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(Vettori, De septem darmientibus, p. 48.)
(2J NON FVIMVS ET FVIMVS
NON SIMVS NON DESIDERA MVS VSQVE HIC DEDVCIMYR FELVXENETI IN PACE
{Collect, Vatic., t. V, p. 432, 6, et p. 470.) (4) Fabretti, p. 564, n» 108; Marangoni, Acta S. Victor. ^ p. 83. Je donoe
avec moins de confiance les indications suivantes : Collect. Vaiic.f 379^ 4]
(3) « Referendus utique, dit-il d'un monument chrétien marqué tlii
« Dis manijfus, referendus utique ad illa tcmpora quo cruda adhuc (luo-
<( rumdam in cordibus christiana religio aliquid de paganici ritus supci -
« gtitione retinebat. » [lier italicum, p. 73 et 74.)
les inscriptions vulgaires, déconcertent Tarchéologue. Le paganisme , le stoïcisme, y viennent marquer leur empreinte.
J'attends donc, pour m'éclairer ici, la production d'explications nouvelles, car chaque pas augmente mes doutes, et les arguments proposés pèsent pour moi d'un trop faible poids. Le R, P. Secchi a pris soin de les réunir ; je le suivrai dans son travail.
Les preuves sont ici de deux ordres : preuves par les monuments, preuves par les écrivains antiques.
Deux vases furent trouvés, dit-on, avec une inscription célèbre, celle du « Martyr Primitivus. »
PlÛMirivVS • iN . PAGE Q POST MVLTAS ANG VSliAS . FORTISSIMVS MARTIR >^ ET . VIXTT ANNIS . PM . XXXVUI . CONIVG . SVO -f- DVLCISSIMO B • M . FEGIT.
Mais cette inscription, que Marini condamne par sa note sur l'âge du Chrisme , et que ses 1 ponctués rendent d'ailleurs si étrange (1), porte dans sa ridicule emphase la preuve même de sa supposition. Tout la vient repousser à la fois, car les juges les plus éminents voient dans la simplicité des formules le caractère saillant des
(1) Voir, dans Zannoni, Epitaffto di S. PnmiUvo Martire, une copie figurine du monument.
premiers monuments chrétiens (1). Elle rappelle les fausses épitaphes d'Alexandre et de Marius, depuis longtemps suspectes à la science (2), et que le R. P. Garucci signale comme l'œuvre d'un imposteur maladroit (3).
C'est avec le même mépris que Téditeur de Macarius rejette, comme M. le chevalier de Rossi, des Vases invoqués jusqu'alors comme preuves sérieuses et décisives. Sur ces monuments, introduits après coup, ainsi que les deux inscriptions dont je parle, dans la publication posthume de l'œuvre de Bosio, figurent, en caractères de forme inadmissible, les mots sa satcrmii, sang, sa, qui indiqueraient la présence du sang (4).
Examinons maintenant les textes.
S'ils montrent invinciblement , et malgré les dénégations de Basnage (5), le sang des martyrs recueilli par les fidèles, le but qu'ils assignent h cette pratique ne me parait point d'accord avec l'explication admise.
(1) Marchi, ArcML, p. 54; Cavedoni, Ragguaglio délie iscr. crUt. del Piem., p. 41 ; cf. de Rossi, ixers, p. 28.
(2) Zaccaria, De usa inscr. Christian., p. 13 ; cf. DisserU laiinœ de rébus ai histor. Eeclesiœ pertinent., 1. 1, p. 102 ; Storia letteraria (f /toiw, t. XII, p. 410, noie 42; Gtoma/e Fiorentino, t. H, part. ii,p. 126; DeVila,iitt(tç. Benev.yU 1, p. 308, note E; Marini, Giornale de* letterati di Pisa, t. VI, p. 49; Prudent., éd. Arevalo, t. II, p. 1019.
(3) Hagioglypta, p. lOS et 107.
(4) Id., p. 107; cf. Bosio, p. 197 et 216.
(5) Uist.de l Eglise, l. Il, p. 1035.
