Projet de jonction de la Loire au Rhône. — Un
projet de jonction de la Loire au Rhône a été dressé par M.
TingénieurDelesti^ac ; la voie navigable suivrait le tracé Givors- SaintrEtienne-Roanne. Elle comporterait un canal de 180 kilomètres, avec 70 écluses, dont 30 écluses de 9 à 44 mètres, et 9 écluses de 14 mètres. La dépense prévue est de 144 millions, dont 46 millions pour la section de St-Etienne à Givors. Le 30 décembre 1901, la Chambre de commerce de Lyon constatait que, chaque écluse étant comptée pour une augmentation de 1 kilomètre, ce tracé abrégeait de 98 kilomètres la communication entre les bassins du Rhône et de la Loire. Mais, pour que la voie fût complète, le projet exigerait un aménagement du Rhône entre Lyon et Givors. Le Conseil général des Ponts «t Chaussées a repoussé le projet comme trop coûteux, et a prévu qu un abaissement de tarifs du P. L. M. pour le transport de la houille et des matières lourdes de Saint-Etienne rendrait les mêmes services; à défaut d'un abaissement de tarifs, un chemin de fer industriel pourrait donner les mômes satisfactions. Un rapport de M. Paufique, Iule 2 juin 1899 à la conférence des Chambres de commerce du Sud-est, estimait qu'un tel chemin de fer pourrait transporter la houille de Saint-Elienne à Givors pour 1 fr. 35 par tonne, au lieu de 2 fr. 60, prix du P. L. M. Le canal abaisserait davantage le prix de transport, mais le chemin de fer industriel coûterait beaucoup moins cher.
La question de l'aménagement du Rhône, de Lyon à Givors, ne peut être, actuellement, envisagée séparément de celle de l'aménagement du Rhône entier. Mais, pour le canal de Saint- Ëtienne à Givors, M. Coignet, président de la Chambre de commerce de Lyon, se demande si, avec }es systèmes modernes de plans inclinés ou d'ascenseurs à bateaux, la différence de niveau de 337 mètres entre Saint-Etienne et Givors ne pourrait pas être rachetée avec un canal moins coûteux que celui dont nous venons de parler.
M. Mâhl, ingénieur, a repris la question, sur la demande de M. le sénateur Audiffred. Il a ajouté au projet Tidée de profiter des travaux pour envoyer à Paris de l'eau potable excellente venant de la Loire. Pour la voie navigable, il estime qu'une économie importante peut-être réalisée en aménageant la voie piar des barrages écluses au lieu de construire un canal dans des sites souvent escarpés, et constitués par des roches dures. Il propose de construire un canal à niveau à la côte 365, venant de la Loire, se poursuivant en tunnel sur 18 kilomètres, depuis la Réjaillère jusqu'au-dessus de Saint- Chamond, passant donc à 175 mètres au-dessous de Saint- Etienne. Les voies ferrées et les voies de raccordement par voie d'eau seraient mises en relation avec un ascenseur qui rejoindrait une gare d'eau souterraine établie sous la Talaudière. Sur 15 kilomètres, ce
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souterrain fréquenterait le terrain houiller, ce qui pourrait, peut-être, procurer d'importantes ressources. Avec Taménagement au gabarit du petit canal de Givors, la dépense serait de 220 millions. Mais, ajoute l'auteur : 1** La ville de Paris retirerait un avantage de Teau; 2<* L*Ëtat bénéûcie)*ait de la protection contre les inondations et bénéficierait aussi de la voie navigable; 3** une entreprise pourrait récupérer sur la Loire une production annuelle d'énergie supérieure à 250 millions de kilowatts-h^ure.
Il appartient à d'autres que nous de décider si ces projets sont intéressants, soit au point de vue technique, soit conune affaire, soit au point de vue économique national. Les Ponts et Chaussées paraissaient timides, avant la guerre. Peut-être, avec l'essor industriel qui suivra vraisemblablement celle-ci, ce qui paraissait hier irréalisable paraîtra- t-il possible demain, malgré Taugmentation du coût des entreprises, augmentation qui subsistera sans doute longtemps.
En novembi^e 1918, le Ministre des travaux publics a nommé un comité chargé de l'étude du projet de canal du Rhône à la Loire.
Section IV. — INTÉRÊT QUE PRÉSENTE L'AMÉNAGE- MENT DU RHONE, SPÉCIALEMENT POUR LE SUD- EST DE LA FRANGE.