‹ La Question du Rhône: Projet d'aménagement du fleuve, navigation, énergieChapitre 74 sur 124 · L'Information y supplément, 27 juin 1918, et n*« suiv · texte numérisé non relu

L'Information y supplément, 27 juin 1918, et n*« suiv

lumière Tavenir de Lyon et ses extensions qui sont presque toutes liées au développement de la voie navigable. ' Peut-être la ville de Lyon, déjà à proximité du bassin bouiller de Saint-Etienne, est-elle, elle-même, à côté d'un bassin houil- 1er dont le centre serait un peu à Test, dans la région de Genas^ En tous cas, Lyon est~a proximité de la houille blanche du Dauphiné et de la Savoie.

Par le Rhône intégralement aménagé, Lyon, dont M. Herriot a mis en luinière la situation commerciale de premier ordre en y créant une foire qui luttera victorieusement contre celle de Leipzig, peut devenir le nœud des relations commerciales pour toute TEurope, où convergeront et d où divergeront les échanges entre les rivages occidentaux de l'Europe et les Océans, d'ane part, l'intérieur du continent de l'autre, entre le Midi, T Afrique, rOrient, TExtrême-Orient, d'une part, Tintérieurde la France, le centre de TEurope d'auti'e part. Mais il faut pour cela de bonnes voies navigables : de Lyon à Marseille et Cette, de Lyon à Genève et le Rhin, une bonne jonction Lyon Saône-Rhin, une bonne jonction Lyon-Paris, une bonne jonction Lyon-Loire- Saint-Nazaire.

Encore faut-il à Lyon de bons ports. La gare d'eau de Vaise, d'accès difficile et trop petite, le port de fortune du quai Rambaud, les établissements de Serin- Vaise et autres, éloignés des points industriels, le port Saint- Antoine, mal outillé, non raccordé à la voie ferrée, trop étroit, tout cela, insuffisant actuellement, le sera bien davantage quand le Rhône sera une grande voie internationale. Nous examinerons plus loin les projets destinés à faire de Lyon un poii; fluvial moderne. Peut-être faudra-t-il même créer ce port dès maintenant, comme les Allemands Tout fait à Dortmund, (c alors que le traûc du canal était encore à Tétat d'espérance ».

iii. Avantages industriels et commerciaux procurés au Sud Est en général. — Une étude complète de l'avenir industriel des régions traversées par le Rhône ne peut être entreprise dans cet ouvrage. Disons que cet avenir peut être prodigieux. Mentionnons, sans y insister, l'industrie touristique et hôtelière qui, déjà très importante, peut enlever en quelques années aux Etats centraux les sommes immenses que leur apportaient les touristes anglais et américains; il suffît, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur la carte et de suivre le bassin du Rhône, de la Côte d'Azur au lac Léman, en passant par les admirables montagnes, vallées et cols du Dauphiné, et des deux Savoies.

Prenons maintenant le commerce et l'industrie du Sud-Est, et lisons sur la carte économique les noms qui se présentent :

Trafic. et industries des ports de Cette et Marseille ; viticaltares du Midi et des bords du Rhône, mines et industries du Gard, mines et houille blanche du Dauphiné, industries métallurgie qnes du Dauphiné, matériaux de construction de la même région, houille blanche de Savoie, matériaux de construction du même pays, houille blanche de la Haute-Savoie, produits des industries électro- métallurgiques, matériaux de construction, bois de construction du même département; houille noire et industries de la région de Saint- Etienne, houille blanche du Haut-Rhône aménagé, que de sujets d'étude, au point de vue de Tutilité d'une bonne voie navigable dans le Sud-Est!

Cette énumération, dont chaque terme fournirait la matière d'un volume, ne suffit-elle pas à justifier ce que nous disions, que le Rhône aménagé peut donner, ou contribuer largement à donner un essor industriel et commercial prodigieux à tout le bassin dn fleuve?

Du reste, il faut songer aussi à faciliter Taccès au Rhône des vallées latérales. Quand on songe au développement industriel remarquable de Grenoble, il faut admettre que cette ville, placée en somme à l'écart des bonnes voies de communication, se trouve, par contre, privilégiée, soit par l'énergie de ses habitants, soit par les ressources naturelles qui ont compensé son infériorité. Un bon accès au Rhône, comme celui dont nous reparlerons, par la voie.de Tlsère rendue navigable, donnerait sans doute à la région du Dauphiné une puissance industrielle dépassant de beaucoup celle, déjà étonnante, qu'elle a su acquérir. Le raccordement, dont il est question, de l'Isère au Bourget, et de là au Rhône, ferait sans doute de Chambéry aussi un grand centre industriel, pouvant utiliser l'énergie hydraulique de la Maurienne et de la Tarentaise.

La grande artère du Rhône aménagé donnera aux pays traversés la possibilité d'importer les matières premières et d'expt>rter les produits, avec un transport à bas prix. Le chemin de fer sera déchargé du trafic des matières lourdes, ce qui lui permettra de se consacrer à d'autres transports, matières coûteuses, matières exigeant un transport rapide, transport amélioré des voyageurs favorable à l'importante industrie hôtelière et touristique. De plus, la voie navigable provoquera la création de nombreuses usines, et mettra en valeur de grandes étendues de terrains inexploités où ces usines pourront s'établir. Les Chambres de commerce, les particuliers des pays intéressés ont très bien vu l'importance de ce côté de la question : le Guide industriel de la Haute-Saçoie, de M. Victor Laydernier, la Chambre de commerce de la Savoie, en 1907, ont attiré l'attention sur ce point; en i9i6,4la Chambre de commerce de GrencAle a décidé de procéder elle-même à un classement

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méthodique des terrains propres à la construction de bâtiments industriels.

Anticipant sur ce que nous aurons à indiquer plus loin, noos dirons, dès maintenant, que, s'il est possible de rendre le fleuve lui-même navigable, au lieu de faire un canal latéral, il y aurait ce bénéfice que les deux rives jouiraient des mêmes avantages pour la navigation, Tirrigation et Tusage de la orce motrice.

En outre, l'aménagement du Rhône paraît devoir procurer une sécurité nouvelle contre les inondations. En particulier, si le fleuve lui-même est aménagé au moyen d'une série de retenues, il sera possible de régler l'écoulement de manièi^e à régulariser les crues, au moins dans une certaine mesure, et quand elles ne se prohmgeront pas d'une manière par trop anormale.

Enfin, il faut noter, toujours en nous plaçant dans l'hypothèse où ce serait le fleuve qui serait lui-même aménagé au moyen de barrages, que ces barrages pourraient être rendus utilisables comme ponts, rendant plus faciles les relations entre les deux rives.

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