‹ La question du vase de sangChapitre 40 sur 101 · UN TEXTE INÉDIT D'AGTES DE MARTYRES · texte numérisé non relu

UN TEXTE INÉDIT D'AGTES DE MARTYRES

du plus illastre et du plus populaire des martyrs de l'Asie Mineure.

Pour ce qui est des Acies de Carpos, de Papylos et d'Agathonicé, Eusèbe, nous Tavons noté, atteste qu'ils existaient de son temps, c'est-à-dire à la Sn du III'' ou au commencement du iy"" siècle. Mais ils sont perdus. Ceux que nous aYons en grec sons le nom de Métaphraste et sous la forme d'un sermon, et en latin, traduit librement de ce grec, dans la collection de Surius (1)^ ont justement paru à Ruinart indignes d'être recueillis et publiés dans les Acta sincera. Il faudrait en effet une bien grande complaisance pour Yoir dans un pareil morceau un dorument de quelque Yaleur historique. C'est une pièce incohérente, décousue, surchargée de miracles et embarrassée comme d'une enchère d'absurdes détails. Essayer de faire un triage dans un pareil fatras paraît impossible. Le caucYas primitif étouffé sous l'illustration est indiscernable. Dès la première ligne on est jeté hors de la raison et de la Yraisemblance. Qui admettra que l'empereur Dèce, informé que deux fidèles d'une petite Yille d'un canton de la province d'Asie résistaient à ses ordres souYerains, ait dépêché spécialement et tout exprès un légat pour les réduire ou les supprimer? Qui admettra que ce légat, en face de ces deux personnages arrêtés par ses ordres, ait joué le rôle qu'on lui prête, les ait de la façon qu'on le raconte promenés de Yille en Yille, ait usé à leur égard, et naturellement en Yain, de toutes les formes du dernier supplice? Si par cet « assesseur» de Dèce (2), ainsi que la Yersion de Surius rappelle, si parce légat extraordinaire il faut entendre tout simplement le proconsul d'Asie en tournée dans sa proYince, comme on le nomme Valérius et que, selon le calcul des Latins, il a fait exécuter Carpos et ses deux compagnons le 8, le \2 ou le 43 aYhl, il suit que cela n'a pu aYoir lieu sous le règne de Dèce, car aux deux printemps de 250 et de 251, les deux seuls que ce règne comprenne, les proconsuls se nommaient: le premier, JuliusProculus Quintilianus; le second, Optimus. Et si, aYCC les Grecs, le martyre de Carpos et de ses amis est placé au 13 octobre 251, si « Valérius » a été écrit pour a Valerianus » et que celui-ci soit le Valérien ami de Dèce qui fut plus tard empereur, d'abord la conduite particulièrement perfide cl cruelle qu'on lui prête ici répugne aYCC ce qu'on sait du caractère de ce personnage, qui passait pour un des hommes les plus honnêtes de son temps; en second lieu ce Valérien, nommé censeur à ce

(1) Cf. au 13 avril dans les Bollandistes, April, t. III.

(2) <iyTxd6e5p6v tiv«, Act, de Métaphraste.

6 UN TEXTE mÉDlT d'aCTÊS DE MARTYftES.

moment même, n'était pds alors à Pergarae ni en Asîô Minettfe (I). Enfin, qu'il s'agisse de ce Valérien ou d'un autre Valérianus ou Valérius, il est difladle de croire qu'on ait persécuté les chrétiens en Asie au milieu d'octobre 251, quand depuis dix mois toute violence était arrêtée dans la province d'Afrique, et que depuis six mois, à Rome, c'est-à-dire à peu près au moment où le nouveau proconsul se mettait en route pour Ephèse, les chrétiens avaient vu s'ouvrir leurs prisons et que Corneille, élu pape depuis la fin du printemps, réunissait librement autour de lui les principaux personnages de son église pour discuter et régler avec eux nombre de questions qui divisaient alors les fidèles. Le Valérius ou Valérianus des Actes de Métaphraste, Vassessor Decii est emprunté sans doute à d'autres Actes où il est nommé tantôt collègue, tantôt préfet de Dèce, bien qu'il soit certain qu'il n'a jamais eu la première qualité et fort douteux qu'il ait eu la seconde.

