conséquences désavantageuses pour leur commerce résulteraient de l'application de l'engagement précédent. C'est un bon principe d'accord douanier. II y aura donc, ajoutait le président de la Chambre de commerce de Lyon, un tarif intermédiaire pour les neutres, qui devront se mettre d'un côté ou de l'autre des anciens belligérants pour obtenir un tarif douanier correspondant.

Il faudra veiller à ce que la Suisse ait intérêt à se mettre du côté des Alliés; la promesse du Rhône navigable peut peser beaucoup dans ce sens.

Quel que soit le régime adopté; il faut que la douane française se modernise et se simplifie. En janvier 1909, M. Eugène Vars, vice-président de la Chambre de commerce française à Genève signalait des absurdités : les châssis automobiles suisses ne pouvaient pas venir en France sous passavant se faire munir de carrosseries on de pneumatiques français. Nos tarifs; nos règlements incompréhensibles, sont appliqués différemment selon les bureaux. De grosses clientèles étrangères nous échappent à cause de ces difficultés. Le commerce français, découragé par la complication des tarifs de transports et de douane, et par les paperasses, n'use pas de la clause du (K franco de port et de douane » dont les Allemands ont usé si habilement.

Nous verrons combien l'exploitation intense de la houille blanche peut favoriser la très importante industrie touristique et hôtelière dans les deux Savoies et dans le Dauphiné. Or, la douane de Bellegarde a toujours été, même avant la guerre, d'une sévérité absurde pour les voyageurs, alors que la douane suisse, ressource la plus importante de la Confédération suisse avant la guerre, avait une tout autre attitude. La sympathie des Anglais et des Américains pour la France peut donner un développement extraordinaire à cette industrie touristique et hôtelière; ne les décourageons pas par une douane insupportable.

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