Ann, de phil. chrèt., avril 1842, pp
8. « Nihil lilo ditius qui corpus Dommi canistro vimineo, sanguinem portât in vitro. • (Saint Jérôme, j(i Ru5ncum, Paris, 1625, in-fol., t. I, p. 41, A). Le pape Zephirin aurait, d'après le synode de Tibur, ordonné qu'on se servît pour la messe de calices en verre (/^., p. 47, D, notes).
9. Rom' s Katakomben, pp. 402, 406, cité par R. Rochette, 3' Mcm., p. 774. — Je
— i6 — opinion reprise depuis par le P. de Buck. Ce qui favorise le sentiment de ces savants, c'est qu'on trouve assez répandue dans l'antiquité chrétienne, la coutume de déposer l'eucharistie dans les tombeaux des morts. Ainsi, au témoignage d'un moine de Lindisfarne, contemporain de Bède,, saint Cuthbert fut enseveli avec les oblations du saint sacrifice placées sur la poitrine K Amulaire, canoniste du ix° siècle^ qui rapporte ce fait, croit qu'on avait suivi alors la pratique de l'Église romaine. Un trait de la vie de saint Benoit, rapporté par le pape saint Grégoire-le-Grand», montre qu'en effet cette coutume s'est rencontrée en Italie. Un cadavre que la terre ne voulait pas garder demeura en repos dans le sépulcre, dès qu'on eut placé sur sa poitrine, par ordre du saint, le corps du Seigneur 3. Quant au ix® siècle, on exhuma le corps de saint Othmar, abbé de Saint-Gall, on trouva sous sa tête et sur sa poitrine, « quœdam panis rotulae, » qu$ vulgô oblatae dicuntur4. » Cette coutume avait laissé quelques traces en Orienta. Dans la vie de saint Basile^ attribuée faussement à saint Amphilogue, on lit que le saint évêque, ayant le pressentiment de sa fin, offrit le saint sacrifice et divisa ensuite le pain sacré en trois parties dont il garda l'une pour être ensevelie avec lui^.
Saint Birin, envoyé par le pape Honorius en Angleterre, et mort en 6jo, fut inhumé, nul n'en doute^ suivant l'usage de Rome?. Quand on ouvrit son tombeau
ay XIII® siècle, on y trouva (je cite le texte latin) a quidam calix parvus
lï qusdam pera ex unà parte auro contexta : asserebant enim omnes quod in ea n fiierit palla... cum corpore Christi*. »
En Germanie, où l'on suivait aussi les rites romains, signalons la découverte du corps de saint Udalric, mort en 973, exhumé en 1 183. On trouva dans sa tombe, dit un témoin oculaire? un calice d'argent « pixis argentea, et in pixide îï sanguis Domini et alia sancta continebantur. » Bingham '«rapporte le témoi-
n'ai pas du consulter Dought, De calicibus eucharisticis vetcrum christianorum, Bremae, 1694, in-8«.
1, Cité dans Amuhire, De EccL officio, 1. IV, c. 41; Migne, Patr, laL, t. CV, c. 1236.
2, uial. I. II, c. 24; — cfr. M. Le Blant. La question du Vase de sang. p. 3 1^ note a.
3 , Notez pourtant que saint Grégoire n attribue pas ce résultat à la présence de TEucharistie, mais à la bénédiction de saint Benoit : < Perpendis cujus meriti iste vir fuerit, ut ejus corpus etiam terra projecerit, qui Benedicti gratiam non naberet. »
4- Relaiio Isonis, dans Acta ss, ord. s. Benedicti^ saec. III, part. II, p. 165.
S* Cf. Acta sanct.y t. II, Junii, p, 951.
6. Acta sanct., t. III, Junii, p. 423. Rosweyd (ib.j p. A25, note I) cite des canons de conciles à ce sujet. Il ne faut pas confondre cette habitude avec la coutume fort différente usitée en Afrique, en Gaule, en Germanie et en Orient, de donner la communion aux morts (v. Bingham, Origines sive antiq, eccles, liv. XXIII, c. III, n® 14, Halœ, in-^®, t. X, p. 66). Menard (note 679 in Libr. Sacram. S. Gregorii Magni (Migne, PatroL^ t. La A VIII, col. 473) et Chardon (Histoire des Sacrements, t. II, p. 235) avaient déjà t^it cette observation.
7, De Phialis rubricatis, p. 231.
K Acta, dans Alford, Annal, ceci, angL-saxon., ad ano. 65o, num. 5, t. II, p. 273. 9. Acta sanct.j t. II, juiii, p. 525.
10. Origin, sive antiq, ucL, I. aV, ch. IV, n» 20, t. VI, p. 427.
gnage d'un protestant, le docteur Whitby », qui prétendait avoir vu à Sari, un calice danâ lequel le précieux sang avait été enseveli, extrait de la tombe de plusieurs évèques.
Nous voyons une preuve de la persistance de cet usage en France, à la fin du XVIII* siècle. Nicolas Gellent, évêque d*Angers, fut inhumé en 1290. Un contemporain qui a écrit le récit de la cérémonie dit : « Corpus ad tumulum » detulerunt et posuerunt honorifice in sarcophago de tupello ex diversis pedis » construao, cum mitra albâ in qua fiierat consecratus et crocia de stanno seu » cupro, et supra pectus ejus calix et catena plombei cum pane et vino'. »
En présence de ces nombreux exemples, il me semble impossible de ne pas tenir un compte sérieux de l'hypothèse du P. de Buck, favorisée encore par la facilité qu'il y avait à placer ces fioles dans les Catacombes, puisqu'on y célébrait souvent les saints mystères?. Entre toutes les opinions je crois que c'est la plus autorisée. Elle laisse en outre la possibilité d'admettre que plusieurs de ces vases ont vraiment contenu des reliques et du sang de martyrs. C'est à ces vases qu'a trait le décret de la Congrégation des Rites, et on peut parfaitement admettre que les vases de cette dernière espèce sont de véritables signes du martyre 4.
Peut-on, et c'est la dernière question que je veux traiter, peut-on arriver par une analyse chimique du contenu de ces vases à une solution favorable à l'une ou l'autre des hypothèses que je viens d'énoncer? On a cru longtemps que l'expérience faite par Leibnitz et que j*ai rappelée au commencement de ce travail avait définitivement tranché la question en faveur de ceux qui tiennent pour la présence de sang humain dans ces vases. Mais ce témoignage d'un « physicien protestant, comme parle M. GaumeJ, fondé sur l'observation d'un » seul monument, ou pour mieux dire ce simple soupçon, exprimé avec autant » de réserve est loin d'avoir l'importance qu'on lui a si généralement attribuée^.» L'état où se trouvaient alors les sciences naturelles, le peu de perfection des instruments dont Leibnitz a pu se servir, ne permettent pas d'ajouter une grande valeur à cette expérience.
On ne peut pas dire la même chose d'une expérience faite à Milan, en 1844, sur un vase d'un tombeau chrétien. Le chimiste Broglia crut y trouver du sang?.