se faisait alors appeler Phung
Hong-Kong, et que, affilié à toutes les bandes de Californiens, d'Australiens chinois et à tous les pirates de la côte, il recommença la guerre au Tonkin. Il fit demander des secours à l'amiral Bonard, et nomma chargé d'affaires en France un nommé Duval, sergent de tirailleurs algériens, qui était allé passer un congé au Tonkin. Le prétendant, après avoir remporté de grands succès et détruit la flotte royale, fut battu à son tour ( 1 865) !. Depuis lors, il mène une vie errante et paraît persuadé qu'il ne réussira pas sans l'appui du gouvernement français, auquel il propose la liberté absolue du commerce et l'exploitation de toutes les mines de charbon du pays. Le fait est qu'il n'est, à proprement parler, qu'un grand chef de brigands, et que jamais personne ne le prendra au vrai pour le descendant direct des derniers Le.
I. Voir, sur l'insurrection de Lô-Phung (1861-1865), Histoire de l'intervention française au Tonkin, etc., par Romane t du Caillaud, p. 18-25.
Cependant ses partisans ne cessent d'affirmer que les populations sont prêtes à se prononcer en sa faveur contre Tu-Duc; ils se font fort de devenir maîtres de tout le Tonkin en quelques jours s'ils avaient la certitude de notre neutralité. Tout récemment, et peut-être aujourd'hui même, ils avaient pour principal conseiller un père annamite de la province de Minh-Binh, connu sous le nom de père Six; c'est un homme qui jouit, dans tout le Tonkin, et même auprès des plus grands mandarins, de beaucoup d'influence et de considération, Tu-Duc lui-même l'a comblé d'honneurs et ignore probablement encore, à l'heure qu'il est, le rôle de ce religieux à la tête de la conjuration. Voici le plan complet des conjurés : un roi national avec la protection de la France; un résident français auprès du roi et auprès de chaque gouverneur de province; de petites garnisons françaises dans certains postes de la frontière de Chine; des croiseurs français chargés de la police des
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mers et quelques chaloupes à vapeur pour celle des cours d'eau; l'abolition de toutes les douanes intérieures; les douanes frontières entre les mains de la France, qui prélèverait sur les produits de quoi se rembourser de toutes les dépenses de protection, etc.
Telle est la première solution. Bien qu'elle ait été souvent conseillée, même par des Français connaissant très bien le pays (M. Dupuis tout le premier) ', elle nous paraît peu digne d'une grande nation comme la nôtre, et grosse de difficultés, soit avec les puissances, soit avec l'Annam. D'abord elle serait en opposition avec les traités. Ensuite rien ne prouve que la dynastie nou-