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et led juràndeff, qui ont été, aux applaudissements de toute la partie éclairée de la nation, abolis par nos grandes assemblées révolutionnaires, la Constituante de 1789 et la Convention.
Tel est, en effet, après un immense circuit, le point d'arrivée de M. le rapporteur et le mot de la fin de son volumineux travail. L'opinion qu*il j expose est sans doute celle de la majorité de ses collègues de la sous-commission, non pas de Tu* nanimité toutefois, car Thonorable M. Oodin, par exemple, Téminent et généreux fondateur du fa* milistère de Guise, ne saurait, sans contredire et sa propre conduite et ses écrits, adhérer à la plupart des jugements formulés dans le Bapport<
Comme mattre Petit-Jean dans la comédie, M. Ducarre a remonté jusqu'au déluge et même au delà pour expliquer la" division du teavail, l'origine du commerce, etc.
c L'histoire du commerce, dit-il, est un peu celle de la civilisation. La Résumer serait une tâche immense, qui heureusement n'est pas dans notre programme. »
Et, nonobstant cette judicieuse réflexion, M. le rapporteur se lance, à propos du commerce, dans le pompeux hors-d'œuvre que voici :
€ Il faudrait suivre ses évolutions^ depuis les
caravanes da mondé antique qui mettaient Tlnde en communication avec Palmyre, Tyr, Sydon, Alexandrie, Carthag'e, d'où les navires phéniciens portaient leurs marchandises dans les Gaules, en Espagne et jusque dans la Baltique.
€ Il faudrait faire l'histoire commerciale de Venise, de &ênes, de la Hollande, pour arriver aux temps modernes, aux grands navires à vapeur qui font les services de TOrient, de la Chine et du Japon par le canal de Suez, aux 147 transatlantiques qui relient l'Europe à TAmérique du Nord avec transmission instantanée de Tavîs de leur départ, de leur arrivée, par trois câbles électriques.
€ n faudrait parler de ces immenses réseaux de voies ferrées qui couvrent nos continents, et rappeler enfin que la locomotive, remplaçant la cara« vane, ramène aujourd'hui de Nijnï-Novgorod les thés de Chine et les produits de l'extrême Orient.
t Partout, toujours, sous tous les régimes, le commerce et les transactions exigent une condition première : la sécurité. Ils s'arrêtent dès qu'elle est compromise, au dedans par l'anarchie ou le despotisme, au dehors par la guerre ou la barbarie.
i Suivant les temps, les mœurs, les climats.
les rapports des échanges et du commerce ont été réglementés ou plus ou moins libres, mais partout et toujours la réglementation a précédé la liberté. > {Rapport^ p. 10 et 11.)
Ce dithyrambe ne nous apprend pas en quoi précisément consiste la fonction du commercé, ni surtout s'il l'accomplit au mieux des intérêts du corps social. Un critique, de tempérament trèsmercantile, puisqu'il vendait ses éloges et faisait payer aux artistes jusqu'à son silence, le feuilletoniste Geoffroy, définissait le commerce : « l'art d'acheter 3 fr. ce qui en vaut 6; > à quoi Fourier ajoutait : c et de revendre 9 fr. ce qu'on a payé 3 fr., » s'enrichissant ainsi tour à tour aux dépens du producteur et du consommateur.
Faire passer les denrées des mains du premier à celles du second, tel est l'office, le rôle utile du commerce. Rempht-il économiquement, honnêtement, sans malversations, cet office ? Loin de là, et le manque de sécurité dans les transactions ne provient pas seulement des torts de gouvernements soit anarchiques, soit despotiques, mais bien plus souvent encore des prévarications du commerce lui-même. Prenez toute la gent commerçante et trafiquante, depuis les coryphées de la haute spéculation qui brassent les grandes affaires jusqu'aux petits détaillants qui fraudent sur la qualité
et sur la quantité de la marchandise y et supputez la somme de méfaits et de désordres à porter à son compte ! Les engorgements et les disettes factices, causes de chômages et de mortalité, sont l'œuvre des premiers, ainsi que les banqueroutes colossales qui jettent le désarroi et la ruine dans le monde industriel ; — Tempoisonnement du populaire par des boissons et des comestibles frelatés, c'est le fait journalier des seconds.
Et Ton ne trouve pas que le commerce jouisse encore d'assez de liberté comme cela ! Mais l'idéal de la liberté, sous ce rapport, existe en CJiine, où nulle fraude, dit-on, n'est réprimée par la loi, où le marchand qui sait le mieux tromper est, entre tous ses confrères, le plus applaudi, le plus considéré.
Le Rapport a posé un principe qui ne rencontre guère son application dans la pratique commerciale, même ou plutôt surtout sous le régime de la libre concurrence : il dit que l'idéal de justice se trouve dans l'échange de naUwts égales. — Or, l'étude à peu près constante du commerçant est d'échanger des valeurs moindres contre des valeurs plus fortes et de s'enrichir par la différence.
Il y a un autre principe proclamé dans le Rapport, principe analogue au précédent, et qui mé-
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riter nit d'être inficrit fiur la porte de touâ les établissements industriels :
f L'ouvrier est le premier producteur, sa rémunération doit être d'une valeur égale à celle qu'il a produite par son travaiL »
Le Bapport, à la vérité, fait suivre ceci d'une série de mai$ énumérant toutes les circonstances qui empêchent qu'il en soit directement ainsi : la nécessité pour l'ouvrier de toucher immédiatement sa rémunération, avant que le produit soit réalisé, etc,,etc.