Pourquoi, au risque de périr, se presser autour des victimes? Pourquoi disputer à la terre les gouttes d'un sang vénéré? Les Actes de saint Vincent le disent: « Videres a circumstantïum frequentiam sancti vestigia certatim « deosculando prolambere, vulnera totius laceri corporis « pia curiositate palpare, sanguinem linteis excipere, « sacra veneratione postem profuturum (i). »
Prudence répète les mêmes paroles :.
Coire toto ex oppido
Turbam Ûdelem videres
Mollire prsefultum torum
Siccare cruda vulnera.
)llc ungularum duplices
Sulcos pererrat osculis;
Hic purpurantem corporis
Gaudct cruorem lambere.
Plerique vcstem linteam
Stillante tingunt sanguine-
Tutamen ut sacrum sui»
Domi reservent posteris (2);
C'était donc pour le conserver que l'on recueillait le sang des martyrs ; il défendait le foyer domestique, et sa protection s'étendait d'âge en âge. Voilà ce que disent nos textes ; rien n'y montre, si j'ai su les comprendre, la coatume que l'on prête à nos pères,
(1) Passio s. VincenUi. (Ruinart, Actasincera, éd. de 17i3, p. 731.)
(2) Prudent., Pm«(ri;^.,V,\. 333 à 344, éd. Arcvalo, p. 1008, 1009.
Étudions encore les faits que rapporte le savant Jésuite.
Aux sépulcres de saint Gervais, de saint Protais et de saint Nazaire, le ciment est largement rougi par le contact des cadavres (1) ; près d'Agricole et de Vital, des dous, les firaigments d'une croix et du sang, mais répandu sans doute, car rien n'atteste le contraire dans le récit de saint Âmbroise (2). C'est ainsi qu'auprès de sainte Cécile (3) et de tant d'autres, des linges, des vêtements ensanglantés gardaient seuls cette marque du sacrifice. Dans ces tombes, le Vase était absent, comme à celle de saint Corneille (4), comme à celle de saint Hyacinthe (5).
(1) s. Âmbros., Epist. XXH, § 2 : Ossa omnia Integra, sanguinis plurimum; § 42 : Sanguine tumulus madet; S. Gaudent., Tractatus exceptus die dedicaUonis Basilicœ concilii sanctorum : Post ipsos habemus Gervasium, Protasium atque Nazarium beatissimos martyres... quorum sanguinem tenemus gypso collectum, nihil amplius requirentes ; tenemus enim sanguinem qui testis est passionis. {Veterum Brisiœ Episcopomm, S. Philastriiy S. GaudentU opéra, 1738, in-fol., p. 339.)
(2) S. Ambros., Exhort. Virgin., eu: Nos legimus martyris clavos et multos quidem .. coUigimus sanguinem trlumpbalem et crucis lignum.
(3) Mansi, CanciL, t. XIV, col. 374, epist. Il Pasch. Papœ I, De inventionc reliq. S. Cœciliœ : Uln et linteamina cum quibus sacralissimis sanguis abstersus est de plagis, in quibus spiculator trina percussione crudeliter se gesserat, ad pedes beatissimse virginis revoluta^ plenaquc cruorc invenimus. Frodoard, De Paschali Papa, dans Mabillon, Acta SS. ord. Bened. Sœc,, 111, pars u, p. 587, 588 :
Aurea virgineum celabant tegmina pignus; Carbasa martyrii rutilabant sanguine clari.
(4) On sait la belle découverte, faite par le chevalier de Rossi^ de la tombe du Pape saint Ck)rncille.
(5) Marchi, ArchileU., p. 269. Celui dont le Révérend Père paile ail-
Aux Catacombes, nous dit Prudence, le nombre des martyrs est infini ; mais les reconnaître tous serait une œuvre difficile, et les inscriptions seules le guident dans ses recherches (1). De signes étrangers, il n'en parle aucunement.
Vers le miUeu du ix« siècle, un évêque de Maycnce demande au Pape Grégoire IV l'envoi d'un corps de martyr, et ces mêmes hypogées, où nous en trouvons sans peine un si grand nombre, le saint Pontife les déclare épuisés par des translations antérieures. Peut-être, dit^il en terminant, des investigations actives et minutieuses permettraient-elles, toutefois, de satisfaire au désir de l'évêque (2) .