En fait on ne saurait guère tirer de ces Actes que lé nom de l'empereur et ceux des trois ou quatre martyrs qui y figurent. Ceux de Dèce, du proconsul Valérius, et du martyr Agathodoros manquaient évidemment aux Actes ou'Eusèbe connaissait, sinon il eût cité le dernier avec les trois autres, et n'aurait pas implicitement rapporté l'épisode au temps des empereurs Antonin ou Marc Aurèle.

Le caractère des Actes de Métaphraste et leur nullité historique, et aussi la mention si expresse d'Eusébe, nous ont donné Tidée de chercherdans les manuscrits grecs de notre Bibliothèque nationale si nous ne trouverions pas, sinon la pièce d'Eusèbe (comme il n'en dit rien, rtul ne peut en face d'un texte nouveau être assuré de la posséder), au moins uû document plus sérieux et de plus grande autorité.

Sur dix manuscrits du fonds grec contenant le récit des martyres de Carpos, de Papylos et d'Agathonicé qui se trouvent à la bibliothèque de la rue de Richelieu, neuf nous donnent le texte même de Métaphraste (2) sans variantes qui vaillent la peine d'être relevées. Un seul nous fournit un récit nouveau beaucoup plus court et plus raisonnable, et digne pour cela d'attirer l'attention. C*estun mani^crit noté au catalogue comme de provenance orientale, entré 5 la bibliothèque en 1669 et portant le n*^ 1468 du fonds grec.

(1) Valérianus, en octobre 251, était à l'armée en Tlirace avec Trajan Dèce (Capitolin, Valérianus, I).

(2) Voir au fonds grec les nos i/iso, lÛSii, lûSG, U94, UQS, 1503, 1512, 1514 et

UN tEXTE INÉDIT d' ACTES DE MARTYRES. 7

Le nouyeaa texte qu'il donne dés Actes de Carpos^ de Papylos et d'Agatbonicé n'a pas été connu de Tillemont, de Ruinart ni des historiens et critiques postérieurs, et nous paratt absolument inédit

Si l'on ne peut soutenir que ces Actes soient ceux mêmes qu^Èusèbe a mentionnés, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit ainsi. Le nomde l'empereur régnant, non plus que celui du proconsul d'Asie, juge des martyrs, n'y est pas marqué, et les qualités d'évéque et de diacre attribuées la première à Carpos, la seconde àPapylos dans les Actes de Mélaphraste, ne sont pas indiquées non ptds. Par ces traits^ tout négatifs, il est vrai, cette pièce s'ajusterait bien avec celle dont parle Eusèbe.

La métaphysique que fait Gafpos deVant lé tribunal proconsulaire est étrange sans doute, mais tout n'est-il pas étrange dans ces affaires? D'ailleurs le discours que prononce le saint est relativement court et de ton modéré. On n'y trouve rien qui jure évidemment avec le caractère et la qualité de celui qui parle ni avec les circonstances au milieu desquelles il est placé. Il faut supposer seulement quelque patience chez celui qui l'écoute. Mais cette patience, après tou(, était possible chez l'homme assuré de son pouvoir, et sachant qu'ayant la force, il aurait toujours le dernier mot. Du reste la plupart des meilleurs interrogatoires de cette espèce, lesquels contiennent d'ordinaire des tirades analogues^ sont des morceaux écrits après coup, sut* des notes prises eii courant ou de souvenir, et n'ont par conséquent qu'une vérité d'à peu près. Il entre mal dans notre esprit qu'un Juge, un personnage consulaire discutât en pleine séance et aussi longuement avec les fidèles déférés à son tribunal^ sur la valeur du culte ofiQciel et du cultenouveau, et s'amusât à faireavec eux de la théologie comparée (1). Vraisemblablement il leur coupait la parole dès le début de ces échappées doctrinales, par quelque vive et brutale interruption comme on en trouve une ici : « Assez d'impertinentes sottises. Sacrifles-tu ou non? » Ces inepties prétendues, qui pour les membres de l'Église étaient le morceau capital, étaient ensuite reprises à tète reposée par un rédacteur anonyme^ illustrées ^ parfois copieusement développées. Ici du moins le rédacteur a été plus discret que beaucoup d'autres.