Toutefois, retenons bien cet axiome': La rémunération de Touvrier doit être d'uNE va- LBUB ioALB à ccllc qu'il a produite par son tra-
vail.
Proudhon lui-même ne demandait pas davantage pour l'ouvrier. Mais il jugeait que, pour en arriver là, force était d'abolir la propriété et l'intérêt du capital; en quoi nous pensons, nous^ que Proudhon se trompait : on peut être juste envers le travail accompli que le capital représente, sans prendre sur la part légitime du travail en cours d'exercice. Loin que ces deux termes soient antinomiques, désormais le premier est devenu presque toujours la condition sine qua non, du second, auquel il communique une puissance et une fécondité merveilleuses qui seraient tout à
Mt impossibles mm le eoncom*» du capital bous ses diverses formes*
Poujf rendre possible le payement de l'ouvrier avant la vente du produit de son travail, M. Du* carre admet qu'il intervient entre lui et lé patron, sous le nom de salaire, une évaluation amiable. -^ Adam Sinith^ le pare de Téconomie politique, fi'ap# préciait pas, lui, cette évaluation si béni^emènt. Dans le débat qui s'élève entre les ouvriers et les maîtres au sujet du taux des salaires, t il n'est pas, disait<>il, difficile de deviner laquelle des deux parties doit obtenir gain de cause et forcer l'autre à subir ses conditions. » {Recherches sur les causes et la nature de la richesse des nations^ tome I*% liv. I", ch. VIII.)
Mais, admettons que par exception Imverse soit vrai quelquefois, et que Touvrler à son tour fesse, à un moment donné, la loi au patron. Le cas n'en est pas moins fâcheux et inique. La bonne règle serait qu'ils échangeassent toujours valeur égale contre égale valeur, sans qiie jamais ni Tun ni l'autre mît dans la balance l'épée de Brennus, en disant comme lui : Malheur au plus faible !
Or, c'est là le but que s'étaient proposé les au* teurs des systèmes d'organisation du travail à la réfiitation desquels M; Ducarre a consacré un chapitre. P'un aperçu très-sommaire qu'il a donné de
ces systèmes, l'auteur du Rapport a prétendu faire ressortir Timpraticabilité absolue de chacun d'eux, et même le caractère rétrograde qu'ils présenteraient tous comparativement à ce qui existe aujourd'hui. La démonstration ne semblera peut-être pas de tout point concluante aux partisans des plans de réfonne ainsi sommairement jugés et exécutés.
Pour mon compte, j'en appelle de la sentence portée sur la doctrine de l'association ou théorie sociétaire de Charles Fourier, très-imparfaitement exposée par M. Ducarre et condamnée pêle-mêle avec les autres conceptions socialistes.
M. le rapporteur a examiné les conditions du travail en France depuis la période gallo-romaine jusqu'à l'époque de la Révolution.
Je ne saurais avec lui remonter aussi loin, ce qui allongerait outre fnesiire mon travail et n'aurait / qu'un intérêt médiocre par rapport à la question telle qu'elle se pose de nos jours (1).
(1) Le résumé historique fait par M. Ducarre ne manque pas au surplus de talent ni d'intérêt. L'auteur y rappelle comment, à Rome, les corporations- d'artisans (collegia fabrorum) et chez nous les corps de métiers se mêlèrent activement aux luttes politiques de leurs époques. Avec de tels précédents^ comment pourrait on espérer désormais d'interdire la politique à nos
Qu'il suffise de rappeler que Tinstitution des corps de métiers, réglementée au XIIP siècle par Etienne Boileau, prévôt de Paris, au XVIP par Cîolbert, fut supprimée momentanément par Turg*ot pendant son court ministère (1776), puis définitivement parla Constituante en 1791. De cette dernière époque, date le régime de la liberté individuelle du travail, que M. Ducarre oppose à ce qu'il nomme lui-même c la liberté collective du moyen âge, » ne voyant de l'un que ses bons côtés, de l'autre que les mauvais, c'est-à-dire ses abus, qui étaient grands et nombreux, tout le inonde en convient.
Ayant ainsi, dès le principe, affirmé l'excellence du régime de l'industrie établi par le législateur de, 1791, M. le rapporteur ne se préoccupe plus que de justifier à tout prix le bien fondé de son opinion, et contre les systèmes d'organisation du
ouvriers pour qui, depuis le suffrage universel, c*est un droit et un devoir d*y participer directement?
. A propos du Livre des métiers d*Etienne Boileau, M. Ducarre cite un passage du sire de JoinvUle qui fait voir jusqu*oti le célèbre prévôt de Paris poussait la sévérité et Tim partialité de sa justice : « U fit pendre un sien filleul parce que sa mère lui dit qu*il ne pouvait se retenir de rober. Item un sien compère qui avait nié une somme d*argent que son hoste lui avait baillée à garder. » — U faut croire que la mère dont il est ici question ne se doutait pas de la terrible conséquence qu*aurait son dire par rapport à son fils. N'importe, c'était un rude justicier que le prévost Estienne Boileaûe.
travail des écoles socialistes, et contre les réclamations des ouvriers, qui, eux, &e prétendent lésés dans leurs intérêts et dans leurs droits par le présent état de choses.