Lorsque Pascal chercha d'abord les reliques de sainte Cécile, il vint, dit-il, si près de son tombeau qu'il aurait pu parler à la martyre (3). 11 n'en vit pas moins, cette fois, échouer sa pieuse entreprise. Aucun signe extérieur n'avait donc appelé son regard.
Et pourtant ces Vases de sang, si hautement prisés à
leurs (p. 203), comme trouvé à la droite de cette sépulture, ne s'y reliait évidemment pas, puisqu'il n'est point figuré dans le plan de la chapelle oii reposait saint Hyacinthe (tav. XLVIU), et que le savant Jésuite prend soin d*expliquer l'absence de ce signe.
(1) Perisieph,, hymn. XI, éd. Arevalo, p. 1161, 1162.
(2) Bonifatii Opéra, éd. SeiTarius, p. 160, EpisL CXVI,
(3) Mansi, loc, cit, : Quia tanto peucs me appropinquasU, quod ore proprio loqui communiter valeremus.
cette heure, existaient alors et en bien plus grand nombre, car la destruction marche chaque jour. Prudence, Grégoire IV et Pascal les ont vus lorsqu'ils cherdhaient les tombes saintes, et leurs yeux ne s'y sont point arrêtés.
Il n'y a donc pas tradition, quoiqu'on ait prononcée ce mot, et rien ne remonte ici au delà du xvifi siècle.
Il est plusieurs faits de détail attestés par un vénérable antiquaire, et dont il importe de tenir compte.
Dans ses fouilles aux Catacombes, le R. P. Marchi rencontra deux sépultures qu'accompagnait le Vase. Deux corps entiers reposaient dans chacune d'elles, et, avec ces restes complets, quelques ossements appartenant à d'autres cadavres. Ces tombes étaient sans épitaphe (1). L'inscription d'une troisième portait le nom d'un jeune homme. Ce fut, cette fois, à l'intérieur que le Vase fut retrouvé. A côté du corps du fidèle reposait un second squelette, celui d'un enfant à demi consumé par les flammes (2).
Ici le savant reUgieux dénie le témoignage du marbre. « Les inscriptions, dit-il, n'accusent donc pas toujours « d'une manière exacte le nombre de ceux qu'elles re- « couvrent. » C'est là un moyen extrême, que je n'oserais
(1) Arddteltura, p. 118, 119 et 270.
(2) P. 119, 423 et 270.
admettre pour ma part. Mon hésitation s'en augmente, et je dois chercher ailleurs, avec le mot d'un difficile problème, l'explication des faits observés.
Conservé pieusement, le sang versé par les martyrs gardait et sanctifiait les demeures ; mais la vie du chrétien s'étend an delà du tombeaa, et, ce pabonage d'un moment, plus d'un voulut se l'assurer pour toujours. De là, je l'ai dit ailleurs, l'ardent désir de reposer près des saints, ou du moins dans les basiliques (1). Devant les interdictions renaissantes, la foi fut ingénieuse à appeler autrement sur les morts la protection céleste. Quelques-uns bâtirent des sanctuaires pour s'y préparer une tombe (2) ; on couvrit les cadavres du voile de l'autel (3) ; des restes vénérés furent placés auprès d'eux (4), et, dans le sépulcre
(1) Inscriptions chrétiennes de la Gauk, t I, dissert. 293 cl 354; voir encore t. \\, dissert. 492.
(2) Bullet.archeolog.napolit. Luglio, 4852^ p. i5 :
C. NONIVS FLAVIANVS PLVRIMIS ANNIS ORATIOMIBVS PETITVS NATVS. VIXIT ANNO VNO M. XI. IN CVIVS HONOREM BASILICA DAEC A PARENTIBYS ADQVISITA CONTECTAQVE EST, CtC.
Voir encore ci-après, p. 32, notes t, 2 et 3.
(3) ConcUium Claromontense, \, can. 3 et 7 ; Concilium Autissioduremse, can. t2.
