‹ La question du TonkinChapitre 11 sur 39 · Il est l'oncle du marquis de Tseng, ambassadeur à Paris · texte numérisé non relu

Il est l'oncle du marquis de Tseng, ambassadeur à Paris

ressources, les forces, le crédit du gouvernement sont, par le vice-roi, à la discrétion de la Compagnie. On poursuit donc au Tonkin un double but : ménager une zone neutre, destinée à couvrir les frontières ; mais, surtout, éloigner le commerce européen des abords du Yun-nan, pour réserver à la Compagnie le monopole du commerce avec cette région, et mettre, sur un autre point, la main sur les mines que nous paraissons disposés à exploiter. Ainsi, ce que le vice-roi de Canton a d'abord en vue en faisant marcher ses troupes et en utilisant les bâtiments de la Compagnie de navigation, ce sont les intérêts de cette Compagnie.

Tel est le véritable caractère de la dernière intervention chinoise.

Toujours est-il qu'à partir de ce moment (novembre 1882), il devenait évident pour tout esprit éclairé que chaque minute de retard allait rendre le péril plus redoutable; que le commandant Rivière se trouvait dans une position fausse, puisque, opérant au

Tonkin, il devait attendre les ordres venus de Saïgon et de Paris; qu'il pouvait être enlevé d'un instant à l'autre par un coup d^ main; ou que, obligé de se dégager, de jouer des coudes, pour se garantir d'une surprise, il risquait de se heurter avec ses faibles ressources à des forces considérables. 11 n'avait cessé de prédire ce qui arrivait; quelles singulières réflexions n'a-t-il pas dû faire sur notre lenteur à nous décider ! Quand donc enfin saurons -nous prendre un parti à temps, et prévenir les difficultés et les échecs? L'affaire est bien plus grave, de toutes façons, aujourd'hui qu'il y a un an : elle pourra le devenir encore davantage, si nous ne nous décidons pas à faire ce qui aurait dû être fait dès 1881 : c'est-à-dire envoyer immédiatement une escadre à la rivière de Hué.

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