‹ La question du TonkinChapitre 14 sur 39 · Chiffre des chrétiens habitant actuellement le Tonkin · texte numérisé non relu

Chiffre des chrétiens habitant actuellement le Tonkin

Tonkin occidental (mission française)

Missionnaires européens.

Prêtres indigènes.

Ci retiens.

Tonkin oriental (dominicains espag.) .

Total général . . .

sionnaires espagnols, qui eussent bien voulu faire tourner cette politique au profit de leur nation.

On a vu que la famille des Le fut détrônée au siècle dernier par les montagnards de l'ouest, dits Tây-Sons, dont le chef, Quâng-Trung, se fit reconnaître roi de l'Annam par la cour de Pékin en 1792. Le vieux Le abdiqua en faveur de son fils Chiêu-Tông; on ignore ce que celui-ci est devenu. Ce fut seulement en 1848, 1849, 1850 que le bruit se répandit que sa famille errait dans les montagnes et les forêts du nord-ouest du Tonkin.

Le père du prétendant actuel était originaire de la province de Sontây et était fils d'une princesse Le; il avait dépensé toute sa fortune à favoriser des mouvements insurrectionnels. Il mit son fils Minh au collège de la mission française; le jeune homme finit ses études vers 1 845 et fut désigné pour servir de catéchiste à un de nos compatriotes, M. Castex, qui voyageait alors au Tonkin.

Comme la branche aînée de la famille des Le s'appelait Lê-Dzuy-Minh, le nom de Minh fut exploité ensuite comme nous allons le voir.

Déjà, de 1820 à 1840, il y avait eu des soulèvements fréquents et sérieux eii faveur des Le. Vers 1844, des gens de cette famille portèrent à Macao des cachets et des insignes qui, disaient-ils, avaient appartenu aux anciens souverains. On parlait du vieil éléphant à anneaux d'or du dernier roi; on l'avait vu revenir aux environs de Hanoï pour y attendre ses anciens maîtres ; on citait des prodiges remarqués dans les forêts qui entourent cette ville, un antre souterrain où le nouveau roi tenait sa cour. Des partis se formaient partout; les mandarins eux-mêmes étaient hésitants; on envoyait des députations pour trouver cet antre que personne ne pouvait rencontrer. Enfin, en 1851, le nommé Ba-Khuat, cousin germain du prétendant, leva l'éten- • dard de la révolte. Minh, notre ancien

élève, s'échappa des mains de M. Castex et devint aussitôt un grand chef. Il rasa la sous-préfecture la plus voisine de Hanoï et plusieurs villages, et battit à plusieurs reprises les troupes royales envoyées contre lui; la guerre ne cessa qu'en 1856, et le prétendant se retira à Hong-Kong. C'est là que nos officiers le trouvèrent lors de l'expédition de Cochinchine en 1858 !; ils se l'attachèrent dans leurs diverses reconnaissances au Tonkin, afin d'en tirer des renseignements utiles; mais le madré Tonkinois en profita pour lancer des proclamations dans le pays et pour se faire graver des cachets royaux en ivoire, qui arrivèrent sous l'adresse d'un de nos officiers dans des boîtes à cigares. Il avait, dans toutes ses menées, l'appui des Espagnols. L'amiral Rigault de Genouilly le renvoya alors à Hong-Kong, où il resta de nouveau jusqu'au moment où l'amiral Charner revint de Pékin en 1861. C'est alors qu'il quitta

Page 1