(4) Odo, Uistcria translationis S. Mauri; Bollandus, Acla Sanctorum, t. I, janiiarii, p. i056; cf. Mabill., Prœfatto in I. soeculum Benedictinum § 60, éd. Roloraagi, p. 20.
Haême,del'ean bénite (1), des croix (2), des livres saints (3), des hosties (4), des reliques (5), \dnrent garder le fidèle endormi.
(1) Deinde (corpus) ponitur in spelanca, in qua> inquibusdam locis pomtur aqua benedicta... ne dœmones qui roultum eam timent ad corpus accédant^ etc. (Durandus^ Rationale, L vn, c. xxxv, n^» 37 cl 38, éd. de 1612, p. 457 A); Bosio, lîoma soUerr,^ p. 20; Lupi, Disseria^ioni, 1. 1, p. 76^ 77,
(2) Et in quocumque loco extra cœmiterium christianus sepeliatur, sennpcr crux capiti illius imponi débet, ad notandura eum cbristianum fuisse, quia faoc signum diabolus valde veretur et timet accedere ad locum crucis signaculo insignitum. (Durandus, Ratwnale^ ibid,, n9 39, p. 457 B.) Comparez le célèbre passage de saint Maxime de Turin. <V. mes Inscr. chrét. de la Gaule, 1. 1, p. 397); Âringhi, 1. 1, p. 94 et 95 ; mes Inscr. chrét., 1. 1, p. 289, etc.
(3) Morcelli, Kalendar. CûnslanHnop., 1. 1, p. 231; Monachus Egolismems S. EparchiU VUa CaroU Magni, c. xxiv, dans Ducbesne, t. Il, p. 87; BoUand., t. IH Mart.y col. 138, § 5 ; cf. Mabill., Prœfat. Act. S. 0. Bened. sœc.y II, n® 78, et Bosio, p. 105, pour la découverte de reliquaires dans les sépultures du Vatican.
(4) Amphiloch., Vita S. Basil., c. xvii, éd. 1644, p. 224; MabUl., liturg. gamc., 1. I, c. ix, § 13; 1. III, § 13; Conc. Carth., III, a» 397, can. 6; Conc. Autissiod., a» 586, can. 12; Conc. Quinisext., a<» 691, can. 83; BoUand., t. m Mart.y p. 123.
(5) Theodoretus, Philoth., c. xxi, éd. Paris. 1642, t. III, p. 866; Sozom., Hîst. eccl., 1. IX, c. n; Monach. EgoUsm. et Bosio, loc. dt.; Metaphr., dansSurius, xi déc.,ed. Col., t. VI, p. 959; Âcia SS., t. IV Aug., p. 324; YUa S. Bemardi, 1. V, c. u, no 262; cf. p. 326, n» 269. Une lettre de Tan 1168 (Surius, 22 sept., p. 224),* dit que saint Martin voulut être enseveli avec un vase rempli du sang des martyrs de la légion tbébéene. Ce texte, auquel on ne peut prêter la valeur d*un antique témoignage (Bolland., t. VI, sept., p. 385, 386), montre du moins qu'au xii* siècle l'ancien usage d'inhumer avec des reliques avait encore laissé dos traces.
Si les enceintes des églises furent bientôt envahies par les tombeaux, l'espace manqua plus rapidement encore aux étroites chapelles des Catacombes. Autour des corps des martyrs, les sépultures se groupèrent pressées, entaillant et ruinant les fresques ; mais les places étaient peu nombreuses ; il n'était pas donné à tous d'obtenir un tel Heu de repos.
Trois fidèles dont les marbres nous ont gardé le souvenir, Sylvius , prêtre d'Ivrée (1) , un sénateur de Vaison (2), un fidèle de Portus Romanus (3), préparèrent
(1) Gazzera^ IscrizUmi crisliane del Piemonte, p. 80 :
MARTYRIBVS DOMINI ANIMAM CORPVSQVE TYENDO GRATU COMMENDANS TVMYLO REQVIESCIT IN ISTO SILVIVS HIC PLENO CVNCTIS DILECTVS AMORE PRESBITER AETERNAE QVAERENS PRAEMU VITAE HOC PROPRIO SYMPTV DIVINO MVKERE DIGNYS AEDIFICAVIT OPVS SANCTORVM PIGNORA COKDENS^ CtC.