Nos Actes, évidemment plus anciens que ceux de Mëtaphrasie, et qui n^ont presque rien de commun avec eux, s'accordent implicitement avec eux sur ce point que Carpos et Papylos n'étaient pas tout â fait les premiers venus. A plusieurs reprises, dans la pièce de

(i) Voir, par exemple, dans Roioarti les Actes d'Achatius,

8 UN TEXTE INÉDIT D'aCTES DE MARTYRES.

Métaphraste, le prétendu Valérius qui les poursuit avec tant d'acharnement en parle comme de personnes de culture distinguée et de gens comme il faut (1). Du second on nous dit même qu'en même temps que diacre il était médecin, et celte dernière qualité môme donne lieu à un épisode certainement sans valeur histo* rique(2j. Dans nos Actes, le proconsul, s'adressant à Papylos, débute en lui disant : « N'es-tu pas sénateur? » c'est-à-dire décurion sans doute. Et l'autre répond qu'il est citoyen deThyatire.

D'Âgathonicé, dans les Actes de Métaphraste, on a fait une soeur de Papylos. Ailleurs on l'appelle sœur, sans qu'on sache précisément s'il s'agit des liens du sang qui l'attachent h Papylos ou à Garpos, ou simplement des liens d'une même foi. Dans nos Actes inédits on en parle comme d'une femme de Pergame, « Agalhonice quaedam », comme d'une mère de famille qui a un flis encore vivant. L'épisode de sa mort est assez gauchement rattaché au récit principal. On ne sait pas bien pourquoi elle meurt. Nul interrogatoire, nul jugement du proconsul n'est intervenu, bien que l'auteur de la pièce fasse dire à la foule présente un mot qui indiquerait le contraire (3). Il semble que sa mort vienne d'un accès spontané d'exaltation religieuse. Elle a vu un appel divin : d'elle-même elle se dépouille de ses vêtements et s'étend sur le bûcher. On dirait que ce morceau, qui sert d'épilogue au récita ne s'y relie pas fort bien, qu'il y a là quelque lacune. Cet épilogue laisse l'impression d'un appendice gauchement rattaché à la relation et ne faisant pas corps avec elle.

En somme, telle qu'elle est et que nous la donnons dans son texte original, cette pièce vaut bien nombre d'Actes analogues que Ruinart aqualiûés d'Actes sincères. Elle est même, à notre goût, supérieure à plusieurs Actes qu'on lit dans ce recueil, qui aurait grand besoin d'un remaniement et d'une mise au point.

Le texte que nous donnons ici est au folio I3i du gros volume manuscrit n* 1468 du fonds grec. Nous en avons essayé une iraduc-

(J) xà eÙYEvàç xal x6(T(itov twv àvopwv (Carpos et Papylo8)'al8oujASvo;, et plus loin Ô4/1; xal ii icûv ^0<ôv evxoa|iia. %

(2) Il s*ag'.t do la guérison miraculeuse d*un assesseur de Valérius^ lequel avail perdu un œil. Papylos met les ministres du culte païen au défi de lui rendre Tœil qu'il & perdu. Us 8*y évertuent vainement Et lui, avec une prière, un aigne de croix et une onction, lui rend le plein usage de ses deux yeux.

