‹ La question du vase de sangChapitre 70 sur 101 · Il · texte numérisé non relu

Il

4. Voy. les Recherches sur les opinions et la législation en matière de mort volontaire pendant le moyen âge, par M. F. Boiirquelot (Bibl. de V École des chartes, l'«série,t. IV, p. ?.42).

et jocans coHoquebatur. Ilia autem simpliciier^ ut casta mulier^ inter alia in baec verba prorupit : « Vellem a te scîre utrum nexus conjugalis légitime servetur^ utrum amori meo amor pellieis cujuslibet prseponatur? » At ille, ut juvenis jocundus et levis, subridens respondit : <c Putasne me te sola contentum? Putasne quod iUam vel illam non habeam amicam?» At illa: «Si vera, inquit, crederem quœ dicis, jam immisso cultello (tenebat enim cultellum) transfigerem me. »» Ërat autem gravida^ vicinaque partui. Miles vero verbo verbum inculcans : « Nescio^ inquit, si in te ssevieris, quia^ sicut assero^ verum esse cognoveris. » Femina diutius tantum non ferens ruborem seseque cohibere nequiens^ sed sexus sui immemor^ impresso cultro propria transfodit viscera. Subito malo et insperato miles turbatus pectus tundebat^ faciem et csBsariem laniabat^ flebilibus vocibus se miserum asserebat. Et rêvera verum fatebatur : qui felix fuerat conjuge, duobus privatur, et matre et quam in utero geslabat sobole. Dolorem dolori ejus cumulabant omnes qui aderant; tum dolor viri , tum mors mulieris, qu» alti vixerat testimonii , ad lamentum incitabat. Qms enim lacrimas cohibere possit^ qui praegnantem misère mori, fetum necdum enixam , sine causa perspexerit? Cultellum qui corpus transfixerat a vùlnere nemo extrahebat, existimantes quod cum ejus emis^ sione spiritum supremum emitteret. At sponsus, qui adhuc sponsus, totus perfusus lacrimis^ preces ad Dominum convertit, ejus mîsericordem malrem interpellans : « Domina, quae es salus mea, consolatio mea prœstabilis super nequitia et tribuiatione mea, domina quae educatum in hac hora me perduxisti, te testans invoco testem conscientiae et puritatis mese. Tester te, domina » et coram omnibus confiteor quod thorum conjugalem adultérine coi tu numquam fœdavi, oculos ad aliénas non levavi, cor mundum et innocens ab omni muliebri concupiscentia habui. Nunc ergo, domina, cum nichil horum fecerim, quasi omnium reus teneor, et in morte conjugis morior; neque enim vivere potero, mortua parte et maxima nostri. 0 conjunx et conjunx dilecta ! quis michi det in sorte tua mori pro te? Vivens, sed nec vivens , quia semper in mœrore vivens, tabescet corpus; o utinam cum corpore tabescet et spiritus! Quis unquam, ut ego , ita sensit in corpore vulnus alieno? Sed numquid unum corpus eramusin Ghristo? Eramus

plane. Perforalum doleo corpus meum, et quis medebitur mei?

Virgo,. . .hujus mulieris medere vulneri, restitue sanitati. Melius est enim ei mori quam diutius mortem protrahendo ita cruciari. Virgo, Virgo, tuo me committo judicio. Qua? miscricordiae lance pondéras omnia, ne reputes pro facto levé verbum, verbum stultum quod lo-^

jutus sum^ cuni innocens sim a nocenli opère. Domina^ digniinrnv compensatione non iibi rependam praemium^ verumtamen imaginem ipsius cerœ pondère afferam ante sacrosanctum altare tuuni. » Nec mora^ cultellum qui spinam mulieris transierat a corpore extraxit^ prsestolans misericordiam misericordis dominse. Flebant omnes auxilium a supernis indubitanterflagitantes. Regina cœlorum^ quseprs^sto est votis poscentium^ affuit petitioni eorum. Quae enim medicorum medicamine incurabilis erat y curata a beata Virgine^ pristinœ saluti redditaest*.