(2) t INLVSTRIS TITVLIS MERITISQVE HAVD DISPAR AVORVM PANTAGATYS FRAGILEM YITAE CYM LUIQYERIT YSYM MALLYIT HIC PROPRUE CORPYS COMMITTERE TERRAE QYAM PRECIBYS QYAESISSE SOLYM . SI MAGNA PATRONIS MARTTRIBYS QYAERENDA QYIES . SANCTISSIMVS ECCE CYM SOCIIS PARIBYSQYE SYIS YINCENTIYS AMBIT
HOS ADITOS . SERYATQYE DOMYM DOMIKYMÛVE TVETYR A TENEBRIS . LYMEN PRAEBENS DE LYMINE YERO^ CtC.
ff/ j (Voir mes /nstr. chréU de la GauUf t. H^ i/. 492.)
^ (3) Fabrelti, Inscripiiones, c. x, n® 478, fragment d'une épitaphe ano-
nyme :
HANC . AYLAM . PROPrU^ . OptBYS . CONSTRYXIT . AB . IMO IN . QYA . SANCTORYM . plUMHk . MEMBRA . MANENT.
eux-mêmes lem^s tombes au milieu de reliques prolec- Irices (1).
Ainsi firent, je crois le reconnaître, les chrétiens de la ville éternelle. Ces membres déchirés, recueillis avec tant d'amour, ces ampoules oîi se renfermaient les reliques et Teau bénite, sont venus garder leurs couches mortuaires.
Tel me semble le rôle du Vase (2).
Si Ton admet qu'un pareil signe ait pu désigner les martyrs, comment s'expliquer que parfois deux et même trois fioles chrétiennes se trouvent sur une seule tombe (3) ? Qu'ajouterait l'accumulation à la valeur d'une semblable
(1) tt Reliquias apud qiias dœmoncs nigiunt, » dit saint Jërôrae
dans sa rude énergie (Ad/vers, Vigilant, initio).
(2) D'après la rapide analyse des papiers que laissa Marini, un religieux aurait douté de la signification du Vase et la conclusion de son écrit serait, si Je ne me trompe, d'accord avec la mienne. {M. Marini, Aneddoti di G. Marini, p. 81, 82.) Je ne sais sur quels éléments le Père Ab. di Costanzo avait appuyé son système, mais U semble n'avoir pu montrer que les anciens chrétiens joignaient parfois des reliques à leurs sépultures. Le lecteur pèsera les preuves que je réunis à ce sujet; celles qui se fondent sur des textes ne nous reportent pas, je le sais, au delà du iv« siècle ; mais elles concordent sur ce point avec les inscriptions à Vase qu'accompagnent le Chrisme et les dates. Quoiqu'il en soit de la lettre dont je parle et de la réponse de G. Marini, j'ai hâte de*constater ici que , parmi ceux qui doutèrent avant moi de de la valeur du signe du martyre, figure encore une fois un membre du Clergé.
(3) Boldetti, p. 479; Co/fed. Vatic., 40t, 1; 420, 8; 433, 2; 446,2; Annali délie scienze religiose, t. XIII, p. 23; Gaumo, les Trois Rome y p. 583, pour les tombes à deux Vases. Trois Vases accompagnaient une inscription vue par Marangoni (Cose gentilesrhe, p. 455).
marque, et s'agirait-il donc alors de réitérations de supplices? J'aime mieux penser, pour ma part, à une protection collective cherchée près de plusieurs patrons, et les textes qui montrent les reliques amassées en grand nombre autour d'un même sépulcre (1) éclairent, on le reconnaîtra, cette nouvelle face du problème.
Un autre détail matériel m'apporte encore quelque secours.