(3) Les Actes de Métaphraste disent ici : C'est en ce temps qu*Agathonicé, sœur du divin Papylos, 8*associa à leur sort, entra avec eux dans le feu, avec eux fut préservée et avec eux renvoyée en prison. Ces martyrs, dans Métaphraste, invulnérables à tous les supplices, finissent par le glaive.

UN TEXTE IfiEDIT D ACTES DE MARTYRES.

lion latine aussi liltérale qu'il nous a élé possible de la faire. Là où nous avons, dans le texte grec, corrigé d'évidentes ou très probables erreurs de plume, nous donnons en note récriture du manuscrit.

MAPTTPIÛN TÛN AHÛN KAPIIOr

KAi nAnrAOr kai afabonikhs

'EvSrjfjLWVTOç (1) Tov àvôu^aTOu Iv TIepYCK{A(o •repocnox^Tl^av aùrS ot (xaxdtpiot KdcpTco^ xal IlaTcuXoç [xap-cupEç

TOU XpiTlOU.

'O 8è àvôuiïaxoç -repoxaôfoaç ?(pYi • tCç xaXîj (2) ; 6 Se {jiaxaptoç ?flpYj • xb •jcpwTov xal IÇatpeTOv ^vojjia ^^pi^navo'ç, el 8à T^ Iv tÇ) xoVpiw ÇriTcTç, Kap- •jcoç.

'O àvôtSicaTo; eïitev • t^ta(rzoLi ^oi itavTioç rit -repodraYfAaTa twv Aùyou- OTcov irepl tou Setv ujxaç aéêeiv touç ôeoù;, Toî>ç xi iravra Sioixouvraç • Sôev ou^xêouXeudt) {({juv irpoaeXôeîv xal 6uaat,

Rdtpjcoç eTïtev • Iy**> XP^^'f **^^Ç ^V^ * Xpioriv T^v utbv TOU OeotlaéêofJLaijTbv IXôdvra (3) Iv Ocrepoiç xaipotç e-rel ffw- Tf^^loL -îjfxwv xal ^^a(jievov "^(xaç tyjç TcXavTfiçTOuSiaêoXou • toioutoi; Si eiSw- Xot; ou 6uu). IIo{£i S ÔeXeiç * 6(i.à y&p dSuvaTOv Ôuaat xiÔSt^Xoiç flpa<y(i.a<yiv Sai;jiovo)v • ol yàp toutoi; Ouovte; ôfjLoToi aÙToTç elaCv • âtrirep ^kp ot âXrjÔtvol -repo^xuvYjTai xaxot tJiv ôeiav &7:ofxv7i<Tiv TOU Kup(ou, o\ Iv Tcveu- [itaTi xal àhfiBioL icpo<xxuvouvTe; tco

MARTYRIDM SANCTORUM CARPI ET PAPYLI ET AGATHONICES

Pcrgami commorante proconèuJc (Asiae), adducll sunl ad eum beati Carpus et Papylus, Christi martyres.

Proconsul aulem, postquam sedisset, dixil : Quisvocaris?

Bealusverodixit: [Secundum] primum et prœcipuum nomen, Christianus; atsimeuminmundo nomen quaeris, Carpus [vocor].

Proconsul dixil: Comperta îibi sunt omnino Âugustorum jussa quibus vosoportet deos venerari qui omnia regunt. Itaque vobis suadeo ut accedatis et sacrificetis.

Carpus dixil : Ego sum chrislianus : Christum Dei Qlium veneror qui novissimis temporibus propter nostram salutom venit et nos ex insidiis diaboli liberavit.

Istius modi vero idolis non sacrifico. Fac quod vis. Fieri enim non potest ut ego spuriis dasuioniorum iraaginibus sacrificcm.

Nempe qui istis sacrificant simileseorunt sunt. Qaemadmoclum enim genuini secundum divi-

(1) M s. èv5ei(i.oùvco;.