Sans doute ce petit roman eut quelque succès au moyen âge , car on le raconte encore au quatorzième siècle; mais le temps en a bien modifié les circonstances. Qu'on me permette d en citer cette nouvelle édition, que j'emprunte à un manuscrit contenant une collection de miracles de la Vierge * :

Un moult noble chevalier banneret avoit en mouH grant devocîon toute sa vie la Vierge Marie, et avoit une moult belle dame a femme et que bien amoit , et fut grosse d'enffant dont il estoit moult joyeus. Le chevalier fist fere dedans sa chambre ung aultel de la Vierge Marie et en son honneur, et y fasoit chanter la messe. Si quant il doubtoit que sa dame dormoit, il venoit devant iceluy aultel et saluoit et prioit moult dévotement la Vierge Marie. Une fois advint que la dame qui estoit près d'avoir enffant se esveilla et tasta en la place du chevalier et ne le trouva pas , se leva et ala a Tuys de sa garde robe ou estoient ses damoiselles et ne le trouva pas, puis retourna en son ligt et s'endormit. Le chevalier secrètement s'en vint coucher eu son ligt avec elle. Le lendemain la dame fut moult troublée et courroussée, et suspessonna son mary, et luy dist, gravement se compleignant : « Sire, ne suis-je belle ne souffxsanl pour vous? Pourquoy amés vous aultre que moy ? d Le chevalier se excusa moult forment , mes la dame ne le vouloit croire pour excusacion qu'il fist, mes fut courroucée, a Si, luy dist le chevalier, vrayement, dame , je aime dame plus l>elle que vous n'estes, » et entendoit en son cueur de la Vierge Marie. Adonc la dame du grant deulh que elle ot, qui cuidast que il amasi nultre que elle, se ferit d'un coustel, et se tua et l'enfiant qui en elle estoit. Adonc le chevalier qui vist ce, s'en entra devant ledit autel et

'?, Faits et miracles de yotr.c-Damef. ms. de ta Bibl. imp., foiuls fiançais, 7018%

se laissa cheoir moult tristes^ et se plaigny et moult s'escria disant : « Doulce dame, pour cause de vous tout ce est avenu; je vous prie que a mon très grant besoing me veuilliés aider, conforter et secourir, ainsi comme vous scavés quil m'est mestier. » Le chevalier demoura le jour et la nuit en sa chapelle, et les amis firent le corps appareiller pour mettre en terre, et furent ja dictes vigiiles, et le corps vouloient pourter au moustier. Et ainsi comme on la veult lever pour pourter en Pesglise, se leva du vas ou en la vouloit pourter, saine et .entière, et se fist Vestir, et s'en ala droit en la chapelle en sa chambre ou elle trouva son seigneur en terre endormy, et le appella et luy dist : « Certes, très chier sire, vous me avez dit voir que plus belle que moy avés pour amye. Elle a empêtré par devers son benoist enfifant Jhesu Christ nostre Seigneur que je ne suis pas dampuée, et me a fait a votre prière ressusciter de mort a vie et mon enffant qui est tout vif en mon ventre; et me a moult reprinse de ma foulie, et vous prie que vous Tamés et serves plus dévotement que onques fistes, et je feray ainsy. » Adonc tous leurs amis et servans et tous ceulx qui presens estoient furent moult esbays et esmerveilhés et eurent en plus grant devocion la benoiste Vierge mère. Et tant comme vesquit l'enffant, il ot au front le signe de la playe que luy avoit foite sa mère du coustel.

Dans ce récit, moins touchant que le précédent, les détails sont nouveaux; la querelle s'engage différemment, et le drame va plus loin. Sans doute le compilateur du quatorzième siècle n'a point par plaisir, un manuscrit des miracles de Roc-Âmadour sous les yeux , transformé ainsi rbistoriette , et la tradition, les compilations successives ont dénaturé peu à peu la légende.

Le même auteur rappelle en quelques lignes ^ un autre miracle de Boc-Amadour qui se retrouve dans Gautier de Coinsy. Gautier a vu en effet un manuscrit contenant la collection de Hoc-< Amadour :

La douce mère au Creatour

As église Rochemadour

Fait tant miracles^ tant biaus fais,

C'uns moult biax livres en est fais;

Pluseurs foies leu l'ai.

D*un jongleour, d*un homme lai

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