Boldetti et le R. P. Marchi observèrent aux Catacombes des fioles de verre scellées entre plusieurs tombeaux, sans paraître se relier à aucun d'eux (2) ; d'autres vases, isolés de même, se trouvèrent aux extrémités, au milieu des galeries ou dans le centre des chapelles souterraines (3). On a pensé qu'alors la marque devenait collective et indiquait des réunions de martyrs ; mais le fait s'est produit ailleurs, sous une forme nouvelle et dégagée de toute équivoque. Boldetti rencontra encore, scellé de même entre quatre tombes, un vase de terre fermé d'une plaque de marbre. Des ossements se trouvaient dans celte urne, et l'antiquaire romain y vit des restes de martyrs (4). Je ne saurais en juger autrement, car, devant la forme connue
(i) Théodoret cl Sozoniène, loc, et/., et ci-dessus, p. 32, note 2.
(2) Boldetti, p. t8ô à t82: Marchi, Architett,, p. 112 et tav. XV.
(3) Boldetti, p. 181.
des sépultures aux Catacombes, toute autre explication semble impossible. Ces reliques, que Ton ne peut croire prélevées , comme le serait du sang , sur les cadavres qu'elles avoisinent, étendaient, cette fois sans doute, sur une réunion de tombeaux, cette protection qu'une inscription sans Vase demande ailleurs à Dieu lui-même (1). Ainsi faisaient les fioles isolées vues par Boldetti, par le savant Jésuite, et l'indépendance même de ces restes fragiles nous dit leur véritable rôle. L'assimilation parait complète, car le sang, de même que les ossements et l'eau bénite (2), se trouve à Tintérieur comme au dehors des sépulcres (3).
Je regretterais la conclusion de cette étude si, au milieu de tous mes doutes, mou respect ne s'était accru pour le Vase des Catacombes. Ce n'est point, comme on l'a pu croire, une vile matière qui vient rougir ses flancs (4) ; le
(i) 60LVS DEYS ANIMAM TVAM
DtEFENDAB ALEXAISDRE.
(Perret, Catacombes, t. V, pi. lxxv.) {2) Crediamo cho quelle arapoUe di vctro e quel vasetti di terra che spesso si trovano yoti dentro li sepolcri; e talvolta anco murati per di fuora oei sacri cimiterij,^ (bssero ivi posli cou la detla acqua benedctta. (Bosio, p. 20D.)
(3) Boldetti, p. 181, 182, 183; Mai'angoni, Cose geniilesche, p. 42o; Uarchi, ArchilelL, p. 123; Gaume, les Trois Rome^ t. IV, p. 583.
(4) On s'est autorisé d'un passage de Cicéron pour voir dans le conleiiudu Vase un dépôt de lene rougcilre. Fabielli, :>îiS^ 55(î; Boldetti,
sang se conservait ainsi aux temps de TÉglise primitive (1), et l'analyse en constate ici la présence (2). Je reconnais le sang des martyrs protégeant la tombe chrétienne, et dont une goutte suffit à purifier les âmes (3). Je m'incline devant ce Vase, toujours envoyé par Rome avec le corps de celui qu'il gardait. Il n'est pas de plus sainte relique. Nos pères, au risque de périr, l'ont conquise sur le lieu du sacrifice. Je n'en sais point de plus certaine, car il n'est point
185; cf. Cic, De divinatione, \l, 27 : a Dccoloratio qiiaedam ex aliqua « contagione terrena maxime potest sanguinis similis esse. »
(1) De mirac. S. Stephaniy liv. 1, c. i^ dans l'édition de saint Augusiiu par les Bénédictins, t. VII; Nicepli. Callist., H. £., XVUI, 31, éd. 1C30. t. Il, p. 350; Grog. Tur., De glor. mart., c. xu et xxiv; Labbe, Bibl, manu8cr,ft. I, p. 783.
(2) Fabretti, p. 556; Biraghi, Sui due santi Martiri milanesi^ p. 71.
(3) Telles sont les expressions significatives, quoique métaphoriques^ de répitaphc de Satyrus :
VnASIO SATYRO SVPREMYM FRATER HOKOREM
MARTYRIS AD LAEVAM DETYLIT AMBROSIVS UAEC MERITI MERCES VT SA CRI SA^GV1^1S VMOR
FIMTIMAS PENETRANS ADLVAT EXVVIAS.
