‹ La question du vase de sangChapitre 26 sur 101 · GOKTRB LE DOGME DE LA RESURRECTION · texte numérisé non relu

GOKTRB LE DOGME DE LA RESURRECTION

dent eut de même ses épreuves ; la vieille objection des païens y reparut dans la bouche des incrédules.

Rien n'est plus curieux à étudier, pour l'histoire des erreurs humaines, qu'un long chapitre où Grégoire de Tours raconte sa discussion avec un prêtre gaulois. Celui-ci, infecté, dit-il, de l'hérésie saducéenne, appuie chaque proposition sur un texte des Livres saints et ne se rend pas facile^ ment.

• Des os réduits en poudre, dit-il, peuvent-ils donc rece- « voir de nouveau l'existence et former un homme vivant? »

« Certes, répond Grégoire, nous croyons que Dieu res- « suscitera sans peine le cadavre tombé en poudre et divisé

• par le vent sur la terre et les eaux. »

« Vous vous trompez, répond l'incrédule, et vous soutenez « une grande erreur avec de séduisantes paroles, lorsque « ¥OUfl dites que rhcmme dévoré par les bêtes, englouti dans « les flots , mangé par les poissons, dispersé par le courant des

• eaux, détruit par k putréfaction dans le sein de la terre, « sete ressuscité un jour * . »

D y avait plus d'un degré dans l'erreur que Guégoire <te* vail ainsi combattre. Les gnostiques niaient la Bésuirection parce que le Christ, pur fantôme, disaient-ils, n'était mort et ne s'était relevé de son tombeau qu'en apparence ^. Le prêtre gaulois déclarait au contraire que le Seigneur, réellement fait homme, était mort et ressuscité. La reconstitution de la chair était le seul point qu'il tînt pour impossible '.

Chez des chrétiens d'une foi moins chancelante, l'idée funeste attachée par le vulgaire à la privation de sépulture, je

* Hist. Franc, x, 13.

* Voir mes Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. ii, dissert, n" 478.

* Greo. Turon. loc. cit.

8 d'un argument des prehiers siècles de notre are

ne sais quel souvenir peut-être des âmes errantes que repoussait Charon, de Palinure et de son ombre désolée, laissait cependant encore place à Terreur.

Pour eux, les païens de Lyon avaient frappé juste, en jetant dans le Rhône les corps des Martyrs afin de les empêcher de renaître. Les paroles de saint Augustin sur les massacres de Rome me semblent attester Texistence de cette croyance étrange. Les monuments de Tépigraphie nous la montreront vivante encore à une époque moins reculée.

Souvent, dans les imprécations formulées sur les épitaphes contre les violateurs des tombes, on demande à Dieu que le coupable soit privé de la résurrection.

C'était parfois, me semble-t-il, la peine du talion appelée sur ceux qui, dispersant les restes d'un mort, le privaient, selon quelques-uns, du bienfait delà vie future.

Je sais combien peut sembler étrange une propoâtion semblable, et je n'avancerai que preuves en main.

Deux des formules d'imprécations dont je rappelle l'existence ne contiennent à l'appui de ma thèse que l'acclamation NON RESVRGAT «.

Une troisième a plus de valeur, puisqu'elle fait précéder

• OoRi, Inscr. Etr. t. m. p. 105 :

SI QVIS HVNC SEPVLCHRVM VIOLA.VK

RIT PAKTEM HABEAT CVM ITDA TRADITORKM ET IN DIE IVDICII NON RE8VB0AT

Oderici, Sylloge,^. 352 |Iii8cription attribuée au X« siècle) :

f PETRYS INDIONV S PRESBITSR TT PA MATHII JOHIS ET PA VLI DEPCHOR OMS V T NVLLV8 VIOLET HVC SEPVLCRVM

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