‹ La question du vase de sangChapitre 22 sur 101 · Ibid.,p · texte numérisé non relu

Ibid.,p

•• 15 — verset de l'Apocalypse, où saint Jean nous montre les vingt-quatre vieillards qui se tiennent dans le ciel en présence de l'Agneau, « offrant à Dieu des fioles d'or )>> pleines de parfums, qui sont les prières des saints S » on aurait pu combattre son opinion, mais encore aurait-il feillu la discuter; or, c'est inutile sur le terrain où il s'est placé». '

J'ai déjà parlé de la conclusion assez originale du mémoire de M. Kraus; on a indiqué ailleurs les raisons qui ne permettaient pas de l'adoptera Je me bornerai ici à résumer le système et les objections qu'il soulève. D'après ce savant allemand, il faut distinguer deux classes de martyrs, ceux qui étaient yindicatij c'est-à-dire reconnus pour martyrs par l'Église, et ceux qui, tout en ayant subi le supplice, n'avaient pas droit à recevoir les honneurs du culte. Or, ces derniers, toujours d'après l'érudit d'outre Rhin, furent très-nombreux à Rome au troisième siècle de l'ère chrétienne, car il n'est pas douteux que beaucoup de Novatiens, par exemple, partagèrent le supplice des chrétiens orthodoxes4. L'Église, n'ayant pas, en ce temps de troubles, le loisir suffisant pour canoniser ceux qui avaient souffert, dût réserver son jugement dogmatique pour plus tard, et se contenta provisoirement de marquer leurs tombeaux d'un signe qui pût les faire reconnaître lors du jugement définitif. M. Kraus verrait la preuve de ce jugement dans la qualification de martyr qui se trouve sur plusieurs tombeaux ornés du vase de sangs. Mais dans cet ingénieux système toutes les objections soulevées contre la pratique habituelle conservent leur force. On peut en outre demander à l'auteur de citer des traces de jugements ecclésiastiques de ce genre dans l'antiquité. Je crois que cela lui serait fort difficile; quand il nous aura donné les preuves de son hypothèse, nous pourrons l'admettre.

Selon le P. de Buck^, ces vases auraient contenu des restes de la messe ou de l'oblation. Le P. Secchi7, dans la dissertation que j'ai déjà citée, faisait remarquer que les premiers chrétiens avaient eu, pour la communion sous l'espèce du vin, chacun un calice particulier *, et que beaucoup de vases de sang avaient dû d'abord servir à ce saint usage. Un antiquaire allemand, M. Rostell, se fondant sur cet usage et sur un autre usage assez singulier dont je vais tout à l'heure donner des exemples, se prononça aussi? pour cette

1. ^tà\aç xf^^ôk yepioïkrocc Ou(i.ta|j^Oa>v atelaiv al icpootx^^ '^<*^^ ècxUav. Apec. V, 8.

2. Cette opinion de Basnage a été reprise par Burnet, Addison, Middleton, Keyssler Râsebeschreibung, th. I, s. 6o6.

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