(Gmter, 1167,2.) VoLi- encore Paul. NoL, Poew., XXXV, v. 603-610 : Credimus œternis illum libi, Celse, viretis
Ijetitiœ et vitae ludere participem.
Qucm Complutensi mandavimus urbe, propinquis
Conjunclura tumuli federe martyribus; n de vicino sanctorum sanguine ducat
(Jiio noslras illo pui-gct in igné animas. Frtiio etenim nobis qiioque peccatoribus olim
Sangiiinir? lia?c noblri giitlula lumen orir.
d'intermédiaire entre nous et Tantique possesseur. Si parfois, comme Ta dit Mabillon, comme l'admet la Con- ^égation des Rites, le Vase contint quelque autre matière (1), ce fut alors cette eau bénite qu'y reconnaît Bosio, et dont Guillaume Durand explique le rôle et la présence (2) ; ce fut l'huile puisée aux lampes des saints tombeaux (3), ou quelque souvenir sacré pieusement recueilli parles fidèles (4).
(i) De cultu sanciorum ignotorum,^, 16-18; Boldetti^ p. 237; Dionysius, Cryptœ Valicanœ, p. 7.
(2) Voir ci-dessus, p. 31, note 1.
(3) Greg. Turon., H. Fr.y VIU, 15 : « Habebara enim ibi ampiillam oleo plenam quam de sancli Martini basilica deluleram. » IX, 6 :
« Crucera ferons de qua dependebant ampullulae quas dicebat oleum
sanctum habere. Aiebat enim se de HLspaniis adveniai*e, ac reliquias beatissimorum martyrum Vincentii levitœ Felicisque martyris exhibere. »
De glar. cmfess,, IX : u Plenam ampullam olei sancti Anlistilis. »
Mirac. S, Mari., III, 24 : « Ampullam parvulam de oleo S. Sopulcri
completam. » Cf. Marini, Papiri diplomatici, p. 378 A. J'ai vu à Saint- Augustin de Rome recueillir et emporter dans des fioles, comme on le faisait aux temps antiques, Thuile d une lampe allumée devant la statue de la Vierge.
(4) Hieron., Advers. Vigilant, initio, passim : « Pulvisculum in modico
vasculo cineres dissolûtes in serico et vase aui'eo porta verunt. » Greg.
Turon., Mirac, S. Jcl., XL : « Abluta aquis facie, parvam ab bis pro benedictione complevi ampuUulam. » 3lirac, S, Mari., Il, 40 : « Venit ad puteum quem Sauctus Dci proprio labore patefecit, fusaque orationc aquam haurit, impositamquc in ampuUula, domum regrediens, deportavit. » Cf. I, 2, et II, 32, pour les fioles d'huile sanclifiécs par l'attoucheuicnt du tombeau de saint Martin; Paul. Pelrocor., V, 100; Marini, hc, cit.
Pour satisfaire à mes scrupules, pour répondre aux objections incessantes de la logique intérieure, j'ai voulu aborder la question , la prendre à son tour en face , et tenter de m'éclairer moi-même en appelant de tout mon cœur une réfutation décisive. Je défère mon sentiment au jugement de la science ecclésiastique, a Omnia autem « probate, dit l'Apôtre, quod bonum est tenete (1). » J'ai suivi cet antique précepte, et j'ai trouvé légers les arguments dont on s'est tenu satisfait. En essayant de montrer que le Vase ne saurait désigner les sépulcres des martyrs, j'ai mal réussi, peut-être, à retrouver son sens et son usage. De plus habiles chercheront, s'il le faut, le mot d'un obscur problème. Il me suffit d'avoir tenté l'œuvre et signalé, comme le disait Fleury, une erreur compromettante pour les saintes pratiques de la Religion (2). Si je m'égare dans la route que MabiUon a victorieusement suivie, je suis prêt, comme il l'était lui-même, à reconnaître et à désavouer mon erreur.
(1) 1. Thess. V, 21.
(2) Ouvrages posthumes de Mahillon, 1. 1^ p. 304.
Pajiis. — Typo^'iaphip Af RENOU i:t MAUI.PE, nm do Rivoji, \i^ 144^
DU