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114. Puissance hydraulique du Rhône et des cours d'eau des Alp'es. — Que sont les énergies captées par les usines de La Coulouvrenières, Chèvres, Bellegarde, Jonage, à côté de celles qui pourraient être captées sur tout le cours du Rhône, aménagé de manière à permettre ce captage, du moins
^ dans la mesure possible ?
» 1. Marius Richard, L'autre Reifanche.p, J8«. Plus loin, nous verrons que le Bureau des Grandes Forces Hydrauliques donne un chiffre plus
, élevé. — Les divergences proviennent de méthodes d'évaluations
. différentes.
I^es difficultés résultant de la guerre nous ont empêché de nous procurer des renseignements complets sur cette question et sur celles qui «uivent. Nous disons, du reste, dans notre conclusion, qu'une enquête
^.économique complète s'impose. Il s'agit ici d'un élément important de cette enquête que, bien évidemment, nous n'avons pas le moyen de faire à nous seul.
Uévaluatioa de la puissance hydraulique brute du Rhône, entre la frontière française et la mer (puissance régularisée par le lac Léman et par les énormes surfaces glaciaires du Valais et du Mont-Blanc) a été faite par M. Tinspecteur général Tavernier, qui a présenté le résultat de ses calculs, le 27 mars 1908, à la Société d'économie politique de Lyon, et, en 4917, à l'Association française pour le développement des travaux publics. Cette puissance serait de 837.110 H. P. à l'étiage, et 2.286.298 H. P. en eaux moyennes. L'auteur commentait ainsi ces chiffres : « Naturellement, il ne faudrait pas considérer les puissances brutes comme une valeur immédiatement et totalement réalisable. L'inventaire des forces hydrauliques comporte, comme tout inventaire, des articles d'un recouvrement difficile que, dans un honnête bilan, on compte pour zéro... Sans doute est-il prudent de traiter ainsi la plus grosse part de l'énorme puissance brute du Rhône, mais .. à l'inverse de ce qui se passe pour la plupart des valeurs douteuses comptées pour zéro dans les inventaires, le temps travaille de la façon la plus certaine en faveur des forces hydrauliques du Rhône ». — « L'auteur, ajoute la Chambre de commerce de Grenoble, peut ajouter aujourd'hui que ies années de guerre ont singulièrement avancé le moment où les forces hydrauliques du Rhône deviendi'ont financièrement aménageables ».
La question de l'évaluation des forces hydrauliques est à Tordre du jour.
Celte évaluation a été entreprise successivement dans tous les pays industriels. La Suisse, la première, a organisé dans ce sens un service d'études poursuivies par le Bureau hydraulique fédéral de Berne, fondé en 1901. En France, sur un vœu émis parle premier Congrès de la Houille blanche, ce service a été créé en 1903, sous le nom de « Service d'études des Forces hydrauliques », rattaché au Ministère de l'agriculture. Selon les statistiques, et d'après les indications des ouvrages de M. de la Brosse, inspecteur général des Ponts et Chaussées, qui dirige ce bureau, la force hydraulique aménageable dan& la France entière serait de 9 à 10 millions H P. environ *, dont environ le tiers, soit 3 millions à 3 millions et demi, pour la région des Alpes ^ y compris l'énergie du Rhône. Pour com-
4. "Comme on voit, ce nombre dépasse notablement Tévaluation . cidessus, n*' 113. Nous ne prenons la responsabilité d'aucune des évaluations divergentes que nous citons d'après leurs auteurs.
2. Services d'Etudes des grandes Forces hydrauliques, 1917, tome VIII. M. Côte, dans la Houille Blanche de mai -juin 1918 indique, pour le bassin du Rhône, 4 millions de kilowatts, soit 5.400.000 HP. La différence peut provenir de ce qu'il comprend dans ce chiffre l'énergie du Jura, des Cévennes et des fleuves côtiers, que M. de la Brosse ne compte pas, si ce n'est peut-être l'énergie des fleuves côtiers.