(2) Ms. xa>ei.

(3) Ms. IXOcôvxa

UN TEXTE INÉDIT D'aCTES DE MARTYRES.

OeÇ ^çpojjLoiouvrai ttî o<5Çi[i toS 0£Ou xa\ eiffiv [X6t' «utou àOavaTOi, (xeT«Xaêovre; (1) T7)ç at(i)v(ou Çoiîjç 5il tcn Xo^ou • ouTO)ç xal di toutoiç XaTpeuov- T6Ç àtpojjLOtouvrai ttj {jLaTaionqtt twv Satji.ovo)v xa\ cîjv auToTç dtitdXXuvrai Iv Y^ewT). ACxYj yip Sixaia loriv fjLetJt TOU TtXav/jaavTOç t^v ^VÔpCOTCOV, TO £$aip6Tov xrCafjLa toîî 08Ou • Xéyo) 5^ TOU Sia6oXt>u TOÎÎ irapaÇvjXtoaavToç otxEta wov7jp(a xwv eiïI touto • JOev yCvcoffxe, ovÔuTcaTE, (i.^ ôueiv (jie tou-

TOtÇ.

*0 Si àvOuTcaTOç ÔU{jLU)6ei; Icpyi • ÔucaTE toi; 6eoTç xal {jlyj uu)pa(veTe(2).

Kccpiroç uTCOfiietSiocffaç (3) elirev • Oeoi, ot Tov oùpavov xat t?jv y^v oux iTTOiYiGav, àuoXécTÔuxyav,

*0 àvÔuiraTOç eTirev • Ouffaî de §eT ' ouTO)ç yàp IxeXeudev 6 aOxoxpaTwp.

KapTtoç eiTcev • oî Çwvtcç toTç vexpoiç ou Ououdiv.

'O àv0u7raTOç éÏTcev • ol 6eoi $oxoudt ffot veitpol elvai ;

KapTTo; eïirev • ÔeXeiç àxouaai ; oS- Tot oure avGpwiroi (4) ovteç TroTè IÇyjdav, ïva xat àTroÔàvwffiv • ÔÉXetç Si (xaôctv Sri àXr,6éç Ittiv touto ; apov tÎjv Tt[jii^v cou aTc' auTwv -^v SoxeTç Tcpoaçspeiv auToT;, xal Y^tooTi Sxi ou- 8év (5) eî<yiv • i\if\ y^; uTcap^^ovra xat

(1) Ms. {UTaXaêcôvreç.

(2) Bis. (Mo^évexai.

(3) Bis. Oiio(ii5iauTa;.

(4) Ms. àvOp<oiMi>v.

(5) Bit. oOOév.

nam jassionem Domiai cultores, qui Deum in spiritu et veritalc adorant, Dei gloriae similes e£Qciuntur et cum illo fiunt immortales, aelernae vitœ cum eo per Verbum participes ; sic qui ista adorant daemoniorum yanitatis similes efficiuntur et cum eis perditum eunt in gehennam. Judicium enim justum eos manet cum eo qui homitiem, electam Dei creaturam, decepit; diabolum dico qui invidia motus [daemonia] exstimulavit propria eorum adversus hanc [crealuram] malignitate. Inde scias^ proconsul, me istis non sacrificare.

Proconsul vero iralus dixil SacriDcate diis^ nec desipile.

Carpus subridens dixit: Pessum eant dii qui nec caslum nec terram fcccrunt.

Proconsul dixil: Te sacrificare oporlet; ita enim jussit imperator.

Carpus dixit: Qui vivunt mortuis non sacrificant.

Proconsul dixit : Dii mortui esse libi videntur?

Carpus dixit : Visne audire ?

Isli ne homines quidem olim vixerunt utetmorercnlur. Visne discere hoc vere ita se habere ?

Âbstrahe ab his cultum quem tu videris eis praebere, et intell i^ ges eos nihil esse, [sed] terrestri

CN TEXTE INÉDIT D* ACTES DE MARTYaES.

i^[iLâ)v à^povpç ôv xa\ Tol»; aîwvac iroiiqîraç, aùroç dl(p6apTà; xal alwvioç $iafi.£vei 6 aOtoç àel wv, jat^ts aiSçifi^tv {I.TÎT6 jxciojffiv (1) iTriSsyojjLevoç • oStot Se xai ^i'éO'^'ZOLi uuo àvÔpwirwv xa\ çÔfiCpovrai, J)ç ?<pYiv, ôiib tou xpô^o^ * TO 81 jj^y[(S[i.titiy xal i-KaTÔc/ aurouç (x^ ôoufxadYiç • 6 Y^P SiaêoXo; dt-rt' ^PX^^ itedwv èx t5iç IvSoÇou aùrou Ta- Çewç obtcia jxoxOTipfa t)iv itp^ç x^v àv- 6p<oiçov Too 0eo{î oropfriv (2). Kalxa- TamcÇofiievo; (3) intb t<ov à^itov TOUTOtç aVTaYto)v(2[6Tai, xal icpoxaTaoxeudiÇci ^oXé(xouç, xal Tcpo^afxêdivow àiraYlféX»

Xei (4) toTç ISfotç • ô[iLofwç xal èx twv xor8' ^{lipav ^[xTv cufxêaivovTWV àp- XatoTEpo; (5) wv tou xp<^^®" àizoTteipaç Tit <ju|x6Ti<J0(jieva itpoXeYet fiitep aÙTcx; jiiÉXXst (6) xaxoitoieTv. "Exe^ Y^p Ix T7JÇ à-jrocpaTCw; tou Oeou rîjv dSixtav TO elSÉvai • xal xaTi cru^X^^* p7j<yiv 06Oλ neipaÇet tov avOpWTrov ÇrjTwv TtXovYÎGai t9)ç eu<Te6tiaç. Ilai-

<l671Tl (7) o3v fJLOl, &7CaTlx£, ÔTl Iv [JWt- TOKÎTÏiTl l<TTe OU fJLlxpS.

(1) Ms. (lîbXJtV.

(2) Il manque ici le verbe dont xi^ TOU 0EOÛ oxôpvTiv est le régime. Nous n'osons pas le suppléer. Le mot pouvait être analogue à àçaipEÎ ou àçatpeîv pouXexat.

(3) Hs. xataTreCoyLEVo;.

(4) Ms. àuaYÉXei.

(5) Ms. àpix^orepoç i(^ XP^^^*

(6) Ms. (UXei.

(7) Ms. «(jOriTi.

e maleria constare et tempoie consumi.

Deusenimno8ler,cumsitnullo lempore comprehensuset saecula fecerit, ipse incorruplus et aeternus permanel, et idem semper est nec incrementum patitur nec deminutionem. Hi vero [dii] ab hominibos fiuntet tempore, ut dixi, consumuntur. Quod autem oraculis porlendant et deludant, ne mireris. Diabolus enim aprinclpio, cum e fasligio splendidi sui status exciderit, sua ipsius perversitale amori Dei erga hominem [invidet] (1). Et calcatus a Sanctis invicem cum lis praeliatur, iis bella praesiruit et praeoccupans suis afflnibus annuniiat.

Simili modo et ex iis quas nobis quotidie accidunt, cum sil tempore antiquior, quœ fulura sunt cum peneiravit, praedicit ea quae in malam parlem ipse aclurus est. Habet enim ex Dei declaratione iDjuslitiam scire, et, sicut Deus permittil, hominem tentât, quaerens eum a pietale averlere.

Persuasum igitur habe, consularis, vos in vanitate versari non parva.

(i) Nous proposons invidet mis entre crochets pour rendre le verbe grec qui manque dans le texte manuscrit.

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